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God bless America : le film de la semaine

Publié le 8 octobre 2012 Par Mélanie B.

Cette semaine, Bonnie & Clyde partent en croisade contre la bêtise humaine dans le très sardonique et jubilatoire God Bless America.

Vous avez déjà eu des envies de meurtre ? C'est le cas de Frank, qui, chaque nuit, souffre d'insomnie, de ses voisins et de leur jeune progéniture pleurnicharde. Accablé par la bêtise de son poste de télévision, la futilité de ses collègues et la crise pré-adolescente de sa fille, par son licenciement et l'annonce de sa tumeur au cerveau, il finit par céder à sa pulsion. Frank tue sa première victime : une adolescente, belle et riche, dont la vie est retransmise dans une émission de télé-réalité ; Sous couvert de sa popularité, Chloé est aussi geignarde que capricieuse. C'est alors qu'il fait la connaissance de Roxy, une lycéenne qui lui propose de lancer une expédition punitive contre tous les abrutis des Etats-Unis. De cette improbable idée naît une croisade sanglante contre toutes les personnes abusant des termes " juste " , " littéralement " , " check " et autres inepties linguistiques et comportementales de la société contemporaine.

Drôle, amère, cette comédie cynique rappelle combien la flaque d'eau dans laquelle nous nous noyons chaque jour, est aussi misérable que trouble. God Bless America remet en question notre aptitude à faire la part des choses et souligne intelligemment le danger d'une société arc-boutée de fausses convictions, qui aime (encore) à se divertir de ses jeux d'arène : prendre le plus faible, le donner en pâture à la foule et le condamner à la sentence finale : l'opprobre médiatique. Acheter-consommer-jeter et recommencer, une nouvelle devise qui permet d'éviter consciencieusement l'essentiel : le respect d'autrui. Et pourquoi donc rester civilisé dans une société qui ne l'est plus ? Frank et Roxy prêchent le maccarthysme de l'incivilité plutôt que de continuer à côtoyer des individus grossiers et incapables de trouver le bouton off de leurs appareils dont le préfixe télé- régentent leurs vies.

God Bless America est une critique sociale salutaire pourvu que l'on soit capable d'auto-dérision. Goldthwait choque et provoque mais il nous montre surtout que la frontière d'un extrême à un autre est fine. Il ironise nos vies et s'il doit en passer par le meurtre gratuit d'un bébé et de quelques autres individus, ce n'est pas la bienséance qui l'arrêtera. A la fois sévère et drôle, le réalisateur parvient à nous faire rire de notre propre superficialité tout en rendant ce Bonnie & Clyde moderne, attachant. Le seul mobile de Roxy et Frank, c'est la bêtise, d'ailleurs leur petite entreprise sanguinaire est à but non lucratif ; Le seul crime de leurs victimes, c'est aussi la bêtise. Acerbe et réaliste, God Bless America est à découvrir absolument.

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