Covid : 2 500 personnes ont demandé un arrêt maladie immédiat avec Ameli lundi 11 janvier

Par Cécile D. · Publié le 12 janvier 2021 à 10h07 · Mis à jour le 12 janvier 2021 à 10h07
Le Premier ministre présentait, le 7 janvier dernier, le nouveau dispositif disponible sur le site Ameli : les personnes montrant des symptômes du Covid-19 peuvent obtenir un arrêt de travail immédiat, sans devoir aller chez le médecin. Lundi 11 janvier, déjà 2 500 salariés ont demandé et obtenu leur arrêt maladie.

C'était l'une des grandes annonces de la conférence de presse du 7 janvier : un dispositif permettant aux salariés de se connecter sur leur compte Ameli, afin d'obtenir un arrêt de travail immédiat, sans voir de médecin, s'ils présentent des symptômes du Covid-19. Le dispositif a été lancé le 10 janvier. Lundi 11 janvier, déjà 2 500 salariés avaient obtenu leur arrêt maladie.

La démarche est toute simple. Il suffit de se connecter sur le site de l'assurance maladie et de déclarer l'un des symptômes du coronavirus pour bénéficier d'un arrêt de travail de sept jours, indemnisé et sans jour de carence, le tout sans passer par la case médecin. Cet arrêt maladie indemnisé est ouvert aux personnes qui présentent des symptômes et qui « ne sont pas en mesure de continuer à travailler depuis leur domicile. »

Les symptômes du Covid-19 sont, de surcroît, présentés par le ministère de la Santé. Les personnes malades peuvent souffrir de fièvre, toux sèche, fatigue, courbatures, maux de gorge, diarrhée, conjonctivite, maux de tête, perte du goût et/ou de l’odorat, éruption cutanée, ou décoloration des doigts ou des orteils, difficultés à respirer ou essoufflement et sensation d’oppression ou douleur. 

Cette facilité d'exécution a bien entendu inquiété la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises), qui craint une explosion des demandes d'arrêt de travail. L'organisation patronale « s'inquiète des conséquences éventuelles de cette annonce qui revient à consacrer le caractère automatique de l'arrêt de travail en cas de symptômes supposés, et ce, sans aucun contrôle médical, ni test préalable. » La CPME demande « un encadrement évitant les dérives de toutes natures », car ce dispositif « serait de nature à entraîner une très forte augmentation des arrêts maladie et ouvrirait la porte à un absentéisme incontrôlé risquant de désorganiser les entreprises. »

Pour contrer les abus, le gouvernement a assuré que des contrôles seraient mis en place. Un suivi systématique des personnes arrêtées prévoit deux à trois appels téléphoniques pendant la durée de l'arrêt de travail. Jean Castex a également précisé qu'à partir du 20 janvier, chaque personne déclarée positive pourra recevoir la visite d'un infirmier à domicile. De plus, le Premier ministre a assuré à l'AFP que toute personne présentant des symptômes ou étant cas contact « aurait l’obligation, pour prolonger son arrêt de travail immédiat, de faire un test ». En fonction des résultats du test, l'arrêt de travail peut se poursuivre, ou sera immédiatement interrompu.

Le gouvernement défend son dispositif, indispensable selon lui pour limiter la propagation du virus dans les entreprises. Elisabeth Borne explique que « la suppression du jour de carence encouragera les salariés à s’isoler plus rapidement », car « la crainte d’une perte financière, surtout pour les personnes les plus précaires. » Nombreux sont ceux qui ne s'isolaient pas, même en cas de maladie, afin de ne pas perdre quelques jours de salaire. 

Il faut attendre quelques mois pour obtenir un premier bilan de ce nouveau dispositif, et constater de la bonne foi des salariés français... ou non.

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