Covid : comment les réinfections nous en apprennent plus sur le fonctionnement de l'immunité

Par Cécile D. · Mis à jour le 26 novembre 2020 à 18h52 · Publié le 26 novembre 2020 à 11h03
Bien que l'occurrence soit rare, il est possible d'attraper deux fois le coronavirus. Ces cas sont riches d'informations pour les infectiologues, qui peuvent en apprendre davantage sur la façon dont le système immunitaire réagit à ce virus.

On compte dans le monde quelques dizaines de personnes qui ont été infectées plusieurs fois par la Covid-19. Une goutte d'eau par rapport au sept milliards d'humains, mais un nombre suffisant pour inquiéter les scientifiques : si l'immunité n'est pas assurée après avoir été malade, comment pouvons-nous mettre au point un vaccin qui fonctionne sur le long terme ?

Quelques cas ont marqué la recherche médicale. Celui d'un patient, dont parle l'Inserm, qui avait été infecté à deux reprises à 142 jours d’intervalle. Il était asymptomatique la deuxième fois. Ou ces deux personnes, citées dans l'Express : une octogénaire allemande, décédée à cause de cette réinfection, et un jeune Américain de 25 ans, qui s'en est sorti malgré une réinfection brutale.

Dans le premier cas, une analyse comparée du génome viral contenu dans des prélèvements effectués lors de la première et de la seconde infection a montré que le patient est tombé malade à cause de deux souches différentes du SARS-CoV-2.

Chez les autres patients, les médecins cherchent un défaut d'immunité, une défaillance personnelle du patient qui permettrait de garder l'espoir de voir s'établir une immunité chez la majorité des personnes. Pour autant, aucun résultat sûr n'a été trouvé de ce côté. 

Les chercheurs placent beaucoup d'espoir dans les essais de vaccins, qui permettent eux aussi d'étudier la réponse des systèmes immunitaires face au virus. L'Inserm explique que ces essais vaccinaux « devraient ouvrir la voie à une caractérisation plus précise de la réponse immunitaire au Covid-19 et du phénomène de réinfection, notamment en identifiant les profils qui y sont le plus susceptibles et pour quelles raisons. »

Selon Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine (Paris), ces cas de réinfections sont moins rares qu'on ne le croit, juste beaucoup plus difficiles à repérer. Dans l'Obs, elle remarque qu'« actuellement, tous les infectiologues font face à des cas de réinfection. Le phénomène n'est pas rare, mais il est très difficile de savoir combien il y en a exactement. D'autant plus que beaucoup ne sont assortis d'aucun symptôme et ne sont donc pas dépistés. »

Comment savoir si l'on a attrapé le Coronavirus deux fois ? Cela est difficile et plutôt contre-intuitif. Courrier International détaille le procédé : « pour qu’une réinfection soit avérée, le patient doit avoir effectué deux tests PCR positifs, sans avoir présenté de symptôme pendant au moins un mois entre les deux. »

Chantal Reusken, virologue à l’Institut néerlandais de la santé publique et de l’environnement (RIVM), impose une difficulté supplémentaire, un rappel de la réalité : il est possible qu'un deuxième test de dépistage soit positif, non parce que le patient est malade, mais parce qu'il conserve des résidus viraux dans ses voies respiratoires, des traces du virus laissées lors de la première infection.

Informations pratiques

Commentaires
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche