Coutures, le film d’Alice Winocour avec Angelina Jolie, est disponible sur CANAL+ à la demande depuis le 2 octobre 2026, avec un abonnement incluant le film. La réalisatrice de Revoir Paris situe ce récit dans les coulisses de la Fashion Week de Paris.
Maxine, une cinéaste américaine venue réaliser le film d’un défilé, apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Son parcours croise ceux d’Ada, jeune mannequin, et d’Angèle, maquilleuse. Angelina Jolie partage l’écran avec Louis Garrel, Ella Rumpf et Anyier Anei, dans un film tourné en français et en anglais.
Présenté au Festival de Toronto en septembre 2025, le long métrage est sorti dans les salles françaises le 18 février 2026, distribué par Pathé.
Notre avis :
Dans Couture, Alice Winocour entrouvre les portes d’un monde fantasmé pour mieux en révéler les fissures. Exit les paillettes : ici, la Fashion Week de Paris se vit à hauteur d’atelier, sous les néons blafards, entre retouches de dernière minute et tension palpable. Dès l’apparition des escaliers mythiques de Chanel rue Cambon, le ton est donné : cadrage serré, souffle court, intimité presque intrusive. On n’observe pas, on partage.
Au cœur du récit, Maxine Walker, incarnée par Angelina Jolie, réalisatrice américaine engagée pour signer le film d’ouverture d’un défilé. La mode selon elle ? "Inutile et nécessaire". Une définition en apparence paradoxale, qui résume l’ambivalence du film. Tandis que les petites mains s’affairent, sa trajectoire bascule : diagnostiquée d’un cancer du sein foudroyant, elle voit sa vie suspendue. Son histoire, plus grave, prend naturellement le pas sur les autres, imposant au film une densité émotionnelle qui déborde largement le cadre de la mode. La scène de consultation médicale avec Vincent Lindon, d’un réalisme glaçant, place le spectateur dans la position même de la patiente.
Autour d’elle gravitent Angèle, maquilleuse des coulisses et aspirante écrivaine, décidée à raconter ces corps qu’elle maquille, et Ada, mannequin de 18 ans venue du Kenya, à travers qui affleure la vie à toute allure des catwalks internationaux. Sans oublier la couturière, concentrée sur la robe d’ouverture : faire, défaire, refaire, jusqu’à l’exigence absolue et la fierté du dernier point.
Le défilé final, beau et quasi surréaliste, joue sur des contrastes mélancoliques. À travers ces trajectoires entremêlées, le film explore les doutes, les insécurités et les échecs, reléguant la mode au second plan et faisant de la maladie presque le sujet principal. Si la métaphore de la couture - réparer, assembler, cicatriser - est belle, le film hésite entre fiction et quasi-documentaire, laissant une impression d’équilibre fragile. Touchant, ambitieux, imparfait : Couture n’est pas un film sur la mode. C’est un film sur les cicatrices - visibles ou non - que l’on apprend à porter.
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