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Sorcières, mythes et réalité

Publié le 15 novembre 2011

Infos pratiques

Du... 23 novembre 2011
Au... 31 mars 2012


34 boulevard de Vaugirard
75015 Paris 15

6.50 euros

Par Belzébuth ! Par Asmodée ! Par Astaroth ! Diables et démons ont quitté leur séjour infernal et établi leur demeure à l’Adresse Musée de La Poste pour quatre mois !

C’est par l’intermédiaire de leurs suppôts - les sorcières - qu’ils feront entendre leur voix. Pourquoi les sorcières et non les sorciers ? Parce que le mal – c’est bien connu – est féminin.

Un dicton populaire sans ambiguïté nous le rappelle « Entre femme et diable, choisis… mais réfléchis ! ». L’Histoire confirme cette identité entre femme et diabolisme : 80% des procès en sorcellerie des XVIe et XVIIe siècles – haute période épidémique en fait de sorcellerie – mettent en cause des femmes. « Un sorcier, dix mille sorcières » écrivait Michelet. Rappelons, à toutes fins utiles, que les juges étaient des hommes… Ceci explique cela.
Quant au machiavélisme dont les magistrats firent preuve dans l’instruction des affaires, il échappe à tout entendement.

Il aurait été sans doute du pain béni pour nos psychologues et nos psychanalystes ! Qu’on se le dise : la sorcellerie n’est pas une relique du passé. Si les pratiques magiques, dont la sorcellerie n’est qu’un des aspects, existent depuis « la nuit des temps », elles n’ont
pas disparu avec le siècle de la Raison et ont traversé les siècles, insensibles au progrès des sciences. Elles se greffent sur des croyances populaires millénaires immuables, transmises par tradition orale. Les mythes et le sentiment religieux ont donc la vie dure.

L’ambition de l’exposition Sorcières est d’expliquer ce fait social dans sa continuité. Le discours de l’ethnographe, observateur des milieux où la croyance dans les sortilèges et maléfices est vivace, fait suite au travail de l’artiste et à l’analyse de l’historien qui a
traqué la sorcière au village, au tribunal et jusque dans la tête des démonologues. Que l’on soit historien ou ethnologue, on se gardera bien de juger. Il importe avant tout de montrer et d’expliquer.
L’originalité de la présentation réside dans le rapprochement des regards, celui des artistes, des observateurs du passé et du temps présent.

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