Covid nosocomial : 30% des morts ou des malades graves auraient contracté le coronavirus à l'hôpital

Par Elodie D. · Publié le 21 mars 2021 à 13h43 · Mis à jour le 22 mars 2021 à 15h20
Contracter le coronavirus chez le médecin ou à l'hôpital ? Avec 44.401 contamination au Covid-19 recensées à l'hôpital, on savait que le covid-19 serait une maladie nosocomiale, une infection qu'on peut contracter à l'hôpital. Une étude écossaise tend à montrer que 30% des personnes mortes ou touchées gravement par le coronavirus auraient contracté le virus à l'hôpital.

Les chiffres étaient restés cachés dans les comptes rendus de Santé publique France : les établissement de santé français ont déclaré 44 401 cas de Covid-19 nosocomiaux, entre le 1er janvier 2020 et le 14 février 2021. En détail, 26 839 patients ont contracté le covid-19 lors de leur parcours de soin, dont 186 ont trouvé la mort, 17  552 professionnels de santé sont tombé malades et 10 sont des visiteurs des patients.

Si les maladies nosocomiales sont "normales" et arrivent tous les ans, une étude des universités de Galsgow et d'Edimbourg en Ecosse va en faire frissonner plus d'un. Leurs résultats (à prendre avec des pincettes car pas encore validés par leurs confrères) indiquent qu'en moyenne, 30% des patients qui sont morts du covid-19 ou ont été touchés par une forme grave de la maladie ont été exposés au virus lors d'une consultation ou d'une hospitalisation. Le taux de covid nosocomial tendrait à augmenter depuis le mois de décembre, en tout cas en Ecosse.

Pour le professeur Helen Conhoun questionnée dans le journal britannique The Telegraph, qui a participé à l'étude, "bien que la transmission hospitalière représente un nombre assez restreint de cas, elle représente un nombre important de cas chez les personnes vulnérables qui entraînent des conséquences graves. C’est ce qui doit être pleinement apprécié au niveau politique". Leur étude tend aussi à montrer qu'il faut intégrer le risque d'infections nosocomiales dans les modélisations : "à moins d'avoir une appréciation vraiment complète de l'ampleur de l'infection dans les hôpitaux, nous ne serons pas préparés pour l'hiver prochain ou correctement préparés pour l'avenir."

Pour Jean-Christophe Lucet, de l'équipe de prévention du risque infectieux de l'hôpital Bichat à Paris, questionné par le JDD à ce sujet, il ne faut pas surinterpréter l'étude : "Les chercheurs s'appuient sur une définition large, dès le cinquième jour après l'admission à l'hôpital [...] Dans ce délai, l'origine de l'infection peut aussi être communautaire, la maladie se déclarant à l'hôpital."

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