La Fiac de Paris terminée ? Ce que l'on sait du partenariat entre Art Basel et le Grand Palais

Par Cécile D. · Photos par My B. · Publié le 27 janvier 2022 à 18h56
Coup de théâtre et stupéfaction dans le monde de l'art parisien : Art Basel a remporté l'appel d'offres du Grand Palais, empêchant ainsi la Fiac de se tenir à ses dates habituelles. Le groupe suisse entend organiser sa propre foire d'art contemporain. La Fiac entend bien se battre pour récupérer son créneau habituel.

L'histoire débute en décembre 2021. Art Basel, la manifestation internationale d'art contemporain, avait manifesté son intérêt de s'installer à Paris, pour étendre son réseau d'activité et proposer des formats innovants. Le conseil d’administration de la Réunion des musées nationaux - Grand Palais (RMN-GP) a donc lancé un appel d'offres, le 8 décembre, afin de redistribuer le marché des événements d'art organisés au Grand Palais.

« Il a été lancé début décembre pour une durée de trois semaines, sans préavis, d'un seul coup d'un seul. Nous sommes partenaires de la RMN depuis 30 ans et nous avons appris deux jours avant le lancement officiel par un simple coup de fil que cet appel d'offres allait arriver », explique amèrement Michel Filzi, président de RX France et organisateur de la Fiac, sur BFMTV.

Art Basel a demandé à occuper les créneaux traditionnellement réservés à la Fiac et à Paris Photo. Michel Filzi voit donc cette action comme une « OPA hostile » menée par son concurrent suisse.

Le RMN-GP a choisi d'accorder le marché à Art Basel, abandonnant ainsi la Fiac, en place depuis 47 ans à Paris. Une décision difficile à encaisser pour cet acteur majeur de la vie culturelle parisienne, qui n'entend pas baisser les bras aussi facilement. « La RNM, en avril 2021, nous avait écrit pour nous confirmer les dates 2022 et 2023 de la Fiac et de Paris Photo et nous avait aussi confirmé les tarifs. Lorsqu'on confirme la chose et le prix, on considère qu'on a un contrat dans le droit civil. (...) Nous avons déjà engagé une action dès décembre auprès du tribunal administratif, sur un autre versant qui est la rupture des relations contractuelles », révèle Michel Filzi.

En attendant, la Fiac s'est résolue à chercher d'autres lieux pour organiser son événement malgré tout. 

Art Basel, de son côté, est ravi du résultat de cet appel d'offres. Le groupe suisse s'est engagé pour une durée de sept ans, et pour un « coût global estimé à 10,6 millions d’euros pour la foire d’art contemporain et de 7,5 millions d’euros pour la manifestation photographique, hors frais techniques, selon l’appel d’offres » dont les détails sont dévoilés par le Huffington Post.

Ce nouvel acteur parisien souhaite créer un rendez-vous innovant et inédit. La RMN-GP s'est déclarée séduite par ce projet visant à « porter une attention particulière à la place des artistes français et des galeries françaises » en s’appuyant sur « une dynamique d’investissement indispensable face à l’évolution du marché des foires d’art, de plus en plus exigeant, et sur une forte capacité d’innovation. »

Le groupe parisien prévoit, en travaillant avec Art Basel, de créer des "passerelles" entre l’art contemporain et les différents secteurs culturels comme le numérique, la mode, l’édition ou les jeux vidéo.

Art Basel a déjà dévoilé les dates de sa future foire, qui devrait beaucoup faire parler d'elle. Rendez-vous au Grand Palais Ephémère du 20 au 23 octobre prochain.    

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