Limitations de vitesse : un périphérique bientôt limité à 50km/h ?

Par Cécile D. · Publié le 31 août 2021 à 11h37
Après un Paris intra-muros à 30 km/h, un périphérique limité à 50 km/h ? C'est l'idée controversée avancée par la mairie de Paris pour l'horizon 2024.

C'était une promesse de campagne d'Anne Hidalgo : la maire de Paris entend baisser la vitesse de circulation sur le périphérique, la passant de 70 km/h à 50 km/h. Un projet qui est toujours du domaine de l'hypothèse pour le moment, mais une hypothèse en cours de discussion, selon David Belliard, adjoint (EELV) de la mairie de Paris en charge des déplacements, invité sur Europe 1 dimanche 29 août 2021. 

Les 1,2 millions d'automobilistes qui empruntent quotidiennement le périphérique parisien pourraient donc être obligés de ralentir d'ici quelques années.

Aucune date n'a été fixée pour le moment, le périphérique reste à 70 km/h pour une durée encore indéterminée. Cependant, la mairie de Paris espère pouvoir mettre cette mesure en place d'ici 2024, pour que les JO de Paris se déroulent dans une atmosphère plus apaisée et moins polluée. 

Selon les spécialistes de la circulation, dont les arguments sont repris par Anne Hidalgo et son équipe, un périphérique limité à 50 km/h permettrait de réduire la pollution et les nuisances sonores et fluidifier le trafic. D'après ses calculs, l'organisme Bruitparif estime qu'une baisse de la vitesse de circulation pourrait entraîner une réduction du bruit de 2 à 3 décibels.

La limitation de vitesse imposée en ville depuis ce lundi 30 août attise déjà la colère de nombreux automobilistes, qui ne cachent pas leur opposition cette mesure et ceux qui en sont à l'origine. Abaisser la vitesse de circulation sur le périphérique entraînerait une nouvelle guerre entre Anne Hidalgo et les Franciliens, a quelques mois des élections présidentielles, auxquelles la marie de Paris est candidate.

« On ne peut se satisfaire d’une autoroute en ville. Le périphérique est amené à se transformer », affirme David Belliard. Un avis qui n'est pas partagé par tout le monde. Dans les colonnes du Parisien, une automobiliste considère que cette mesure est contre-productive. « Autant le passage à 30 km/h dans Paris ne me dérange pas, car j’habite en proche banlieue et je m’y rends aussi, autant la réduction de vitesse sur le périphérique, ça m’enquiquine. L’intérêt du périph’, c’est justement de pouvoir passer d’une commune à l’autre sans y perdre des heures ! », argumente Patricia, 51 ans.

D'autres se réjouissent de cette idée. Jérémy, usager en scooter, estime que cette baisse imposée de vitesse assurerait sa sécurité. « On est très vulnérables sur les voies, il y a des sorties que je ne préfère pas prendre… Non, ça me rassurerait », affirme-t-il.

Pour la mairie de Paris, peu importe les critiques : cette mesure est impérative. « Nous souhaitons réserver la voiture à un usage essentiel : celles et ceux qui ne peuvent pas s'en passer, les personnes en situation de handicap et les personnes âgées. Et la réserver aussi à d'autres formes d'usage comme les voitures partagées et les taxis (...) On ne peut plus aujourd'hui accepter d'avoir une autoroute urbaine en pleine ville, alors qu'il y a des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes qui habitent à côté et qui souffrent du bruit, de la pollution », insiste l'adjoint en charge des déplacements au micro d'Europe 1.

Parmi les changements pensés pour redéfinir le périphérique, une autre idée pourrait voir le jour dans les années à venir. Le groupe d'élus municipaux chargé d'établir un rapport sur l'avenir de la voie rapide préconise également la création d'une voie dédiée au covoiturage. Cet espace devrait être mis en place en 2024, comme une « voie olympique ». Il sera pérennisé après les Jeux en tant que voie de covoiturage.

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