Un week-end à Beauval en famille avec des adolescents, cela peut faire hésiter. À partir d’un certain âge, un zoo n’est pas toujours la promesse d’un enthousiasme immédiat. Nous sommes donc partis vérifier, au printemps 2026, si le ZooParc de Beauval tenait toujours ses promesses lors d’un séjour de 48 heures avec deux ados de 14 et 16 ans. Verdict : le test a largement été concluant.
Depuis la porte d’Orléans, il faut compter un peu plus de deux heures de route pour rejoindre Beauval via l’A10, l’A71 puis l’A85, pour environ 220 kilomètres. Le train jusqu’à Saint-Aignan–Noyers peut aussi constituer une option crédible, avec un trajet d’environ 2h10 à 2h35 selon les liaisons, mais il faut ensuite gérer un dernier transfert de 8 kilomètres jusqu’au parc, la navette n’étant pas assurée tous les jours.
En pratique, pour une famille avec bagages, affaires d’enfants et logistique de week-end, la voiture reste la solution la plus souple. D’autant plus que l’hôtel Les Pagodes de Beauval propose un parking gratuit, à seulement sept minutes à pied de l’entrée du parc. Une fois arrivés en fin de matinée, le dépaysement commence immédiatement.
Dès l’arrivée sur le parking, le décor donne le ton. Toitures relevées, lions de pierre, ponts de marbre, jardins soignés, vases en porcelaine, statues et passerelles : l’établissement assume pleinement son inspiration chinoise. Le parti pris thématique se prolonge dans les couloirs comme dans les chambres, avec des éléments de décoration réalisés à la main par des artisans chinois.
Les enfants ont immédiatement accroché au côté « hôtel de film », et l’effet fonctionne. Avec ses 127 chambres, son restaurant, son bar, sa piscine-lagon extérieure et son aire de jeux, Les Pagodes a été pensé pour les séjours familiaux. Nous avons testé une chambre quadruple avec antichambre et lits superposés pour les enfants, mais l’hôtel propose aussi des configurations doubles, triples et jusqu’à cinq personnes, avec possibilité de lit bébé.
Les chambres Confort, mansardées, offrent un effet cocon appréciable après une longue journée de marche, tandis que les catégories Supérieure bénéficient d’un balcon et de davantage de lumière. Bonne surprise : la thématisation ne s’arrête pas à la façade. L’ambiance est soignée jusque dans les chambres, avec un rendu plus chaleureux qu’attendu. Quelques éléments paraissent un peu datés par endroits, notamment dans certaines finitions, mais sans nuire au confort global du séjour.
Le grand avantage de l’hôtel reste toutefois sa logistique. Après une journée entière dans le parc, pouvoir rentrer à pied, profiter de la piscine en saison, dîner sur place puis monter se coucher sans reprendre la voiture change vraiment l’expérience. Le restaurant Le Sichuan propose un buffet à volonté, tandis que le bar Le Shanghaï ouvre chaque après-midi. Pour un week-end à Beauval, cette simplicité est un vrai plus.
Concernant le bruit, certains avis en ligne mentionnent des nuisances, mais nous n’avons rien relevé de gênant, ni le soir ni au petit matin. Pour les voyageurs au sommeil léger, mieux vaut malgré tout privilégier une chambre côté jardin.
Le ZooParc de Beauval, c’est 35 000 animaux, 800 espèces, 22 territoires et 45 hectares à parcourir. Le parc est ouvert tous les jours de l’année dès 9h, et recommande lui-même une visite sur deux jours. Ce conseil nous semble justifié : vouloir tout faire en une seule journée oblige à survoler une grande partie du site.
Le printemps 2026 marque surtout un moment particulier dans l’histoire du parc. Le 4 avril 2026, Beauval a inauguré deux nouveaux territoires majeurs : Bucolia et Les Terres Rouges. Deux univers très différents, qui participent clairement au renouvellement de l’expérience.
Installé à l’emplacement de l’ancienne mini-ferme, le territoire des Terres Rouges s’étend sur 4 500 m² et plonge les visiteurs dans une ambiance de bush australien. On y croise des kangourous roux, des émeus, des wallabies des rochers, des wallabies de Parma, et surtout des wombats, espèce encore unique en France.
C’est l’une des vraies nouveautés marquantes du parc. Le territoire fonctionne particulièrement bien avec les adolescents, justement parce qu’il propose quelque chose de rare et de très visuel. Le passage dans l’enclos des kangourous, séparé du public par une simple clôture basse, ajoute une vraie dimension immersive. Dans notre cas, cela a clairement fait partie des moments forts du séjour.
