Covid : les soignants asymptomatiques atteints du virus désormais contraints de s'isoler

Par Laurent P. · Publié le 2 mars 2021 à 12h32 · Mis à jour le 2 mars 2021 à 12h33
Les soignants atteints de la Covid, asymptomatiques, sont désormais contraints à l'isolement selon une nouvelle règle mise en place le 16 février par la Direction générale de la santé. Une mesure qui pousse les hôpitaux à réorganiser les plannings, mais qui permet de lutter plus efficacement contre la propagation des variants au sein des établissements.

Pour lutter contre la Covid, et en particulier contre les variants, les hôpitaux sont contraints d'appliquer de nouvelles mesures. Ainsi donc, selon une nouvelle règle mise en place le 16 février par la Direction générale de la santé, les soignants atteints de la Covid ne présentant pas de symptômes sont désormais obligés de s'isoler pendant sept jours, à domicile, sans exception. Un isolement porté à 10 jours pour les soignants atteints du variant brésilien ou sud-africain.

Avant la mise en place de cette règle, les soignants malades, mais asymptomatiques, n'étaient pas systématiquement placés à l'isolement. Et pour cause, une dérogation pouvait être envisagée pour éviter trop d'absence et ainsi éviter au personnel hospitalier d'être submergé. Cette dérogation se basait sur un avis scientifique rendu public par le Haut conseil de la santé publique en mai 2020, expliquant que chaque cas devait "conduire à une éviction de sept jours après la PCR (reprise du travail au huitième jour) et au respect les mesures barrières renforcées pendant les sept jours suivants", sauf "dans le cas où un personnel non remplaçable serait porteur du Sars-CoV-2 et asymptomatique, la possibilité dégradée d’un maintien en poste avec un renforcement des mesures de précaution et d’hygiène est envisageable afin que la balance bénéfice/risque ne soit pas défavorable".

Des pratiques loin d'être au goût des soignants qui se battent sans relâche depuis un an pour éradiquer la prolifération du virus, et une nouvelle mesure plus que bienvenue désormais. L'isolement, "c’est en effet la règle appliquée", explique ainsi le professeur Marc Leone, chef de service anesthésie et réanimation à l’hôpital Nord de Marseille, à nos confrères du Figaro. "Nous avons deux médecins et un soignant infectés qui sont actuellement dix jours en éviction", ajoute de son côté le professeur Philippe Montravers, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital Bichat, toujours à nos confrères du Figaro.

Une mesure qui demande un peu d'organisation, mais qui permet d'avoir le plus de soignants sur le pont en cas de saturation des hôpitaux : "C’est long, c’est compliqué, ça pèse sur l’organisation des services. Si nous sommes amenés dans les prochaines semaines à repasser en situation de guerre, nous devrons probablement revoir cette règle à la baisse", indique de son côté le professeur Jean-Michel Constantin, anesthésiste-réanimateur à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Concernant leur retour sur le terrain, quelques règles à respecter également : les soignants peuvent ainsi revenir à partir du huitième jour après le début des symptômes. Pour les personnes asymptomatiques, un test PCR est également demandé. Tous ne doivent plus avoir de fièvre depuis deux jours et doivent porter un masque chirurgical de type 2 pendant encore sept jours. 

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