Mariages et rituels, la programmation originale de la Nuit Blanche 2026 à la Maison populaire de Montreuil

Par Cécile de Sortiraparis, Laurent de Sortiraparis · Photos par Rizhlaine de Sortiraparis · Mis à jour le 5 juin 2026 à 7h43
La Maison populaire de Montreuil participe à la 25e édition de la Nuit Blanche, et propose une soirée festive et insolite, à vivre le samedi 6 juin 2026. Ne manquez pas ces animations gratuites et insolites à vivre dans le 93 !

Les habitués le savent, la Nuit Blanche est peut-être la soirée la plus folle de Paris et d'Île-de-France. Et pour ceux qui ne connaissent pas encore l'événement, comment le décrire... ? C'est une nuit où l'on peut voir un concert de taupes géantes. Et de la danse soufie au Petit Palais. Et de la mousse multicolore qui sort du Centre Pompidou. Ou encore des défilés de mode, des spectacles son et lumière, des karaokés géants, des combats de catch, des concerts de xylophone...

Vous l'aurez compris, la Nuit Blanche, c'est une grande fête de l'art contemporain qui transforme Paris et ses environs en musée à ciel ouvert. Pendant cette soirée exceptionnelle, tout peut arriver ! Les artistes participants sont en tout cas bien déterminés à nous surprendre à chaque nouvelle édition...

Quelles folies nous attendent donc en 2026 ? La Nuit Blanche revient le samedi 6 juin, pour une 25e édition. Et si vous êtes en quête de votre prochaine surprise, vous pouvez déjà ajouter la Maison populaire de Montreuil à votre itinéraire de la soirée.

Le lieu d'art et de culture populaire du 93 a préparé quelques animations surprenantes et palpitantes, qui devraient sans nul doute séduire de nombreux amateurs d'art contemporain.

Le programme de la Nuit Blanche à la Maison populaire de Montreuil : 

  • Nuit Blanche 2026 à la Maison Populaire
    Le samedi 06 juin 2026 de 21h00 à 01h00

    JE EST UNE AUTRE — détourne la célèbre phrase d’Arthur Rimbaud : « Je est un autre ». L’artiste Béatrice Duport choisit de la féminiser pour rappeler que le sujet universel a longtemps été masculin (hétéro, cis et blanc), et qu’il est en notre pouvoir de nous réapproprier ces espaces de création de soi.
    Cette affirmation est troublante : elle suggère que l’unité du sujet — sur laquelle repose notre société occidentale car elle permet la mise en place de nos identités — n’existe pas. C’est aussi une invitation à considérer le « je » comme une fiction en construction permanente, toujours en travail. Ce « je » décentré nous vient de l’autre, qui nous affecte et nous contamine.
    Nous avons donc invité l’Autre pour s’y (re)connaître : Vava Dudu, Cuco Cuca, H·Alix, Hamza Maysarah, Mariam Chfiri et Annie Sprinkle & Beth Stephens ont répondu positivement à nos invitations…
    Pour la Nuit Blanche 2026 de la Maison Populaire, Annie Sprinkle et Beth Stephens sont également invitée·x·s par les commissaires d'exposition en résidence à proposer une conférence pour explorer les liens entre amour, sexualité, écologie et engagement social. À travers des rituels collectifs, notamment une série de mariages symboliques, les artistes nous incitent à célébrer nos liens avec les humain·e·x·s, les non-humain·e·x·s, les éléments ou la planète.
    Annie Sprinkle et Beth Stephens PORTRAIT DE BETH STEPHENS ; Crédits : © Beth Stephens Portrait d'Annie Sprinkle ; Crédits : © Annie Sprinkle
    Après avoir mis son expérience de travailleuse du sexe et d’actrice au service de l’art avec des performances radicales dans les années 1980-1990, l’artiste, performeuse et militante Annie Sprinkle développe avec sa partenaire Beth Stephens - artiste et professeure à l’Université de Santa Cruz - une théorie écoféministe qu’elles nomment écosexualité. En 2008, elles publient ensemble le « Ecosex Manifesto ».

