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Dialogue à fables à la Comédie Saint-Michel : notre critique

Publié le 19 décembre 2014 Par Maïlys C.
Dialogue à fables à la Comédie Saint-Michel : notre critique

Infos pratiques

Du... 4 décembre 2014
Au... 27 juin 2015


95 boulevard Saint-Michel
75005 Paris 5

15 euros (réduit)
21 euros (normal)

Dialogue à fables est un spectacle littéraire, joué à la Comédie Saint-Michel du 4 décembre 2014 au 27 juin 2015. Sur scène, deux jeunes acteurs discutent et récitent des fables. Valentin Martinie, coiffé d'une perruque, incarne les fables avec le poids de l'excellence de la langue française ; Florian Spitzer arrive en retard, sans costume, et incarne une version décomplexée des fables, qui privilégie l'histoire à la grammaire. Un spectacle riche et amusant.

Qu'est-ce qu'une fable ? Les deux comédiens ont chacun une réponse différente à cette question. L'un incarne une version classique, l'autre une version moderne. Ayant l'air de deux étudiants chamailleurs, les deux comédiens se disputent pour savoir quelle est la meilleure manière de réciter une fable. Comment articuler, comment prononcer les vers, faut-il traduire certains mots anciennement utilisés en mots actuels ? La discussion est passionnante (quoique, on ne saurait l'ignorer, réservée à un public averti, ou sensible à la littérature). 

Et puis, bien sûr, il y a les fables, que les deux comédiens récitent avec un plaisir communicatif. Nous retrouvons La Fontaine, Jean Anouilh, Eugène Ionesco, Victor Hugo, Booba (oui)... Certaines sont tout particulièrement émouvantes, et ont un petit goût mélancolique : difficile de ne pas associer les fables au souvenir de l'école primaire, où, debout sur l'estrade, on récitait avec hésitation l'inévitable Corbeau et le Renard

On fait aussi de belles découvertes, car, à moins d'être un expert, de nombreuses fables nous sont inconnues. Les mots des grands auteurs nous entraînent dans un bestiaire étonnant, où chaque animal fait l'expérience d'une morale : et si les morales des fables se contredisent entre elles, peu importe, le délice est ailleurs. Il est dans l'histoire, dans la manière de raconter, il est dans les mots, dans la mélodie phonétique. La langue est belle. Le charme poétique des fables donne toute son âme à ce spectacle : ils le disent à la fin, les deux comédiens sont avant tout des amoureux des fables. Ils leur offrent une jolie incarnation. À voir. 

Informations pratiques :

Dialogue à fables
À la Comédie Saint-Michel,  95 Boulevard Saint-Michel, Paris 5ème
Renseignements et réservations au 01 55 42 92 97
Du 4 décembre 2014 au 27 juin 2015
Tous les jeudis (21h30) et samedis (20h)
Tarifs : Normal 21€ - Réduit 15€ 


Petit avant-goût : La fille et le loup, de Jean Anouilh

Une fille tomba amoureuse d’un loup
Qu’un montreur d’animaux exhibait sur la place,
Le jour de sa noce, au village.
Il était fier et sombre et de mauvaise grâce,
Il faisait quelques tours navrants,
Ne semblant pas sentir les coups.
Voir un loup enchaîné redonne du courage
Au cœur mou des petites gens :
Dans le cortège, on s’amusait beaucoup.
Les lourds garçons d’honneur lui faisaient des grimaces,
Chacun rivalisait de bons mots et d’audaces ;
La mariée ne disait rien.
C’était un triste mariage,
Elle était belle, pure et sage,
Elle épousait un jeune richard du village,
Mal formé – avec la bénédiction des siens.
C’est le sort des filles sans bien.

Pendant que l’homme, fouet en main,
L’obligeait à faire sa danse,
Le regard du loup et le sien,
Se croisèrent dans le silence...
Ayant jeté sa maigre obole au bohémien
La noce l’entraîna vers les réjouissances
Interminables du festin,
Le principal de la cérémonie, en France.
Elle fut déflorée à la fin du repas.
Mais, pendant la nuit, laissant là
Le mari qui ronflait après le sacrifice,
Insoucieuse du sang qui coulait sur ses cuisses ;
Elle alla jusqu’à la roulotte endormie,
Ouvrit au loup et le suivit dans la forêt
Pour y devenir son amie...

Le lendemain le scandale éclatait.
Les paysans armés partirent en battue.
On retrouva la fille demi-nue
Qui dormait près du loup. On les prit tous les deux.
Le loup fut égorgé et la fille jugée.
Quand on lui demanda ce qui l’avait poussée
A bafouer ainsi les Dieux ;
Les regardant bien dans les yeux,
Son mari haut comme trois pommes,
Le curé bedonnant, le juge fielleux,
Les paysans niais et communs,
Elle le leur dit : « J’aime les hommes,
Et seul le loup en était un. »

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