Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan, la comédie dramatique de Ken Scott portée par Leïla Bekhti et Jonathan Cohen, arrive sur Prime Video le 19 août 2026. Sorti au cinéma le 19 mars 2025, le film rejoint la plateforme sous le label Prime Original, dix-sept mois après son exploitation en salles.
Écrit et réalisé par le cinéaste québécois derrière Starbuck, le long métrage adapte le roman autobiographique de Roland Perez. Il retrace le parcours de cet avocat et animateur né avec un pied-bot, ainsi que le combat mené par sa mère Esther pour lui permettre de dépasser les prédictions des médecins et de mener la vie qu’elle lui avait promise.
Le film réunit également Joséphine Japy, Lionel Dray, Jeanne Balibar, Anne Le Ny, Milo Machado-Graner et Sylvie Vartan dans son propre rôle. Coproduit par Amazon MGM Studios, Gaumont, Égérie Productions et Christal Films, il constitue la première production française de Prime Video conçue pour bénéficier d’abord d’une sortie au cinéma.
En 1963, Esther donne naissance à Roland, le benjamin d’une famille nombreuse. L’enfant vient au monde avec un pied-bot qui l’empêche de se tenir debout. Alors que les médecins se montrent pessimistes, sa mère lui promet qu’il marchera comme les autres et connaîtra une vie exceptionnelle. Elle consacre dès lors toute son énergie à tenir cette promesse, tandis que les chansons de Sylvie Vartan accompagnent l’enfance puis le parcours de Roland.
Notre avis sur Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan
Avec Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan, le cinéaste québécois Ken Scott (Starbuck, Un peu, beaucoup, aveuglément) signe une comédie dramatique nostalgique, portée par une Leïla Bekhti magistrale et un Jonathan Cohen inattendu dans un registre plus sobre. Inspiré de faits réels, le film adapte le roman éponyme de Roland Perez, dans lequel l’auteur raconte son parcours, marqué par le regard de la société sur son handicap et par l’amour maternel inébranlable qui l’a accompagné.
Le récit débute dans les années 1960, au sein d’une famille nombreuse. Esther Perez, mère aussi aimante qu’envahissante, refuse que son fils Roland, né avec un pied-bot, soit condamné à une vie de souffrance. Entre musique yéyé, scènes burlesques et moments plus intimes, le film suit son combat contre les pronostics médicaux et les conventions sociales, tout en racontant la construction d’un enfant porté par une confiance presque absolue en sa mère.
Construit en deux parties distinctes, Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan épouse les différentes étapes de la vie de Roland. La première moitié, ancrée dans les sixties, déborde de couleurs, d’énergie et de musique. Ken Scott y restitue le bouillonnement d’une époque traversée par l’optimisme, les idéaux et la ferveur populaire entourant des figures comme Sylvie Vartan, véritable icône pour le jeune garçon.
Lorsque Roland adulte prend le relais du récit, le film adopte progressivement un ton plus introspectif. Au montage dynamique des premières années succède une mise en scène plus retenue, recentrée sur les personnages, leurs blessures et leurs dilemmes. C’est également dans cette seconde partie qu’apparaît Sylvie Vartan dans son propre rôle, donnant corps au symbole de rêve et de dépassement de soi qui accompagne Roland depuis l’enfance.
Au-delà de la chronique familiale, le film examine avec finesse la complexité du lien entre une mère et son fils. Esther, interprétée par une Leïla Bekhti impériale, se révèle à la fois solaire, protectrice et étouffante. Sa gouaille, son obstination et son refus d’envisager son enfant comme diminué la conduisent à défier médecins et conventions pour lui offrir la vie qu’elle estime digne de lui.
Cette détermination fait également d’elle une véritable tornade comique. Sa manière d’imposer sa vision des choses donne lieu à plusieurs scènes franchement hilarantes. Porté par des dialogues percutants et une énergie communicative, le film retrouve par moments le souffle des grandes comédies populaires françaises, sans perdre de vue la fragilité de ses personnages.
Davantage associé aux rôles comiques, Jonathan Cohen trouve ici une justesse particulièrement émouvante dans le rôle de Roland adulte. Son duo avec Leïla Bekhti repose sur une complicité évidente, qui renforce la portée émotionnelle de leur relation. La musique agit quant à elle comme un fil rouge, entre jazz, pop et rock yéyé, avec une place centrale accordée aux chansons de Sylvie Vartan, utilisées comme autant de madeleines de Proust.
Ma Mère, Dieu et Sylvie Vartan devrait séduire les amateurs de comédies dramatiques sincères et chaleureuses. Les spectateurs sensibles aux fresques familiales comme La Vie est un long fleuve tranquille ou aux récits nostalgiques dans l’esprit de La Famille Bélier pourront apprécier cette plongée dans les années 60 et cette ode à l’amour maternel.
Ceux qui recherchent une comédie exclusivement légère risquent en revanche d’être davantage déstabilisés par une seconde partie plus posée, où l’humour laisse progressivement place aux conséquences de cette relation fusionnelle.
Drôle, tendre et lumineux, le film réussit ainsi le pari d’un cinéma populaire intelligent. Ken Scott passe de la comédie au drame sans céder au pathos ni à la caricature. Malgré une seconde moitié plus classique dans sa construction, l’émotion demeure, soutenue par une direction d’acteurs remarquable et une mise en scène soignée.
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