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François dufrêne ou l'envers vaut l'endroit

Publié le 12 mars 2009 Par Clément D.

Infos pratiques


7, rue de Thorigny
75003 Paris 3

ARTPARIS 19 - 23 mars 2009 - Galerie Thessa Herold 27 mars - 2 mai 2009

Né en 1930, François Dufrêne adhère dès 1946 au mouvement lettriste avant de se signaler aux côtés du groupe des Affichistes, Hains, Villeglé, Rotella, Vostell. C'est en 1957, à l'occasion d'une visite avec Hains dans les entrepôts Bompaire, qu'il ramasse son premier dessous d'affiches. Celui qui dit avoir choisi « le dessous d'affiches, l'envers,
et contre-tout [.] pour tourner le dos,
au passage, à une certaine réalité sociologique qui, le reste des heures durant, fait bien suffisamment d'elle-même tourner la tête, et pour n'en garder que l'oubli en exaltant les infrastructures, presque géologiques, d'une matière qui y perd - hypermnésie du Temps vrai - la mémoire » est un artiste contestataire. Sans les attributs du peintre, sans peinture ni pinceaux, muni de colle diluée appliquée en guise de vernis sur les papiers marouflés, François Dufrêne trouve dans les dessous des affiches lacérées par les passants anonymes et dans les strates des couches de papier accumulé une profondeur qui n'est pas celle de la perspective classique. Dans ses palimpsestes chromatiques dont il revendique le statut artisanal (« archi-made »), celui qui refuse d'être « ready-médusé » fouille la matière et joue avec les lettres égarées. Poète, auteur des Crirythmes et autres textes, maniant avec adresse le calembour et les homophonies, pionnier de la poésie sonore, François Dufrêne sait faire ouvre de détournement linguistique et plastique. Son ouvre atteste toujours un lien avec la matérialité de l'art et de la poésie, exploitant de nouvelles possibilités d'élaboration de signifiants qui résistent à la conventionalité des significations possibles. Et Hains, le compagnon de ses expérimentations, de se demander s' « il ne s'est pas intéressé aux affiches parce qu'il aimait retourner les mots. ».
En 1960, il signe chez Yves Klein la Déclaration des Nouveaux Réalistes et participe dès lors à toutes les manifestations du groupe. En 1977, quatorze ans après sa première exposition personnelle à la Galerie J tenue par l'épouse de Pierre Restany, le Centre Pompidou lui consacre une soirée où il fait salle comble un jour de grève des transports. Alors que le Centre ne voulait pas même ouvrir ses portes et que se dressait sur l'esplanade un chapiteau de cirque, l'artiste, plein d'un enthousiasme et d'une drôlerie sans failles, annonce : « Si le musée n'ouvre pas, je fais la soirée au cirque ». Liesse générale. Il y expose sa série d'envers d'affiches Dufrêne et le Dé-Klein dans la Boutique aberrante que Spoerri installe dans le Crocrodrome de Tinguely. En 1983, un an après sa mort le Centre Pompidou lui rend hommage. En 1986, entre autres expositions, celle du musée d'Art moderne de la Ville de Paris « 1960, Les Nouveaux Réalistes » consacre un artiste engagé et inspiré.
Un catalogue est édité à cette occasion avec une préface de Louis Ucciani et la reproduction de toutes les ouvres exposée



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