Journée de la femme : pourquoi célèbre-t-on cette journée le 8 mars ? Histoire et origines

Par Caroline J. · Publié le 10 février 2022 à 09h39
La journée de la femme, ou journée internationale des droits des femmes, est célébrée tous les 8 mars partout dans le monde. Pourtant, peu en connaissent l’histoire et les origines. Alors, pourquoi célèbre-t-on la journée des femmes le 8 mars ? Comment est née cette journée symbolique ? On vous raconte.

De la France à la Suède en passant par le Chili, la Mongolie ou encore le Canada, la date du 8 mars est connue de toutes et tous. Ce jour-là est une journée d’action, de sensibilisation et de mobilisation dédiée à la lutte pour les droits des femmes, l’égalité et la justice. On dresse aussi un bilan des avancées faites pour et par les femmes. Mais d’où vient cette tradition, et pourquoi avoir choisi cette date du 8 mars pour symboliser la journée de la femme ?

Pour mieux comprendre l’histoire et les origines de la journée internationale des droits des femmes, il faut remonter le temps au début du XXe siècle. À cette époque, les luttes ouvrières et les manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail mais aussi l’égalité entre les hommes et les femmes se multiplient dans plusieurs pays européens et du monde occidental.

Ainsi, l’idée de la journée de la femme voit pour la première fois le jour grâce à Clara Zetkin. Cette militante socialiste allemande évoque le sujet en 1910 lors de la deuxième conférence internationale des femmes socialistes réunies cette année-là à Copenhague, au Danemark. Lors de cet événement, pas moins de cent femmes en provenance de 17 pays font le déplacement et approuvent à l’unanimité sa proposition d’organiser une journée des femmes afin de promouvoir leur combat en faveur du droit de vote.

Un an plus tard, en 1911, plusieurs pays dont l’Autriche, le Danemark, l’Allemagne ou encore la Suisse décident donc de célébrer cette journée des femmes. Un million de femmes descendent alors dans les rues le 19 mars, une date en référence à la révolution de 1848 et à la Commune de Paris.

L’initiative prend de l’ampleur ailleurs dans le monde, à tel point que des femmes russes prennent le risque d’organiser des rassemblements clandestins le dernier dimanche du mois de février 1913. Le mouvement se poursuit lorsque, le 23 février 1917 (soit le 8 mars sur le calendrier grégorien), des ouvrières russes décident de lancer une grève générale à Petrograd (ancien nom de Saint-Pétersbourg, ndlr) réclamant du pain et la paix. Ces manifestations donneront alors lieu au début de la Révolution bolchévique.

Mais il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour assister chaque 8 mars, un peu partout dans le monde, aux traditionnelles célébrations de la journée de la femme. La Journée internationale des femmes est finalement officiellement reconnue par l’ONU en 1977.

Et la France alors ? Plusieurs luttes ouvrières menées par des femmes ont également fait parler d'elles au début du XXe siècle. C'est le cas des « Penn Sardines » (littéralement « têtes de sardines » en Breton) de Douarnenez. Exerçant un métier pénible et très mal rémunéré, 2000 de ces ouvrières bretonnes décident de paralyser les conserveries de sardines en lançant une grève importante en novembre 1924, la véritable première grève de femmes en France. Après 46 jours de lutte, ces sardinières obtiennent finalement gain de cause : une hausse de salaire, le paiement des heures supplémentaires et celui des heures effectuées la nuit. Dès lors, les « Penn Sardines » de Douarnenez deviennent un symbole des luttes de classes menées par des femmes.

D'autres grands événements ont incontestablement marqué l'histoire des droits des femmes en France, comme le droit de vote et l’éligibilité aux femmes en 1944, la loi Neuwirth qui autorise la contraception en 1967, la naissance du Mouvement de libération des femmes en 1970 ou encore la loi sur l'avortement en 1975. Ce n'est finalement que le 8 mars 1982, que François Mitterrand décrète la journée de la femme, sous l'impulsion d’Yvette Roudy, alors ministre déléguée aux droits des femmes.

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