Coronavirus : un deuxième cas de réinfection signalé aux Etats-Unis

Par Elodie D. · Publié le 30 août 2020 à 10h25 · Mis à jour le 30 août 2020 à 13h13
Un deuxième cas de réinfection au coronavirus SARS-COV-2 vient d'être rapporté par des chercheurs américains. Un homme de 25 ans aurait été testé positif en avril dernier, puis testé négatif avant de retomber malade 48 jours après. Les chercheurs ont séquencé le génome du virus, et affirment "deux épisodes infectieux distincts Covid-19 à partir de deux virus SARS-CoV-2 génétiquement distincts".

Peut-on rattraper le coronavirus ? La question se pose depuis de nombreuses semaines, à la suite de personnes indiquant être de nouveau malade du covid-19 plusieurs semaines après leur rémission. Alors que les chercheurs pensaient à des rechutes, voici que la littérature médicale témoigne de cas de réinfection au coronavirus SARS-COV-2.

Deuxième cas reporté cette semaine, celui d’un homme de 25 ans, étudié par les chercheurs de l’université du Nevada (Las Vegas) et en cours de prépublication SSRN* pour l’hebdomadaire médical britannique The Lancet.

Résidant à Reno (Nevada), l’homme aurait été testé positif le 18 avril dernier lors d’une campagne de dépistage organisée par le comté de Washoe. À l’époque, il se plaignait de maux de gorge avec toux, de maux de tête, de nausées et de diarrhée depuis 3 semaines. L’homme a été placé en quarantaine et ne présentait plus de symptômes le 27 avril. L’équipe réalise deux tests PCR le 9 mai, les deux tests reviennent négatifs : le virus est vraisemblablement plus présent dans l’organisme de cet homme.

 

Mais le 28 mai, l’homme se sent de nouveau mal et consulte son médecin. Il présente à nouveau de la fièvre, des maux de tête, des vertiges, une toux, des nausées et de la diarrhée. Son médecin lui prescrit une radiographie thoracique qu’il réalise le 31 mai. Cinq jours plus tard, le 5 juin, il retourne chez son médecin, qui constate une hypoxémie, soit une faible concentration en oxygène dans le sang. L’homme se rend aux urgences pour recevoir de l’oxygène et réalise un test PCR : le test revient positif. Entre temps, le patient présente des douleurs musculaires, de la toux ainsi qu’une gêne respiratoire et les médecins décident de réaliser une nouvelle radiographie thoracique. La radio montre le développement d’anomalies pulmonaires diffuses (des opacités bilatérales interstitielles dans ce cas), qui évoquent une pneumonie. 

Sur ce, les médecins lui font une prise de sang le 6 juin, qui révèle la présence d’anticorps IgM et IgG dirigés, contre le SARS-CoV-2, ce qui va dans le sens d’une nouvelle infection au coronavirus, récente.

Pour en être sûrs, les médecins décident de séquencer les échantillons des tests PCR réalisés en avril et en juin. Si le virus qui infecte l’homme en juin est bien de la même souche, la « clade 20", il présente des différences par rapport au virus dont il a été victime en avril. Selon les auteurs, ça ne peut pas être le même virus qui aurait été endormi et aurait muté dans l’organisme de l’individu avant de se réveiller.

Cette observation est la seconde à paraitre dans la littérature médicale internationale, après un cas rapporté deux jours auparavant dans la revue Clinical Infectious Diseases par une équipe de Hongkong.

Ils insistent sur le fait que l’on ignore aujourd’hui à quelle fréquence ce phénomène se produit et qu’elle ne peut évidemment pas être déterminée sur la base d’une seule étude de cas. « Ceci peut représenter un évènement rare », déclarent-ils. Attention toutefois, si le papier est en ligne, il n’a pas encore fait l’objet de relecture et n’est pas encore officiellement paru dans la littérature.

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