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Une chambre en Inde au Théâtre du Soleil : Ariane Mnouchkine réfléchit les attentats avec humour

Publié le 19 novembre 2016 Par Marine S.
une chambre en inde

Infos pratiques

Du... 19 novembre 2016
Au... 29 décembre 2016


Cartoucherie
75012 Paris 12

20 euros (- 26 ans)
30 euros (TR)
40 euros (TP)

Ariane Mnouchkine, grande directrice du Théâtre du Soleil, artiste militante et grande voyageuse, propose jusqu’à la fin de l'année une toute nouvelle création, Une chambre en Inde. Un spectacle qui réunit, sur bien des sujets, les préoccupations qui ont toujours filées dans la carrière de Mnouchkine et qui aborde cette année les attentats parisiens en empruntant la porte de l'humour.

Comment agir face à la panique, à l’horreur ? Comment réagir aux attentats ? Ariane Mnouchkine, comme tout le monde, a été profondément choquée et bouleversée par les évènements survenus l’automne dernier à Paris. Puis, la femme de théâtre et sa troupe se sont rendus en Inde pour différents ateliers : de cette expérience est né Une chambre en Inde, nouveau spectacle présenté depuis le 5 novembre 2016 au Théâtre du Soleil, à la Cartoucherie.

Comme son nom l’indique, tout se passe dans une grande et lumineuse chambre aux allures coloniales, en Inde, à Pondichéry, non loin de l’Alliance Française où une compagnie doit donner un spectacle. La soudaine folie du metteur en scène japonais met à mal le projet, et il est récupéré par une femme sans la moindre « vision », sans inspiration artistique aucune, Cordélia.

Dans sa chemise de nuit blanche, la femme se met à rêver et cauchemarder le travail qu'elle doit rendre et accomplir. De quoi doit-elle parler dans sa pièce ? Des attentats, de l'Islam, de Daesh, des femmes en Inde, de la prochaine guerre de l'eau, du réchauffement climatique ? Alors que les attentats de Paris sont survenus la semaine précédente, la troupe se questionne, s’inquiète et se tourmente. L’ombre de l’Etat Islamique et des conflits au Moyen-Orient plane sur le moral des acteurs, effrayés pour leurs proches, mais aussi, effarés de ne rien y comprendre… Dehors, l’Inde continue pourtant de vivre. Là-bas sévissent toujours les inégalités hommes/femmes, les luttes entre les religions. Pourtant, derrière les murs des théâtres, les différents arts traditionnels du pays, du kathakali au Theru Koothu (dont il est ici question et dont nous assistons à de bien belles représentations) sont toujours brûlants et vivants.

Rire, pour ne pas sombre dans la folie

Peut-on parler d’attentats sans tomber dans l’analyse géopolitique, dans la tentative (probablement à jamais vaine) de compréhension, tout en usant d’un ton moralisateur ? “Il faut rire de tout. C'est extrêmement important. C'est la seule humaine façon de friser la lucidité sans tomber dedans », disait Pierre Desproges. Ariane Mnouchkine et sa troupe fait sienne cette maxime et suit les conseils d’un certain William Shakespeare (passé là par hasard, au beau milieu d’un songe), celui de « se moquer »… Tourner en dérision les pires horreurs, la torture, les fusillades, les bombes : après tout, pourquoi ne pas en rire ? L’humour, ne l’a-t-on pas suffisamment répété, n’est-elle pas la plus grande des armes ?

Ariane Mnouchkine s’emploie ainsi à tourner en ridicule Daesh, ses dirigeants, ses principes, ses actions. Sous les regards, c’est tout l’un ou tout l’autre, médusés ou amusés de ses spectateurs. Le spectacle, à la scénographie, aux costumes et aux lumières sublimes, est une grande fresque qui, sur bien des aspects, est d'une grande beauté. La troupe est parfaite (comme toujours !), évoluant en musique grâce à l'éternel et excellent musicien de la compagnie, Jean-Jacques Lemêtre

Fable pour la liberté et l'humanisme (elle finit sur le discours de Charlie Chaplin dans Le Dictateur), Mnouchkine se place de nouveau comme la militante qu'elle a toujours été, éclairant notamment les doutes éternels des politiques face à la pertinence de la culture et de l'art dans l'économie publique, (pourquoi subventionner la culture ? A quoi sert le théâtre ?). On regrette néanmoins les réponses parfois naïves qu'elle donne à ses questionnements, ce qui, malgré tout, n'enlève rien à l'intelligence et à l'élégance de l'ensemble. 

Infos pratiques :

Un chambre en Inde, au Théâtre du Soleil, du 6 novembre au 29 décembre 2016.

du mercredi au vendredi à 19h30
le samedi à 16h
le dimanche à 13h30

Tarifs : de 20 à 40€

Réservations01 43 74 24 08

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