La grève du jeudi 5 novembre 2026 tient toujours. Malgré les pillages du 17 octobre et le couvre-feu partiel décrété à Paris, l'intersyndicale n'a pas bougé d'un pouce : salariés du public comme du privé, jeunes et retraités restent appelés à faire grève et à manifester. À Paris comme dans le reste de l'Île-de-France, de la Seine-Saint-Denis aux Yvelines, la journée pourrait toucher les transports, les écoles et les services publics.
Voici ce que l'on sait au mardi 20 octobre 2026, à un peu plus de deux semaines de l'échéance.
Oui. La mobilisation du samedi 17 octobre contre la vie chère a réuni 550 000 manifestants en France selon le gouvernement, dont 110 000 à Paris. Les syndicats, eux, en revendiquent 800 000. Mais la journée a surtout marqué les esprits par ses débordements : heurts autour de la place de la République, commerces pillés et près de 200 interpellations dans la capitale en milieu d'après-midi.
Côté syndical, le message n'a pas changé. La CGT a appelé à poursuivre un mouvement qu'elle veut pacifique, avec le 5 novembre comme rendez-vous. Les cinq centrales signataires maintiennent leur appel et estiment que les violences ne doivent pas faire oublier les revendications de fond.
Dans son allocution du dimanche 18 octobre, Emmanuel Macron a de son côté invité partis, syndicats et organisations patronales à condamner clairement les violences et à appeler au calme. Il a aussi promis de réunir dès cette semaine lycéens, étudiants, enseignants, syndicats et patronat autour de la table.
L'appel vient d'une intersyndicale réunissant la CFDT, la CGT, FO, l'UNSA et la FSU. Leur communiqué commun, publié le 5 octobre 2026, présente ces organisations comme les premières signataires, ce qui laisse la porte ouverte à d'autres ralliements d'ici début novembre.
Voir la CFDT et la CGT signer le même texte n'a rien d'anodin. Les deux centrales n'ont pas toujours la même lecture des conflits sociaux, un peu comme deux voisins qui se croisent sans se parler mais signent ensemble la pétition de l'immeuble. Leur alliance donne à cette journée un poids particulier.
Le texte dénonce un déclassement inédit des salariés. Carburant, alimentation, loyers, énergie : tout augmente, selon les syndicats, sauf les salaires et les pensions. Ils reprochent au gouvernement un projet de budget 2027 qui gèle les prestations sociales et le salaire des fonctionnaires, tout en réduisant les moyens des services publics. D'après Économie Matin, ce projet prévoit 54 milliards d'euros d'économies.
L'intersyndicale formule sept revendications :
Le contexte a changé depuis la mi-octobre. À la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, la préfecture de police a instauré un couvre-feu partiel à Paris dès le lundi 19 octobre au soir. Il vise le terre-plein de la place de la République et un secteur des Halles, avec en parallèle une interdiction des rassemblements non déclarés autour de l'Élysée, de l'Assemblée nationale, des grandes gares et des places de la République, de la Bastille et d'Italie.
Ces mesures restent temporaires et ciblées. Elles ne concernent pas les cortèges déclarés, et une manifestation syndicale comme celle du 5 novembre suit la procédure classique. Mais depuis l'allocution présidentielle, les préfets peuvent décider avec les maires d'interdire certains rassemblements. Il faudra donc surveiller les arrêtés publiés dans les jours précédant la grève, d'autant que les lieux visés sont justement ceux d'où partent habituellement les grands défilés parisiens.
Le principe d'une manifestation est acté, mais le parcours parisien n'est pas encore connu. Il doit être déclaré à la préfecture de police au plus tard trois jours francs avant la date. Les derniers grands cortèges sont souvent partis de l'est parisien, à l'image de celui des lycéens et étudiants du 6 octobre, parti de la place de la République.
Le 17 octobre, la préfecture avait aussi demandé la fermeture de 25 stations de métro le long des parcours. Un scénario comparable reste possible le 5 novembre, surtout dans le climat actuel.
