Coronavirus : pour Jean Castex, les grands-parents doivent éviter les sorties d'écoles

Par Laurent P. · Publié le 28 août 2020 à 11h38 · Mis à jour le 28 août 2020 à 11h50
Pour leur propre sécurité face au coronavirus, Jean Castex a expliqué que les grands-parents devaient éviter d'aller chercher leurs petits-enfants à l'école. Une phrase prononcée lors d'une conférence de presse tenue jeudi 27 août 2020 et qui ne passe pas auprès des collectivités locales.

"Évitons que papy et mamie aillent chercher leurs petits-enfants à l’école, quitte à augmenter le périscolaire jusqu’à ce que les parents puissent venir eux-mêmes les récupérer"... Une phrase prononcée par Jean Castex lors d'une conférence de presse tenue jeudi 27 août consacrée au coronavirus et à la rentrée, et qui ne passe pas auprès des collectivités locales, comme nous le rapportent nos confrères du Monde. "Cette phrase vient encore donner un côté anxiogène à la rentrée", a ainsi expliqué Virginie Lanlo, adjointe au maire de Meudon déléguée à l’éducation. Et de poursuivre : "C’est par choix financier ou affectif que certaines familles optent pour les grands-parents à la sortie de l’école". Elle conclut : "Le gouvernement va petit à petit réamorcer le confinement des seniors".

Ce qui ne passe pas non plus, c'est l'idée d'allonger le temps périscolaire. Une solution difficile, voire impossible à mettre en place par les mairies de petites villes ou villages. "Prolonger le périscolaire est une chose, mais jusqu’à quelle heure ?", s'interroge de son côté Béatrice Laurent, secrétaire nationale de l’UNSA chargée du secteur des animateurs scolaires. Ce qui entre en ligne de mire, c'est d'un côté autoriser les animateurs ou autres intervenants (instituteurs et institutrices, ATSEM, etc.) à travailler plus longtemps, et d'autre part les payer en conséquence si elles doivent faire des heures supplémentaires. 

Un budget pour les mairies, en ce qui concerne les animateurs et dont les coûts liés au coronavirus pèsent déjà, qu'elles n'ont pas pour la plupart. "Souvent, les grands-parents surveillent aussi les devoirs et préparent le repas du soir quand les parents ont des horaires tardifs", ajoute Béatrice Laurent. "Trouver des gens de qualité et à proximité pour venir travailler une heure le matin, deux heures le midi et trois heures le soir" est difficile, explique de son côté Dominique Chappuit, maire de Rosoy.

L'autre point qui pêche avec cette phrase, c'est que s'il s'agit d'une vraie proposition du Premier ministre, les mairies ne semblent pas avoir été consultées. "Une chose est de dire attention aux grands-parents et une autre de dire ne vous inquiétez pas, les collectivités locales pourvoiront", relève ainsi Jean-François Debat, maire (PS) de Bourg-en-Bresse et président délégué de l’association Villes de France. "Nous n’avons même pas eu une seule réunion de concertation au sujet de la rentrée avec le ministère de l’Éducation nationale", ajoute-t-il. 

"Cette idée lancée par le Premier ministre sans en avoir parlé avec les communes serait très compliquée à mettre en place dans de nombreuses villes. Car renforcer le périscolaire suppose des moyens financiers, des recrutements de personnel formé et enfin des locaux adaptés", conclut de son côté Agnès Le Brun, porte-parole et référente éducation de l’Association des maires de France. Tout est dit.

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