Le blocage des lycées reprend dès ce lundi 2 novembre 2026, jour de la rentrée des vacances de la Toussaint. À Paris, dans le Val-de-Marne, en Seine-Saint-Denis ou dans les Hauts-de-Seine, les organisations lycéennes et étudiantes appellent à bloquer lycées et universités. La mobilisation doit monter d'un cran ce mardi 3 novembre, avant de nouveaux blocages le jeudi 5 novembre, jour de grève interprofessionnelle. Une manifestation étudiante est aussi prévue mardi dans la capitale.
Des blocages ont lieu dès ce matin devant plusieurs établissements, à l'appel du mouvement Les Lycéens ! Ailleurs, les élèves se réunissent en assemblées générales pour organiser la suite de la semaine. Né mi-septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, le mouvement entame ainsi une nouvelle étape après deux semaines de pause.
Les lycéens n'ont pas changé de cap depuis septembre. Ils demandent plus d'enseignants, le remplacement des profs absents, des classes moins chargées et un vrai plan de rénovation des bâtiments. Parcoursup cristallise toujours une bonne partie des critiques, en particulier chez les terminales.
Le gouvernement a tenté de calmer le jeu pendant les vacances. Le 26 octobre, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé une refonte de Parcoursup en deux étapes (premières améliorations pour la session 2027, nouveau système en 2028), un plan de 5 milliards d'euros pour rénover lycées et universités, des classes allégées et des places en plus dans le supérieur. Les mesures sont détaillées sur le site du ministère de l'Éducation nationale.
Ces annonces n'ont pas convaincu. Les organisations lycéennes trouvent le calendrier trop lointain et veulent du concret, tout de suite.
L'Union syndicale lycéenne (USL) et l'Union étudiante ont lancé un appel commun à bloquer lycées et universités ce mardi, puis de nouveau jeudi. Ryad Rani, président de l'USL, assume une stratégie en deux temps : les assemblées générales lundi, les blocages à partir de mardi, et cela « autant qu'il faudra ».
Le mouvement Les Lycéens !, présidé par Pierre Sourzat, a appelé à bloquer dès la rentrée de ce lundi, et des blocages ont eu lieu dès ce matin. Il compte sur une mobilisation bien plus forte ce mardi.
Le nombre d'établissements touchés reste difficile à anticiper. Avant les vacances, plus de 160 lycées franciliens avaient dû fermer totalement ou partiellement lors des journées les plus suivies. Aucun bilan officiel des lycées bloqués ce lundi n'a encore été communiqué par le ministère ou la Région.
En parallèle des blocages, l'Interfac Île-de-France, qui fédère des assemblées générales d'universités, a déclaré une manifestation étudiante pour ce mardi. Le cortège doit partir de la place du Panthéon, dans le 5e arrondissement, pour rejoindre le siège du Medef, avenue Bosquet, dans le 7e.
Le tracé prévu emprunte le boulevard Saint-Michel, Port-Royal, le boulevard du Montparnasse, le boulevard des Invalides et l'avenue Duquesne, soit environ 5 km. Le Quartier latin, Montparnasse et le secteur des Invalides seront donc les plus concernés en journée. Ce parcours reste à confirmer par la préfecture de police de Paris.
La préfecture n'a pas hésité ces dernières semaines à interdire certains cortèges, à proscrire les rassemblements non déclarés dans plusieurs quartiers ou le port d'objets dangereux à Paris et en petite couronne. De nouveaux arrêtés et des fermetures de stations de métro ne sont pas à exclure.
Jeudi, les lycéens ne seront pas seuls dans la rue. L'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU) appelle à une grève interprofessionnelle pour les salaires, les pensions et les services publics. La CGT appelle même à la grève générale à partir de ce jour-là. USL et Union étudiante prévoient de nouveaux blocages de lycées et d'universités en parallèle.
Les établissements scolaires risquent d'être doublement touchés. Le Snes-FSU, principal syndicat des enseignants du second degré, prépare une forte mobilisation dans les collèges et lycées. Dans le primaire, les enseignants grévistes doivent se déclarer 48 heures à l'avance, et la commune met en place un service minimum d'accueil dès qu'un quart d'entre eux fait grève.
Dans les transports, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF ont déposé un préavis commun. Les prévisions de trafic sont attendues mercredi 4 novembre vers 17h sur Transilien, et mieux vaut vérifier aussi le site de la RATP la veille au soir. Tous les détails sont à retrouver dans notre article sur la grève générale du 5 novembre 2026.
Le parcours de la manifestation parisienne n'a pas encore été rendu public. Lors de la manifestation du 31 octobre, la préfecture avait imposé un tracé en lisière de Paris, loin du centre.
Tout peut basculer en quelques minutes, souvent dès 7h devant les grilles. Un lycée bloqué par les élèves n'est pas forcément fermé : la fermeture administrative est décidée par la direction ou le rectorat, tandis que d'autres établissements restent ouverts avec des cours perturbés. Les messages envoyés sur l'ENT ou Pronote restent la source la plus fiable, notamment pour savoir si des cours à distance sont organisés.
La Région Île-de-France, chargée des bâtiments des lycées, communique aussi régulièrement sur les établissements fermés ou dégradés. Pour les trajets de la semaine, notre point sur les perturbations des transports à Paris et en Île-de-France est mis à jour chaque semaine.
Après ces premiers blocages, mardi servira de baromètre pour mesurer l'ampleur de la reprise. Jeudi dira si lycéens, étudiants et salariés réussissent à faire front commun.
Dates et Horaires
Du 2 novembre 2026 au 5 novembre 2026