Côté trains, la menace se précise. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots) appellent à la grève SNCF du 5 novembre, comme le rapporte L'Écho touristique. Ils réclament une vraie augmentation générale des salaires, des primes revalorisées et un treizième mois, et dénoncent le manque d'effectifs et les restrictions budgétaires sur le réseau.
Le calendrier n'est pas anodin : la grève tombe la veille du voyage inaugural du TGV M, prévu le 6 novembre. Selon Voyages d'Affaires, des perturbations sont possibles sur les TGV, les Intercités et les TER. Un rassemblement est aussi annoncé le mardi 3 novembre devant le siège de la SNCF à Saint-Denis (93), le jour d'une réunion salariale avec la direction.
Pour les trains du quotidien en Île-de-France, rien n'est encore précisé. L'impact sur les RER et le Transilien dépendra du nombre de grévistes, que la SNCF connaîtra grâce aux déclarations individuelles déposées 48 heures avant. Côté RATP, aucun préavis spécifique au 5 novembre n'a été rendu public au 20 octobre.
Les opérateurs publient ensuite leurs prévisions de trafic la veille, sur les sites de la RATP, de SNCF Connect et d'Île-de-France Mobilités. Notre point trafic métro, RER et trains, mis à jour chaque jour, recense aussi les fermetures de stations et les perturbations annoncées.
La journée tombe trois jours après la rentrée des vacances de la Toussaint, ce qui concerne directement les familles. Dans les écoles maternelles et élémentaires, les enseignants grévistes doivent se déclarer au moins 48 heures avant. Si au moins un quart des enseignants d'une école fait grève, la commune doit organiser un service minimum d'accueil. À Paris, les informations sont relayées par la Ville de Paris et par les écoles elles-mêmes.
Côté administrations, hôpitaux ou cantines, l'impact dépendra des préavis déposés par chaque fédération. Le plus sûr reste de vérifier la veille auprès de l'établissement concerné.
Le 5 novembre n'arrive pas dans un ciel dégagé. D'autres rendez-vous sont déjà dans les tuyaux :
Le rendez-vous de ce samedi 24 octobre mérite qu'on s'y arrête. Il est porté par la coordination à l'origine du 17 octobre, qui recensait déjà 124 actions prévues en France au lundi 19 octobre. À Paris, des rassemblements sont annoncés place de la Bastille et place de la République.
Ces deux places figurent justement parmi les secteurs où la préfecture de police a interdit les rassemblements non déclarés en début de semaine. Une nouvelle interdiction n'est donc pas à exclure d'ici samedi. Si vous prévoyez de passer par Bastille ou République ce jour-là, un coup d'œil aux arrêtés de la préfecture et à notre point trafic s'impose avant de partir.
Les étudiants franciliens ne désarment pas non plus. Les comités de mobilisation des universités d'Île-de-France ont voté la poursuite du mouvement, quelques jours après le blocage du Louvre par des étudiants venus soutenir les lycéens. Le communiqué syndical salue d'ailleurs une colère lycéenne jugée légitime, tout en respectant l'indépendance de ce mouvement : il s'agit d'un soutien, pas d'un appel commun.
Le calendrier n'a rien d'un hasard. Début novembre, le projet de budget 2027 sera en pleine discussion au Parlement, et les syndicats comptent sur la rue pour peser sur les débats. Après les 300 000 manifestants du 29 septembre et la journée tendue du 17 octobre, le 5 novembre fera office de test : celui d'une mobilisation encadrée, capable de se faire entendre sans se laisser déborder.
Un dernier conseil si vous devez vous déplacer ce jour-là : consultez les arrêtés de la préfecture et les prévisions de trafic la veille au soir. En attendant, nos idées de sorties de la semaine et nos bons plans du moment vous aident à profiter des vacances de la Toussaint à Paris.
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