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Trois films venus d'ailleurs, en salles ce mercredi

Publié le 6 septembre 2015 Par Maïlys C.
Trois films venus d'ailleurs, en salles ce mercredi

Infos pratiques

Le... 9 septembre 2015

Venus d'Iran, de Norvège ou des États-Unis, les trois films étrangers de cette semaine sélectionnés par la rédaction de Sortir à Paris ont tous un point commun : noirs et sans espoir, ils ne débouchent que sur des impasses. Les histoires racontées sont celles d'hommes et de femmes perdus entre leurs amours et la réalité du monde, difficile et âpre. À voir dès ce mercredi 9 septembre 2015.

Commençons par le plus politique : Red Rose, réalisé par l'iranienne Sepideh Farsi, raconte l'histoire de la révolte populaire provoquée par les élections usurpées de 2009 en Iran. Une jeune femme se réfugie chez un homme riche un jour de tumulte. Dès le lendemain, elle revient, puis revient encore, et devient l'amante de cet homme lassé de l'Iran qui ne quitte plus son appartement, à l'instar de la caméra qui ne s'échappe presque pas de son nid protégé. Seules incursions du réel : des posts twitter, des images prises à la volée avec un téléphone portable, des visiteurs de passage et des bruits venant du dehors. 

Notre avis : Red Rose oppose deux générations, deux idéaux politiques en désaccord. L'une est jeune et fougueuse, elle s'engage dans des manifestations dont elle revient blessée. Lui se souvient de la révolution de sa jeunesse, s'attendrit, mais rien de plus. Dégoûté des actions politiques sans conséquence et prêt à fuir, il incarne le renoncement du peuple face au pouvoir tyrannique. Cette opposition est passionnante : les scènes d'amour sont aussi violentes que les scènes de manifestation. Le politique se joue jusque dans l'intime. L'intime, voilà justement la clé de Red Rose : à la manière de Taxi Téhéran, le spectateur est enfermé avec le protagoniste principal (et privilégié) dans un lieu clos, où s'invite le réel. Une sorte de poste d'observation qui révèle toutes les complexités d'un pays. 

Dans un tout autre registre, Natür Therapy, film norvégien réalisé par Ole Giæver, raconte l'histoire d'un homme moderne tout ce qu'il y a de plus standard. Marié, un enfant, travail correct, maison charmante, Martin est un homme rangé, un homme qui s'ennuie. Un week-end, il décide de partir en randonnée seul, pour mieux se retrouver. Durant tout le film, il n'y a pas un plan qui ne se concentre sur cet homme blafard et triste ; chaque image est accompagnée de sa voix-off, exposant ses pensées qui divaguent... Et, de ses envies de branlette à la remise en question de son couple, rien ne nous est épargné.

Notre avis : Difficile de ne pas froncer le nez en entendant certaines pensées de Martin : vulgaire, trivial, cet homme semble incarné le concentré de tout ce que notre époque peut engendrer de pire. Pourtant, au détour d'un mot vulgaire et d'une pensée malsaine, Martin peut être touchant, troublant même. Sacrifié sur l'autel de la petite vie parfaite, cet homme est tout simplement en train de se rendre compte que rien, absolument rien ne lui convient. Ni sa femme, ni ses rapports avec son fils, ni son travail... Un film soigné et pertinent dont on ne sort pas indemne.

Et pour finir ce panorama de films venus d'ailleurs, Queen of Earth, réalisé par l'américain Alex Ross Perry, spécialiste des bobos-hipsters-intellos américains systématiquement en pleine dépression. Cette fois-ci, il se concentre sur la démence progressive d'une jeune fille abandonnée par son père et son petit ami au même moment de sa vie. Seule chez sa meilleure amie, elle s'enferme dans ses souvenirs et se met à halluciner.

Notre avis : Comme toujours chez Alex Ross Perry, impossible de trouver quoique ce soit d'attachant dans ses personnages imbuvables et élitistes. Il y a dans ses films quelque chose qui s'apparente fort à un mal d'amour moderne, une quête insatiable de beauté et de bonheur mais qui, en étant invariablement contrariée, ne mène qu'au dédain et à la méchanceté. Bon, pourquoi pas, quoique son style soit globalement irritant ; Queen of Earth possède par ailleurs une réalisation élégante, glaçante, comme inspirée d'un film d'horreur. C'est peut-être cela d'ailleurs une histoire d'amour qui finit mal...

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