Covid : les enquêteurs de l'OMS devraient pouvoir entrer en Chine à partir du jeudi 14 janvier

Par Cécile D. · Publié le 11 janvier 2021 à 12h37 · Mis à jour le 11 janvier 2021 à 15h14
Bloquée à la frontière chinoise depuis une semaine faute d'autorisations requises, l'équipe d'enquêteurs de l'OMS devrait pouvoir débuter sa mission à partir du jeudi 14 janvier. Les experts internationaux ont été mandatés pour trouver l'origine de l'épidémie de Covid-19.

La situation évolue enfin ! Alors que les enquêteurs dépêchés par l'OMS auraient dû commencer leur travail le 5 janvier, ils viennent seulement d'obtenir les autorisations requises pour pouvoir passer la frontière chinoise. Avec une semaine de retard, Pékin délivre enfin les précieux visas, nécessaires aux experts internationaux pour pouvoir voyager dans le pays.

Ce lundi 11 janvier, le ministère chinois de la Santé a finalement annoncé que l'équipe envoyée par l'OMS pourrait débuter sa mission à partir du jeudi 14 janvier. Une bonne nouvelle, alors que la communauté internationale commençait à craindre que les autorités chinoises empêchent la tenue de cette enquête. 

La Chine redoute en effet les résultats de cette mission, qui doit déterminer où a commencé la pandémie. Les premières indications placent l'épicentre de l'épidémie à Wuhan et - bien que les scientifiques assurent ne pas chercher de responsables, et souhaitent seulement comprendre comment cette crise sanitaire est survenue - les Chinois s'inquiètent des conséquences d'une telle enquête.

Des visas très attendus 

L'équipe d'enquêteurs dépêchée par l'OMS en Chine pour trouver les origines de la pandémie de Coronavirus était bloquée depuis plusieurs jours à la frontière du pays. Lors d'une conférence de presse tenue le 5 janvier à Genève, le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a expliqué qu' « aujourd'hui, nous avons appris que les responsables chinois n'ont pas encore finalisé les autorisations nécessaires à l'arrivée de l'équipe en Chine. »

Il s'est également déclaré « très déçu de cette nouvelle, étant donné que deux membres avaient déjà commencé leur voyage et d'autres n'ont pas pu voyager à la dernière minute. » Les enquêteurs devaient recevoir des visas émis par Pékin pour mener à bien leur mission très spéciale. 

En l'absence de ceux-ci, l'un des deux enquêteurs en transit a dû rebrousser chemin tandis que l'autre attend son autorisation dans un autre pays. Initialement, une équipe de dix experts était attendue : des scientifiques, épidémiologistes et zoologues venus du Danemark, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, d'Australie, de Russie, du Vietnam, d'Allemagne, des États-Unis, du Qatar et du Japon chargés d'établir si Wuhan est bien l'épicentre de la pandémie ou non.

Le sujet est sensible pour le gouvernement chinois, qui est suspecté de ralentir volontairement l'enquête. Quelques jours auparavant, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, affirmait que, bien que le virus ait été découvert à Wuhan, il est originaire d'ailleurs : « de plus en plus de recherches laissent à penser que l'épidémie pourrait être apparue dans de nombreux endroits du monde », avait-il déclaré selon nos confrères de Sud Ouest.

L'un des scientifiques prenant part à l'enquête, Fabian Leendertz (de l'Institut Robert Koch en Allemagne), a assuré à l'AFP que « l'objectif n'est pas de désigner un pays ou une autorité coupables. Il est de comprendre ce qui s'est passé pour éviter que ça se reproduise. »

Michael Ryan, le responsable des situations d'urgence sanitaire à l'OMS, a lui aussi pris la parole lors de la conférence de presse de Genève le 5 janvier. Il veut rester optimiste et espère que ce retard n'est dû qu'à « un problème logistique et bureaucratique que nous pouvons résoudre rapidement. » Il a ajouté : « on m’a assuré que la Chine accélère la procédure interne pour un déploiement le plus rapide possible. »

Michael Ryan a de nouveau insisté sur l'importance de cette mission de recherche auprès des autorités chinoises et l'OMS espère voir la situation se dénouer rapidement. 

En dépit des assurances de bonne volonté de la part de Pékin, la situation n'évolue pas. Il semble que le problème ne soit pas uniquement administratif, comme l'espérait Michael Ryan. Mercredi 6 janvier, Hua Chunyingporte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, a déclaré que : « la recherche de la source est très compliquée. Pour assurer le bon déroulement des travaux du groupe international d’experts en Chine, les procédures nécessaires doivent être respectées et des arrangements spécifiques pertinents doivent être pris. À l’heure actuelle, les deux parties sont en cours de négociation à ce sujet ».

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