La manifestation du 31 octobre 2026 à Paris aura bien lieu sur les boulevards des Maréchaux. Par une ordonnance rendue dans la nuit de vendredi à samedi, le Conseil d'État annule la décision du tribunal administratif, qui avait autorisé le parcours syndical entre la place de la Bastille et la place de la Nation (11e et 12e arrondissements). Il donne raison au ministère de l'Intérieur, a appris BFMTV.
Le rassemblement est autorisé de 12h à 18h. Le cortège de l'intersyndicale part à 14h de la porte de Bagnolet (20e) pour rejoindre la porte de Charenton (12e), sur le tracé fixé vendredi matin par la préfecture de police.
Vendredi soir, la préfecture avait d'abord essuyé un revers net. Le matin, elle publiait un arrêté interdisant le tracé Bastille-Nation déclaré par l'Union départementale CGT, jugé incompatible avec les impératifs de l'ordre public, selon Public Sénat. Saisi en urgence, le juge avait suspendu ce texte quelques heures plus tard.
Les syndicats avaient anticipé ce scénario. Jeudi, la CGT, FO, la FSU et Solidaires, avec la Fage, l'Union étudiante et l'Unef, avaient attaqué la préfecture en référé pour obtenir l'arrêté au plus vite et garder le temps de le contester. Ils voulaient éviter de revivre le 24 octobre, quand l'interdiction était tombée trop tard pour saisir un juge.
Cette décision s'inscrivait dans une semaine chargée pour le tribunal, qui avait déjà suspendu mercredi 28 octobre le couvre-feu imposé aux mineurs dans plusieurs quartiers de la capitale.
La riposte n'a pas tardé. Dans la foulée de l'ordonnance, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annonçait que le préfet de police faisait appel. Il justifiait l'interdiction par les nombreuses dégradations commises le 17 octobre et par un risque de troubles à l'ordre public qui reste élevé, rapporte franceinfo.
En matière de référé-liberté, l'appel est porté directement devant le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative. Après une nuit de délibération, il annule l'ordonnance du tribunal administratif et rejette la demande des organisations syndicales. L'arrêté de la préfecture s'applique donc de nouveau, et le cortège est renvoyé sur les boulevards des Maréchaux.
Pour les manifestants, le départ se fait donc à la porte de Bagnolet, desservie par la ligne 3. Le tracé longe ensuite l'est parisien par les portes de Montreuil, de Vincennes et Dorée avant d'arriver à la porte de Charenton, à la limite du Val-de-Marne.
La bataille judiciaire de vendredi soir concerne le cortège syndical. Le préfet avait aussi interdit le tracé de la coordination des gilets jaunes, de la Bastille à la Concorde par République et Opéra, et aucune décision de justice n'a été rendue publique à son sujet à ce stade.
La coordination avait évoqué un référé ou une plainte en cas de refus, comme nous l'expliquions dans notre article sur le parcours souhaité par les gilets jaunes.
La consigne venait du sommet de l'État. Lundi 26 octobre, à Marseille, Emmanuel Macron annonçait des cortèges en dehors des centres-villes après les pillages du 17 octobre, sur le modèle des parcours définis le 24 octobre.
Le préfet de police Patrice Faure défendait un tracé sur les boulevards des Maréchaux, censé éviter le centre-ville et les casses tout en laissant de la visibilité aux manifestants. Il invoquait aussi le risque d'attentat et la protection des commerçants, d'après Citoyens.com.
Ce choix ne faisait pas l'unanimité, même au-delà du périphérique. Hervé Gicquel, maire LR de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), refusait de voir le cortège se disperser aux portes de sa commune, entre quartiers résidentiels denses, centre commercial Bercy 2 et bois de Vincennes, selon Le Parisien.
Le feuilleton a un air de déjà-vu. Le 24 octobre, le parcours Bastille-Nation avait été validé par la préfecture, puis interdit la veille au soir au profit d'un trajet entre la porte d'Italie et la porte de Vincennes. Nous revenons sur cette journée dans notre article sur la manifestation du 24 octobre à Paris.
Le gouvernement reste sur ses gardes. Une cellule interministérielle de crise s'est tenue jeudi 29 octobre, en amont d'une journée que le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez qualifie à "risque très élevé". Dans une lettre aux préfets consultée par franceinfo, il pointe surtout la soirée, avec des appels à se rassembler sur les places publiques à partir de 20h, sous couvert d'Halloween.
Environ 70 000 membres des forces de l'ordre sont mobilisés pour les quelque 180 manifestations attendues en France, autant que le 24 octobre, d'après franceinfo. Des effectifs du Raid protégeront aussi les bâtiments publics les plus exposés.
À Paris, tout rassemblement non déclaré reste interdit de vendredi 20h à lundi 6h dans plusieurs secteurs, dont l'Élysée, l'Assemblée nationale et les Champs-Élysées, selon ICI Paris Île-de-France. Pendant ce temps, l'examen du budget se poursuit à l'Assemblée nationale.
Ce dispositif intervient alors que la doctrine du maintien de l'ordre est vivement critiquée depuis le début des mouvements lycéens et contre la vie chère. Le collectif Lacrymos de sang dit par ailleurs avoir recueilli 9 500 témoignages de femmes signalant des troubles menstruels après une exposition aux gaz lacrymogènes.
À la demande de la préfecture, la RATP annonce 40 stations de métro fermées samedi, des Champs-Élysées à Bastille en passant par République, Châtelet et la rive gauche. Le détail ligne par ligne et heure par heure est à retrouver dans notre article sur les stations de métro, RER, tram et Vélib' fermées samedi. Pour comparer, le 24 octobre, plus de 30 stations de métro avaient fermé.
Avec le cortège sur les Maréchaux, ce sont les stations Porte de Bagnolet, Porte de Montreuil, Porte de Vincennes, Porte Dorée et Porte de Charenton qu'il faut surveiller. Les tramways T3a et T3b sont aussi interrompus dès 11h de part et d'autre de la porte de Vincennes. Les fermetures tombent souvent la veille au soir ou le matin même : mieux vaut consulter l'info trafic RATP avant de partir.
Notre point sur la manifestation du 31 octobre à Paris rassemble les infos pratiques de la journée. La mobilisation continue ensuite : l'Interfac IDF a déclaré un cortège étudiant le mardi 3 novembre, du Panthéon au siège du Medef (7e), avant la grève du 5 novembre 2026, pour laquelle l'exécutif veut aussi des parcours hors des centres-villes.
Dates et Horaires
Le 31 octobre 2026
Lieux
Place de la Bastille
75011 Paris 11
Place de la Nation
Avenue du Trône
75011 Paris 11
Calcul d'itinéraire
Infos d’accessibilité















