Climat : après une forte baisse, les émissions de CO2 repartent à la hausse en Chine

Par Caroline J. · Publié le 20 mai 2020 à 11h08 · Mis à jour le 20 mai 2020 à 11h10
Alors que le confinement a permis à la planète de respirer pendant quelques semaines seulement, les émissions de CO2 sont reparties très rapidement à la hausse en Chine, faisant craindre un effet boomerang, déjà évoqué par le Haut Conseil pour le Climat.

Si le confinement a mis à rudes épreuves les nerfs de beaucoup, il aura au moins permis à la planète de respirer et à la nature de rependre ses droits. Ainsi, selon une étude publiée le 20 mai dans Nature Climate Change, la pandémie de Covid-19 aurait entraîné une baisse de 9% des émissions de CO2, entre le 1er janvier et le 30 avril 2020, en comparaison à la même période, sur l'année précédente. Toujours selon cette étude, au début du mois d’avril, pic du confinement dans le monde, une baisse quotidienne de 17% par rapport à la moyenne de 2019 a été observée. Par conséquent, les émissions de CO2 devraient baisser de 4% à 7% en moyenne sur l’année 2020, par rapport à 2019, d'après les estimations du Global Carbon Project, à l’origine de cette étude.

Dans Les Echos, le Haut Conseil pour le Climat révèle que l'impact du confinement sur les émissions annuelles en 2020 « devrait entraîner la plus forte baisse annuelle des émissions absolues depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

Mais cette accalmie pour la planète et le climat serait de courte durée. A en croire les premières études menées en Chine, les émissions de CO2 repartent très rapidement à la hausse ; les différents secteurs industriels souhaitant rattraper leur perte d’activité de ces derniers mois. Dans le pays où la crise sanitaire a débuté, la pollution atmosphérique atteint aujourd'hui des niveaux encore plus élevés qu'avant la crise du coronavirus. C’est ce que révèle un rapport publié le 19 mai par le Center for Research on Energy and Clean Air et rapporté par le site d'information Gizmodo. Plusieurs scientifiques ont analysé les particules fines, le dioxyde d'azote, le dioxyde de soufre et l'ozone entre les mois d’avril et de mai. Et les résultats sont sans équivoque : tous les polluants ont à ce jour dépassé les niveaux relevés l’an passé, et ce très rapidement, dès le début du déconfinement. 

Les gouvernements doivent donc placer les questions environnementales et l’urgence climatique au cœur des débats et des plans de relance des Etats. Le 20 mai, les PDG de 155 multinationales ont d’ailleurs lancé un appel. Relayé par le secrétaire général des Nations unies, ils réclament une reprise verte.

Il y a quelques jours, avant le début du déconfinement en France, Nicolas Hulot s’est exprimé dans une tribune publiée dans Le Monde. L’ancien ministre de la Transition écologique évoquait le monde d’après. "Le monde d’après sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui, et il le sera de gré ou de force. On ne pourra plus prendre l’avion comme avant, plus avoir un produit par Amazon du bout du monde en 24 heures".

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