Présidentielle américaine : que se passe-t-il si Donald Trump refuse de quitter la Maison-Blanche ?

Par Laurent P. · Publié le 9 novembre 2020 à 21h16 · Mis à jour le 9 novembre 2020 à 21h17
Alors que Joe Biden a été désigné "Président élu" (President-Elect) lors de la dernière présidentielle américaine, samedi 7 novembre, après avoir remporté la Pennsylvanie, puis le Nevada, Donald Trump, l'actuel Président des États-Unis pour encore un peu plus de trois mois, refuse pour le moment d'accepter sa défaite et a entamé des procédures judiciaires pour contrer cette élection. Mais s'il refusait de quitter la Maison-Blanche le 20 janvier, jour de l'investiture de Joe Biden, que se passerait-il ? On tente de vous donner une réponse.

Et si Donald Trump refusait de quitter la Maison-Blanche le 20 janvier 2021 ? Une question qui se pose alors que Joe Biden a été désigné samedi 7 novembre Président élu lors de la dernière présidentielle américaine, le Président sortant n'a pas mâché ses mots envers son adversaire, accusant le partie démocrate de fraude (et partir faire un golf dans la foulée), pour ensuite lancer, ce lundi 9 novembre, plusieurs procédures judiciaires pour faire basculer la vapeur en sa faveur.

Une question un peu surréaliste, mais qui pourrait bien s'avérer d'actualité dans plusieurs semaines, tant Donald Trump s'acharne à vouloir rester en place malgré les résultats et n'étant pas à un coup de colère près. Mais s'il désire ne pas quitter la Maison-Blanche, techniquement, ce n'est pas un problème : "En toute hypothèse, on n'a pas vraiment besoin de la Maison-Blanche. C'est un symbole, ça n'a pas d'obligation à être le siège du pouvoir", explique ainsi Joshua Sandman, professeur en sciences politiques à l'Université de New Haven, à nos confrères de The Independent. Rien n'est prévu dans la Constitution américaine dans ce cas précis, ni dans 12e amendement qui détaille les modalités électorales, ni dans le 20e amendement concernant la passation de pouvoir.

Jennifer Rodgers, consultante judiciaire de CNN, indique quant à elle que Joe Biden pourrait faire appel à l'armée pour le déloger de la résidence présidentielle : "Mon pronostic est que si Donald Trump perd l’élection, et qu’il échoue dans toutes ses poursuites judiciaires, le nouveau président prêtera serment et contrôlera l’armée, les moyens de la justice et les différents niveaux de l’administration, et pourra lui ordonner de quitter la Maison-Blanche", évoque-t-elle sur la chaîne d'infos américaine. Quant à savoir si le Président élu ira jusque-là, c'est Andrew Bates, porte-parole de la campagne du Président élu, qui donne un élément de réponse : "Le gouvernement des États-Unis d'Amérique est parfaitement capable d'escorter tout intrus hors de la Maison-Blanche", explique-t-il dans un communiqué diffusé samedi 7 novembre.

Cette mention du "gouvernement des États-Unis" ne peut en aucun cas renvoyer à l'armée, indique de son côté un ancien officiel ayant participé à la transition entre Barack Obama et Donald Trump à nos confrères de Newsweek. Et de préciser : "Le Secret service escorterait Donald Trump hors de la Maison-Blanche, il le traiterait comme on s'occuperait de n'importe quel vieillard errant dans une propriété qui ne lui appartient pas".

De son côté, Malcolm Nance, spécialiste des services secrets et du contre-terrorisme, ajoute : "S'il dit qu'il ne quittera pas la Maison-Blanche, ils l'évacueront physiquement. Ils pourront même lui mettre la main dessus. Et ils pourraient lui dire que s'il ne prend pas le vol prévu, il devra payer de sa poche pour s'embarquer sur un autre". En espérant qu'aucune des deux parties n'en arrive à ces extrémités.

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