À l’opposé de l’univers australien, Bucolia développe une approche plus sensible et plus familière. Derrière la gare de la télécabine des éléphants, ce nouvel espace d’un hectare s’inspire des villages de Sologne et du Berry pour mettre en valeur des races domestiques anciennes, parfois menacées de disparition.
On y découvre notamment des moutons solognots, des ânes grand noir du Berry, des chèvres poitevines, des chèvres cou clair du Berry, des poules de Houdan ou encore des poneys Shetland. Le projet ne s’arrête pas à la simple observation animalière : il inclut aussi le restaurant Au Canard Toqué, la boutique Du Coq à l’Âne, un carrousel 1900, des jeux d’eau et plusieurs terrasses ombragées.
L’ensemble repose sur une idée simple : faire naître l’émotion par la proximité, le toucher, l’odeur et l’expérience vécue. Et cela fonctionne. Même avec des adolescents, que l’on aurait pu croire moins réceptifs à cet univers, Bucolia a créé de vrais moments d’adhésion. Beauval rappelle ici qu’un parc animalier peut aussi toucher par le familier et pas seulement par l’exotisme.
Les deux grands spectacles du parc sont bien installés dans l’offre printanière. Les Maîtres des Airs rassemble près de 600 oiseaux dans un vaste hémicycle de 3 000 places. Mais la grande nouveauté 2026 concerne surtout L’Odyssée des Lions de Mer, relancée le 21 mars dans une version totalement repensée.
Cette nouvelle formule se veut plus immersive, avec des projections sur écran géant au-dessus de la scène et un discours pédagogique renforcé autour des otaries de Californie et de la protection des océans. Le résultat est nettement plus contemporain et plus convaincant qu’un simple spectacle animalier. C’est d’ailleurs l’un des temps forts qui a le plus plu aux adolescents.
Côté animations, la Maison Beauval Nature continue de proposer jeux, expositions et temps forts jusqu’à la mi-juin. Le parc introduit aussi un nouveau service de confort, le Pass Zen, proposé à partir de 15 € par personne dès 3 ans. Il comprend un accès prioritaire aux deux spectacles, deux passages coupe-file pour la télécabine Le Nuage de Beauval et des avantages dans deux restaurants du parc, dont le nouveau Canard Toqué. Pour un séjour dense sur un week-end, c’est une option qui peut réellement faire gagner du temps.
Enfin, le parc dispose de 23 points de restauration, avec une offre partiellement variable selon la saison. En avril, une quinzaine d’adresses sont ouvertes, ce qui permet d’éviter le déjeuner improvisé et de mieux rythmer la journée.
Impossible d’évoquer Beauval sans parler des pandas géants. Le couple historique Huan Huan et Yuan Zi a quitté le parc le 25 novembre 2025 pour rejoindre la Chine, pour des raisons de santé. Cette page se tourne, mais l’histoire des pandas à Beauval continue avec leurs jumelles, Yuandudu et Huanlili, nées en 2021, qui restent présentes au parc au moins jusqu’en janvier 2027 dans le cadre de l’accord de coopération avec la Chine.
Pour les visiteurs qui reviennent après plusieurs années, il faut donc savoir que les adultes historiques ne sont plus là, mais que deux pandas géants restent toujours visibles aux Hauteurs de Chine.
Autre actualité majeure : les singes dorés. Beauval est devenu en 2025 le premier parc au monde hors d’Asie à accueillir cette espèce extrêmement rare. Et le printemps 2026 a déjà marqué l’histoire du site avec deux naissances exceptionnelles : celle du premier bébé singe doré né hors d’Asie le 11 mars 2026, puis une seconde naissance le 2 avril. Ce sont clairement des événements qui renforcent encore le caractère unique du parc à l’échelle internationale.
Après ce séjour, voici l’organisation que nous recommanderions pour profiter au mieux d’un week-end sur place.
Jour 1 : arrivée aux Pagodes avant midi, dépôt des bagages, déjeuner rapide, puis entrée dans le parc en début d’après-midi. Ce premier temps peut être consacré aux grands territoires historiques : le Dôme Équatorial, la Réserve des Hippopotames, la Terre des Lions, la Grande Volière Sud-Américaine et les Hauteurs de Chine pour les pandas. L’idéal est de caler aussi un spectacle, avec une préférence pour L’Odyssée des Lions de Mer. Retour à pied à l’hôtel, piscine si la météo le permet, puis dîner au Sichuan.