    Apparue au début des années 2000, l’écosexualité est à la fois une pratique écologique et érotique, qui adopte une posture critique vis-à-vis de l’anthropocentrisme - cette vision du monde qui place l’humain au centre de tout. Elle déconstruit les normes de genre, de sexualité et de nature en mobilisant le plaisir, l’humour et la joie comme outils politiques. Dans cette approche, la Terre n’est plus une « mère » - figure traditionnellement associée au patriarcat - mais un·e·x amant·e·x.
    Une projection de leur film Water Makes Us Wet—An Ecosexual Adventure permettra d’approfondir leur approche de l’amour à porter à la planète ! Portrait de Vava DUDU ; Crédits : © Palais de Tokyo
    Cet événement propose d’explorer le travail de Vava Dudu à travers la thématique de l’amour, envisagée comme un champ d’expérimentation artistique et sociale.
    Figure singulière de la scène contemporaine, Vava Dudu développe une pratique pluridisciplinaire qui interroge les normes liées au corps, à l’identité et aux relations affectives. Son approche de l’amour s’inscrit dans une réflexion plus large sur les formes de marginalité, d’expression individuelle et de construction des subjectivités.
    Une sélection d'œuvres textiles de Vava Dudu seront accrochée dans les jardins de la maison populaire, et les personnes désireuses de porter à même leur vêtements ses messages et dessins seront peint en live lors d’une performance de l’artiste. L’événement met en lumière la manière dont l’artiste aborde les notions d’attachement, de transformation et de représentation de soi.
    Hamza Maysarah
    Hamza Maysarah est un·e artiste multidisciplinaire et humoriste queer franco-palestinien·ne basé·e à Paris. Iel mêle image, performance, humour et activisme pour défendre les causes LGBTQ+ et palestinienne entre autres.
    Né·e dans une famille d’exilés à Amman en Jordanie, il·elle explore les thèmes de l’identité, de l’exil et de la résistance.
    Mariam CHFIRI
    Mariam CHFIRI est directrice exécutive de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine (PFP), créée en 1993 dans la foulée des accords d‘Oslo et devant déboucher sur la création de l’État de Palestine à côté de l‘État d’Israël.

