Vous passez devant à chaque fois que vous arpentez Montmartre et sa place du Tertre, et pourtant, on ne le voit pas ! Dans le sous-sol de l'hôtel Maison Bohème et à côté du restaurant incontournable au début du XXe siècle, se cache un joli bar à cocktails ambiance boudoir, inspiré des bars de jazz des années 1920 où l'on peut tout aussi bien déguster de bons petits plats de Julien Sebbag qu'écouter jouer le musicien de passage ce jour.
Derrière une façade aux néons rouges, qui s'illumine de de 19h à 2h les mercredis et dimanches, et jusqu’à 4h du matin les jeudis, vendredis et samedis, on descend un grand escalier de velours, avant de découvrir ce qui fut autrefois un cabaret emblématique de la Butte, qu'il était uniquement possible de privatiser ces dernières années, avant qu'il ne bénéficie d'une nouvelle jeunesse. Loin d'oublier son passé, le Nonsense mélange les visiteurs aux habits de lumière à ceux seulement venus pour boire un verre.
Dans une immense salle au plafond bas à l'atmosphère rococo, toute de rouge et de dorures vêtue, on s'installe devant la partie scène, sur des fauteuils ronds, plus pratiques pour discuter en sirotant un cocktail qu'en profitant de la food. Fascinés, on observe les luminaires ondulant comme des serpents, les miroirs en forme d'éventail et le velours à franges des fauteuils, plongés dans une autre époque, pleine de rêves.
À l'abri des regards, selon la programmation, on profite d'une soirée qui se veut un tremplin pour les jeunes musiciens, de 1920 à 2025, du rock au jazz, de la soul à la house, de la Nouvelle-Orléans à Paris. Il suffit de choisir son soir et son registre pour s'enivrer de sonorités que l'on ne rencontre pas partout et qui se rassemblent à Montmartre, à moins de préférer les nocturnes de théâtre d'improvisation, un cocktail à la main.
Parmi la dizaine disponibles (15 à 18 euros), le Lethis et sa couleur bleue sort du lot, avec son gin infusé au romarin et ses liqueurs de violette et de cerise, pour un cocktail très floral où la saveur de la violette s'impose.
Quant au Nerola Pimm's, entre kumquat et pamplemousse, il s'avère parfait si vous n'aimez pas vraiment sentir le goût d'alcool, léger presque comme un soda aux agrumes, aussi agréable que le service souriant tout au long de la soirée.
Si l'on peut facilement imaginer de la finger food pour un lieu pareil, le chef Julien Sebbag a pourtant fait le choix étonnant de véritables plats et de peu de choix, pour une carte raffinée et de qualité, de 7 à 36 euros, que vous pouvez décider de prendre à partager.
Nous avons opté pour le carpaccio de daurade (16€), très fraiche et iodée avec un fenouil qui donne un côté anisé, des grains de grenade qui pétillent en bouche et des noisettes qui apportent du croquant à un plat assez huileux.
Au menu également, l'assiette de rigatoni à la truffe (36€), au goût subtil et relevé, bien loin des plats où l'on ne sent que le champignon parfois écœurant. Des plats excellents que l'on vous recommande sans aucun doute et qui valent la peine, à l'image des cocktails, la carte misant avant tout sur l'ambiance et le salé plutôt que sur les desserts, très peu nombreux avec un crumble à la poire ou un fondant au chocolat.
Attention, n'oubliez pas de réserver à l'avance au risque de rester coincé devant l'établissement sans pouvoir rentrer, dans ce lieu hybride et un peu secret, où chacun trouve un peu de ce qu'il est venu chercher, de l'ambiance cabaret à l'offre culinaire. Voilà un lieu nocturne qui manquait à Montmartre, parfait pour se laisser surprendre, à la fois moderne, vivant et fidèle à son esprit d'antan.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Ce test a été réalisé dans le cadre d’une invitation professionnelle. Si votre expérience diffère de la nôtre, merci de le signaler.
Lieu
Cabaret de la Bohème
3 Rue du Mont-Cenis
75018 Paris 18
Tarifs
Food : 7€ - 36€
Cocktails : 15€ - 18€
Site officiel
www.instagram.com











































