Pour la manifestation du 24 octobre à Paris, une question revient avant toutes les autres : où ça se passe ? L'acte II des gilets jaunes, annoncé lundi 19 octobre 2026 par la coordination à l'origine de la mobilisation du 17 octobre, vise pour l'instant deux places de l'est parisien, la place de la République (3e, 10e et 11e arrondissements) et la place de la Bastille (4e, 11e et 12e). Partout ailleurs en Île-de-France, des actions plus dispersées sont recensées.
Mardi soir, aucun point de départ ni horaire officiel n'était encore confirmé pour la capitale. On rassemble ici ce que l'on sait, lieu par lieu, et ce qui peut encore bouger d'ici samedi. Pour le contexte général de la mobilisation, notre article acte II ce samedi 24 octobre, à quoi faut-il s'attendre ? fait le tour de la question.
Les appels relayés depuis lundi citent deux rendez-vous : République et Bastille. Ils figurent parmi la centaine de mobilisations recensées sur la carte des mobilisations de la coordination, qui annonce sur son site des manifestations et des rassemblements sur des ronds-points partout en France.
Il faut toutefois lire ces annonces avec prudence. Comme le relève franceinfo, chaque lieu n'apparaît sur la carte qu'après vérification par l'équipe des organisateurs, et rien ne garantit ensuite que l'événement aura lieu ni qu'il sera autorisé. Tant que la Préfecture de police n'a pas statué, ni le parcours ni même le point de départ ne sont acquis.
Ces deux places sont les salons à ciel ouvert de la contestation parisienne. Sous la statue de Marianne, la place de la République a vu passer d'innombrables cortèges, et même les assemblées nocturnes de Nuit debout en 2016. Au pied de la colonne de Juillet, Bastille garde la charge symbolique de 1789. Les gilets jaunes y avaient déjà défilé lors des actes de l'hiver 2018-2019.
Leur position compte aussi. Reliées par le boulevard Beaumarchais et le boulevard du Temple, distantes d'à peine deux kilomètres, elles forment un axe naturel pour un cortège dans l'est de la capitale, loin des lieux de pouvoir de l'ouest parisien.
Le précédent du 17 octobre donne une bonne idée de la marge de manœuvre des autorités. Les organisateurs appelaient alors à se retrouver à Bastille. La Préfecture de police a finalement interdit le rassemblement sur la place et fixé un itinéraire au départ de République jusqu'à la place de Clichy, par le boulevard de Magenta et Barbès. Elle refusait toute arrivée dans le centre de Paris.
Pour samedi, le scénario pourrait se répéter. À Paris, une manifestation doit être déclarée à la Préfecture de police au plus tard trois jours francs avant la date, et le préfet Patrice Faure peut modifier un parcours ou interdire un rassemblement s'il estime l'ordre public menacé. En début de semaine, aucune déclaration n'avait été déposée par la coordination, selon L'Express.
Les arrêtés pris dans la nuit du 19 au 20 octobre dessinent une carte assez parlante. La Préfecture de police avait alors interdit les rassemblements non déclarés dans plusieurs secteurs, avec un couvre-feu sur République et une partie des Halles :
Ces mesures ont expiré mardi matin, mais Sébastien Lecornu a prévenu que de nouveaux couvre-feux pouvaient être décidés selon les situations locales. Les deux places citées pour l'acte II figurent toutes les deux dans ce périmètre. Si des arrêtés similaires tombent pour samedi, le rendez-vous parisien pourrait donc être déplacé, comme le 17 octobre.
Le cortège parisien pourrait être plus large que les seuls gilets jaunes. La CGT a annoncé à RMC qu'elle appelle ses 600 000 adhérents à rejoindre pacifiquement les manifestations et rassemblements de samedi, sans préciser de lieux à Paris pour l'instant.
La jeunesse est aussi attendue. La Coordination nationale lycéenne appelle à manifester le samedi 24 octobre, rapporte franceinfo, même si les vacances de la Toussaint risquent de disperser une partie des lycéens. Le 17 octobre, ce mélange de gilets jaunes, de lycéens, d'étudiants et de syndicalistes s'était retrouvé dans un même cortège parti de République.
Hors de Paris, la logique change. La carte de la coordination recense des manifestations, mais aussi des rassemblements sur des ronds-points, devant des stations-service, des dépôts pétroliers, des gares ou des péages. C'est le cœur de la revendication portée par le site, qui réclame le blocage des prix à la pompe et le contrôle des marges des pétroliers.
En pratique, ces actions sont souvent plus courtes et plus mobiles qu'un cortège parisien, ce qui les rend difficiles à anticiper. Si vous prenez la route samedi en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, l'Essonne ou le Val-d'Oise, prévoyez une marge, surtout aux abords des grands axes et des zones commerciales. La carte est mise à jour au fil des jours, et la coordination prévient que rien n'assure que chaque action annoncée aura bien lieu.
Avant samedi, un premier rendez-vous attend aussi les lycéens et étudiants le jeudi 22 octobre : l'Interfac d'Île-de-France, qui coordonne les comités de mobilisation des universités franciliennes, a voté la poursuite du mouvement ce jour-là, avec une possible manifestation à Paris, selon France 24.
Le plus fiable reste la Préfecture de police, qui publie ses arrêtés sur son site et sur ses réseaux, souvent la veille au soir. Les itinéraires définitifs y figurent, tout comme les périmètres interdits. Côté transports, la RATP annonce les fermetures de stations, et notre point info trafic métro et RER les reprend chaque jour.
Si vous habitez ou travaillez autour de République, de Bastille ou des Grands Boulevards, gardez un œil sur ces sources jusqu'à samedi matin. Et si vous préférez une journée loin des cortèges, nos idées de sorties ce samedi 24 octobre font la part belle aux musées et aux expositions, pratiques avec la pluie annoncée. La suite du mouvement se jouera ensuite le 31 octobre, avec un acte III, puis lors de la grève intersyndicale du 5 novembre.
Nous mettrons à jour cet article dès que les lieux et le parcours parisiens seront confirmés.
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