    La mission de la PFP demeure inchangée : soutenir le développement de la société civile pour appuyer la mise en place d’un État démocratique en Palestine.
    Mais la colonisation continue accompagnée d‘une annexion de jure ou de facto du territoire palestinien occupé par l’État d’Israël, fait qu‘il ne s’agit plus seulement d‘accompagner la construction de l’État de Palestine mais d’œuvrer au rétablissement des conditions de cette construction.
    Hot Bodies Choir & Club Hot Bodies x Gérald Kurdian ; Crédits : ©Hot Bodies
    Hot Bodies est le nom de scène de Gérald Arev Kurdian - musicien-ne, performeur·euse, DJ protéiforme et Mother of Ceremony des projets Hot Bodies Club et Hot Bodies Choirs. Ancré dans l’expérience collective, Hot Bodies conçoit la musique pop comme une communion sensorielle, un espace où émotions, désirs et transe circulent librement. Les expériences de chorales réunissent un groupe de participant·e·s volontaires autour d’une pratique d’écriture et de chant choral. On y échange les expériences, les idées, les pratiques à partir de lecture et de visionnages collectifs de documents issus des activismes queer, féministes, pro-sexe et décoloniaux et ce vers l’écriture de textes révolutionnaires. Ces documents uniques, polyphoniques et indociles, constituent alors la base d’une partition chorale mise en musique électronique par Gérald Kurdian, arrangée ensemble et interprétée en public par tou.te·s les participant·e·s. Naviguant entre rituels club collectifs et songwriting minimal, Hot Bodies Club embrasse la pop dans son acception la plus large — populaire, poreuse et transformatrice. Son univers puise autant dans les textures synthétiques que dans l’intimité mélodique, façonnant des chansons à la fois fragiles et euphoriques, intimes et fédératrices.
    Son dernier EP, Digital Fairy / Folk Songs, produit par Don Turi (Jeanne Added, Chien Noir) oscille entre cold wave en clair-obscur et mélodies pop lumineuses - un conte contemporain pour les club kids et les outsiders. Sur scène, Hot Bodies déploie une performance incarnée, magnétique et sexy, en perpétuelle métamorphose. Ses concerts brouillent les frontières entre live et dancefloor, invitant le public dans un univers pop mutant où la vulnérabilité devient une force et l’émotion collective, le moteur principal.
    Vava Dudu est née en 1970 à Paris, où elle vit et travaille. De 2012 à 2018, Vava Dudu a vécu à Berlin. En 1985, elle quitte le collège à 15 ans et s’inscrit à la classe préparatoire aux Beaux-Arts de l’Académie Grandes Terres, puis à l’école de mode Fleuri Delaporte. Pratiquant depuis, aussi bien la création textile, que le dessin, la poésie et la musique, elle fabrique des vêtements et œuvres témoins de sa pluridisciplinarité. Styliste en dehors de tout courant, elle a travaillé comme accessoiriste pour Jean-Paul Gaultier et a collaboré avec Björk, Lady Gaga, Marilyn Manson, Neneh Cherry, Kate Moss ou John Galliano. En 2001, Vava Dudu et Fabrice Lorrain remportent le prix de l’Association Nationale pour le Développement des Arts de la Mode (ANDAM). Ils organisent un défilé dans les backrooms du club gay Les Docs, Rue Saint-Maur. Son travail a été présenté lors d’expositions et performances, notamment au Confort Moderne (Poitiers, France), Palais de Tokyo (Paris, France), au Musée d’Art Moderne de Paris (France), à Lafayette Anticipations (Paris, France) ou à Komplot (Bruxelles, Belgique). Vava Dudu revendique sa position d’outsider de l’art contemporain en affirmant « préférer les extrêmes aux milieux ». Son métier de styliste et d’artiste côtoie son activité de chanteuse au sein du groupe La Chatte, fondé en 2003 avec Stéphane Argillet et Nicolas Jorio, avec qui elle sort cinq albums. Son univers artistique qui mêle joyeusement textes et dessins se décline ainsi sur divers supports. Portrait de Cuco Cuca ; Crédits : © Zbigniew Kotkiewicz
    Cuco Cuca
    Cuco Cuca est un hacker-rêveur transgenre né en 2011. Entre manifestations, fêtes clandestines et interventions nocturnes, il transforme la ville en terrain d’expérimentation politique et artistique.Son travail mêle projections pirates, voix modifiées, dispositifs lumineux et détournements numériques pour questionner la surveillance, les normes sociales et les identités fixes. Chez lui, le queer n’est pas seulement une esthétique mais une manière de brouiller les codes, de rendre les corps et les récits instables, libres et insaisissables. La nuit occupe une place centrale dans sa pratique : espace de fuite, de rencontre et de résistance. Dans les cortèges comme dans les clubs, Cuco Cuca cherche le moment de bug collectif, cet instant où les systèmes de contrôle vacillent et où de nouvelles formes de communauté apparaissent. Portrait d'H.Alix Sanyas ; Crédits : ©Makoto C. Friedmann
    H. ALix Sanyas
    H·Alix Sanyas est un·e artiste, réalisateurice, graphiste et formateurice en design graphique. Sa pratique se centre sur la fabrication d'outils de résistance et de signes de ralliement pour les communautés transféministes. H·Alix a été membre actif·ve — en tant qu'activiste et graphiste — de nombreux collectifs. H·Alix travaille également avec de nombreux·ses collaborateurices féministes dans le champ du design graphique. Ielle cofonde en 2018 la collective de typographies post-binaires Bye Bye Binary qui soutient et développe le dessin de caractères post-binaires, s’inscrit dans le mouvement libre ainsi que dans l’organisation d’expositions, de conférences et de publications.
    PROGRAMME :
    21h00 : How to become ECOSEXUAL ? Cours en visioconférence de Beth Stephens & Annie Sprinkle
    21h45 : Projection de Water Makes Us Wet—An Ecosexual Adventure, de Beth Stephens & Annie Sprinkle
    21h45 : Exposition et performance de Vava DUDU
    22H30: Discussion autour de la programmation des curatrice avec Mariam Chfiri + HAmza Maysarah
    23h00 : Chorale de Hot Bodies
    23h30 : Lecture-performance d’H·Alix Sanyas : JEAN REVIENT PAS
    00h00 : Hot Bodies Club
    00h30 : Cuco Cuca - interruption du DJ set avec la complicité de Hot Bodies
    Événement en partenariat avec nos amie·x·s de la MABA de Nogent-sur-Marne pour célébrer dans l'Amitié leurs 20 ans et les 60 ans de la Maison Populaire.



Le programme est mis à jour en fonction des annonces officielles.

Bonne Nuit Blanche à tous !

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Informations pratiques

Dates et Horaires
Le 6 juin 2026

× Horaires indicatifs : pour confirmer l'ouverture, contactez l'établissement.

    Lieu

    9 Rue Dombasle
    93100 Montreuil

    Calcul d'itinéraire

    Tarifs
    Gratuit

    Site officiel
    www.paris.fr

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