Jour 2 : arrivée dès l’ouverture aux Terres Rouges, moment où les wombats sont les plus actifs, puis passage à Bucolia avant l’affluence de la mi-journée. Déjeuner au Canard Toqué, puis après-midi plus souple pour revoir certaines zones, prendre la télécabine, observer les singes dorés ou prolonger la visite côté gorilles. Selon le rythme de chacun, le départ peut se faire en fin de journée ou laisser place à une nuit supplémentaire pour explorer les environs, comme Chenonceau, Valençay, Montrésor ou Saint-Aignan.
Le bilan est très positif. Les Pagodes de Beauval ne cherchent pas à être un hôtel de luxe contemporain, et ce n’est pas leur proposition. L’adresse joue plutôt la carte d’un hébergement thématisé, chaleureux, familial et très efficace sur le plan pratique. Pour un séjour à Beauval, l’équilibre entre immersion et logistique nous semble particulièrement réussi.
Quant au parc, il ne se contente plus d’entretenir sa réputation. Il continue à se renouveler. Les nouveaux territoires, le spectacle modernisé, les naissances historiques et l’amélioration de l’offre de confort donnent à ce printemps 2026 une densité rare. Beauval ne se résume plus à un grand zoo français : c’est désormais une destination complète, cohérente, familiale sans être infantile, spectaculaire sans être superficielle.
Le ressenti des adolescents résume assez bien l’expérience. L’aînée, pourtant peu enthousiaste au départ, a surtout reconnu avoir été épuisée d’avoir trop marché. Le plus jeune, plus réservé, a simplement conclu que c’était « vraiment bien ». Dans une famille avec ados, c’est déjà un excellent indicateur.
Ce type de séjour s’adresse en priorité aux familles avec enfants de 5 à 16 ans, et fonctionne particulièrement bien avec des adolescents, à condition qu’ils acceptent le principe d’un week-end plus tourné vers l’observation que vers les écrans. Il convient aussi très bien aux couples curieux, aux grands-parents voyageant avec leurs petits-enfants, aux amateurs de photographie animalière et plus largement à ceux qui recherchent une escapade marquante à courte distance de Paris.
En revanche, l’expérience conviendra moins à ceux qui attendent un parc d’attractions à sensations. Beauval n’est pas pensé comme tel. Le site peut aussi se révéler fatigant pour les très jeunes enfants, tant les distances sont importantes. Les personnes à mobilité très réduite devront également avoir en tête que le parc est vaste, vallonné et que la télécabine ne couvre qu’une partie du parcours. Enfin, ceux qui supportent mal la foule auront tout intérêt à privilégier le printemps hors ponts de mai, plutôt que la haute saison estivale.
La comparaison avec Disneyland Paris revient souvent, mais les deux destinations ne jouent pas du tout sur le même terrain. Disneyland repose sur un univers fictionnel, des licences mondialement connues, des attractions, des parades et une expérience très scénarisée. On y va pour entrer dans une histoire déjà familière, au prix d’un budget généralement plus élevé et d’une fréquentation souvent plus dense.
Beauval propose l’inverse. Ici, le décor est réel, les animaux sont bien là, et l’émotion repose sur la découverte, l’observation et la surprise. Le rythme est plus contemplatif, plus éducatif aussi. Le budget reste plus accessible à prestation comparable, notamment pour un séjour avec nuit sur place. La restauration, sans être bon marché, demeure également plus raisonnable.
Au fond, la vraie différence réside dans la nature de l’émotion. Disneyland joue sur la reconnaissance et la nostalgie. Beauval joue sur la découverte et l’émerveillement face au vivant. Ce n’est pas mieux ni moins bien, c’est une autre promesse. Dans notre cas, la nature a clairement remporté le match.
Oui, Beauval vaut le déplacement depuis Paris au printemps 2026. Oui, l’hôtel Les Pagodes constitue une très bonne adresse pour profiter du séjour dans les meilleures conditions. Et oui, l’ensemble forme l’une des escapades familiales les plus convaincantes de l’année à courte distance de la capitale.
Avec ses nouveautés 2026, ses temps forts animaliers, ses spectacles renouvelés et sa capacité à séduire aussi bien les adultes que les adolescents, Beauval confirme qu’il est bien plus qu’un simple parc zoologique. C’est une destination de week-end à part entière, pensée pour laisser de vrais souvenirs.
Dates et Horaires
Prochains jours
Jeudi :
de 9h à 19h30
Vendredi :
de 9h à 19h30
Samedi :
de 9h à 19h30
Dimanche :
de 9h à 19h30
Lundi :
de 9h à 19h30
Mardi :
de 9h à 19h30
Mercredi :
de 9h à 19h30
Lieu
ZooParc de Beauval
Avenue du Blanc
41110 Saint Aignan
Site officiel
www.zoobeauval.com
Réservations
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