L'UFC-Que Choisir demande à l'État d'encadrer le Black Friday et ses "promotions bidon"

Par Manon C. · Publié le 19 novembre 2020 à 11h07 · Mis à jour le 19 novembre 2020 à 11h09
Selon Alain Bazot, le président de l’UFC-Que choisir, le problème du Black Friday à venir n'est pas que ce dernier se tienne alors même que les commerces français sont fermés, mais bien les "promotions complètement bidon" qui poussent à la surconsommation et se jouent des consommateurs.

Invité au micro de FranceInfo, Alain Bazot, le président de l’UFC-Que choisir, est revenu sur la polémique du Black Friday 2020. Il a dénoncé l'attitude de Bruno Le Maire, alors même que le ministre de l'Economie a proposé, le 18 novembre au Sénat, de décaler le Black Friday, prévu le 27 novembre prochain. “Pourquoi Bruno Le Maire ne se précipite-t-il pas pour intégrer un cadre sécurisant pour les consommateurs, et pour arrêter toutes ces promotions complètement bidon ?” s'est-il étonné.

Le "vrai problème" selon Alain Bazot, "ce n'est pas de décaler dans le temps le Black Friday. Que ce soit dans 10 jours ou 15 jours, les consommateurs seront confrontés à des offres bidon. La capacité de faire une vraie affaire est infinitésimale. La capacité de se faire avoir, en revanche, elle est maximale. J'ai ressorti les chiffres des enquêtes qu'on a menées sur la réalité des promotions qui ont été faites. On a annoncé qu’un four était vendu 600 euros avant les promotions, alors qu’en réalité son prix de référence était de 372 euros." 

Et de poursuivre : "Ce qu’on veut, c’est que les consommateurs consomment, il y a soi-disant une manne d'argent dans leur portemonnaie et on se fiche pas mal des conditions dans lesquelles ils vont consommer. On est dans une logique de surconsommation.

Le président de l'UFC Que-Choisir souhaite donc que le gouvernement "encadre les promotions avec le prix de référence. Quand on dit qu'on fait du moins 70%, on doit pouvoir justifier d'avoir vendu ce bien à un prix plus cher avant. Aujourd'hui, les professionnels n’ont pas cette obligation. Il y a un vide juridique. (J'aurais) voulu que Bruno Le Maire nous annonce, par exemple, qu'on allait mobiliser l'administration des fraudes pour vérifier qu'il n'y a pas d'arnaque. C'est ça qu'on attend, dans l'intérêt général."

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