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Scum Rodéo à la Maison des Métallos : notre critique

Publié le 17 juillet 2015 Par Marine S.
scum rodeo

Infos pratiques

Du 15 juillet 2015
Au 18 juillet 2015


94, rue Jean Pierre Timbaud
75011 Paris 11

10 euros (TR)
14 euros (TP)

La Maison des Métallos présente, jusqu’au 18 juillet 2015, Scum Rodéo, une adaptation théâtrale d’un manifeste féministe loufoque publié à la fin des années 60, le Scum Manifesto de Valérie Solanas.

Valérie Solanas est un personnage intéressant, un personnage inédit et aussi étrange que le milieu dans lequel elle évolue, l’Amérique de la Factory, de l'underground, du rock et de la Californie psychédélique, époque mise en lumière par la Maison des Métallos cet été. Abusée sexuellement petite fille, maltraitée, puis abandonnée, Valérie Solanas s’est prostituée, s’est vue dénigrée, Andy Warhol lui-même ne s’intéresse pas beaucoup à elle quand elle vient lui présenter un manuscrit (qu’il perd), même si elle jouera quand même dans 3 de ses films à la fin des années 60. Plus tard, elle finira par lui tirer trois balles dans le corps, à ce Wahrol. Il n’en mourra pas, mais cela permet de se faire une idée du personnage auquel nous avons à faire.

En 1967, avant la tentative d’assassinat sur l’homme Warhol, elle écrit un manifeste féministe, le Scum Manifesto, aujourd’hui adapté par Mirabelle Rousseau et interprété par Sarah Chaumette, actrice et compagne artistique de Stanislas Nordey pendant de nombreuses années.

Tout débute alors que le public s’installe aux différentes tables entreposées dans la salle, un verre à la maison, quelque chose à manger, même, s’il veut. C’est l’été, à la Maison des Métallos, on se détend un peu. Enfin, elle arrive, dans un pantalon beige, des cheveux attachés en chignon, des petites lunettes, un texte à la main. Sarah Chaumette débute une conférence, nous explique en quoi consiste le Scum, avec une intonation presque universitaire et ludique.

Elle nous explique que si le mâle est ce qu’il est aujourd’hui, c’est parce qu’il n’a toujours désiré qu’une chose : être une femme, fusionner avec elle (d’où la recherche incessante de sexe). Elle nous décrit l’homme comme un vide émotionnel total, qui remplit ce néant par l’argent, et le travail, créant ainsi une société qui, par définition, vu que conçue par des hommes, ne peut être que néfaste à une femme qui elle, préfère s’intéresser à des occupations passionnantes.

La solution finale, pour Solanas, serait, à terme, d’éliminer l’homme de la surface de la Terre, pour qu’enfin, la femme cesse de n’être qu’une reproductrice, et qu’on utilise les moyens à notre portée, à savoir, les machines, les banques de sperme, etc. Plus d’hommes donc, plus de masculinité, et plus de femmes soumises à ce diktat.

Le propos, absurde, parfois presque drôle, est détourné, grâce à un changement de mise en scène discret et ingénieux, en une invitation à un regroupement sectaire. Elevée sur une estrade, les cheveux en l’air grâce à une magnétisation technique, les voix modifiées façon science-fiction, Sarah Chaumette devient grand-manitou, sainte patronne des Scum, femme-déesse. Au paroxysme du jeu, elle en serait presque inquiétante, pour finalement tout relâcher, et s’en aller, au bras d’un homme, qui était entré technicien, et qui ressort serviteur de la dame.

On en ressort amusé de cette femme qui a réglé tous les problèmes du féminisme en éradiquant simplement les hommes. La mise en scène est ingénieuse, et ne nous fait jamais tomber dans un exposé hystérique. Femme ou pas femme, c’est à voir !

Infos pratiques :

Scum Rodéo, à la Maison des Métallos, jusqu'au 18 juillet 2015 à 19h.

Tarifs : de 10 à 14€

Réservations : 01 47 00 45 20

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