Le confinement a créé une explosion du nombre de manuscrits d'apprentis auteurs envoyés aux éditeurs

Par Cécile D. · Publié le 2 février 2021 à 18h00 · Mis à jour le 2 février 2021 à 18h00
Les Français sont-ils des écrivains dans l'âme ? A en croire les éditeurs, la réponse est oui : ils doivent gérer une avalanche de manuscrits écrits et envoyés pendant les derniers confinements. Ils regrettent cependant que chaque histoire ne déborde pas toujours de qualité.

Le prochain Victor Hugo a-t-il créé son chef-d'œuvre pendant le confinement ? Y en a-t-il parmi vous qui ont tenté leur chance et enfin envoyé leur manuscrit à un éditeur ? Les Français ont été bien occupés en 2020 : selon France Info, un Français sur dix en a profité pour écrire un livre. Des centaines de manuscrits ont été envoyés aux maisons d'édition, qui peinent à s’y retrouver dans ce flot de nouveaux écrits à lire et juger.

France Info rapporte que depuis l'automne, les éditeurs reçoivent 20% à 30% de textes supplémentaires, écrits pendant le confinement de mars. Les professionnels de l'édition doivent alors trier le bon grain de l'ivraie, tâche qui demande beaucoup de temps.

« J’ai eu la chance de trouver un manuscrit pendant le confinement qui va sortir la semaine prochaine, dévoile Christophe Blasi, directeur du service des manuscrits chez Flammarion. Ça s’appelle 'La moitié de la vie', ça ne parle pas du tout du coronavirus, mais il se trouve qu’on la reçut pendant cette période et que c’est un chef-d’œuvre. Je suis ravi, mais pour un livre comme ça, il y en a 1 000 qui malheureusement ne sont pas du même niveau. »

Ces nombreux apprentis auteurs ont donc encore du travail et doivent améliorer la qualité de leur manuscrit avant de pouvoir être publiés.

Ces écrivains du confinement ont-ils réalisé un projet de longue haleine, ou ont-ils été inspirés par leur situation ? D'après Xavier Pryen, directeur général des éditions L'Harmattan, la Covid-19 n'a pas encore envahi le monde de la littérature. « Est-ce que les lecteurs ont envie de lire une littérature d’évasion, de détente, avec le corona au cœur ? Je pense qu’on aura un certain nombre d’ouvrages qui vont sortir sur le marché cette année, on verra l’accueil qui leur sera fait », prévoit l'éditeur.

La fiction reste donc un territoire majoritairement libéré des soucis sanitaires qui nous encombrent depuis un an. En dehors d'essais et de témoignages écrits par des éditorialistes et des médecins, la prochaine rentrée littéraire n'amène pas beaucoup de livres parlant de la pandémie, comme une volonté de garder une porte de sortie, un outil d'évasion loin du quotidien.

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