Déconfinement et travail : open spaces, désinfection... un retour en entreprise très encadré

Par Caroline J. · Publié le 4 mai 2020 à 10h02 · Mis à jour le 4 mai 2020 à 13h35
Alors que de nombreux français se posent des questions sur l’après 11 mai, le ministère du Travail a présenté son plan de déconfinement autour de la reprise progressive du travail pour les entreprises du privé. Port du masque, nouvelles règles dans les open spaces, désinfection des locaux ou encore nombre de personnes limité dans les ascenseurs... on fait le point.

Comment va se dérouler la reprise du travail une fois le confinement terminé ? Quelles seront les consignes sanitaires mises en place par les entreprises du secteur privé pour protéger leurs salariés ? Pourra-t-on poursuivre le télétravail ? De nombreuses questions restent encore sans réponse alors que certains secteurs économiques comptent reprendre progressivement leur activité à compter du 11 mai.

Le ministère du Travail a donc publié son protocole national de déconfinement afin d'aider les entreprises du privé à se préparer au mieux à cette étape cruciale.  

Le casse-tête des open spaces : un espace minimum de 4 m² par salarié

Ils ont fait la joie de nombreux employeurs mais révèlent aujourd’hui leurs limites. Les open spaces, ces grands espaces de travail où sont installés les salariés, souvent collés les uns aux autres, devront s’adapter au plan de déconfinement du gouvernement.

Ainsi, selon le protocole du ministère du Travail, un espace minimum de 4 m² par salarié dans les bureaux et les commerces doit être respecté. Par exemple un open space de 100 m² ne doit pas accueillir plus de 25 personnes. Une règle de distanciation physique qui s’applique aussi bien dans les bureaux que dans les couloirs, les sanitaires, la cafétéria ou encore les ascenseurs.

Aussi, il est demandé de limiter le nombre de personnes dans les ascenseurs. Interdiction donc de monter à plus de deux dans un ascenseur de 8 m² et une seule personne est autorisée dans un ascenseur plus petit.

Dans l’impossibilité de mettre en place cette distanciation physique, il est demandé de porter obligatoirement un masque.

Désinfection des locaux et portillons d’accès condamnés

Autre consigne ? Les portillons d’accès doivent être condamnés afin d’éviter que les salariés les touchent à chaque passage. Autrement, du gel hydroalcoolique doit être distribué par l’entreprise en entrée et en sortie.

Les entreprises devront aussi être en mesure de répondre à des règles de nettoyage très strictes. Les locaux doivent être désinfectés tous les jours. Quant aux objets ou mobiliers régulièrement en contact avec les mains des salariés (poignées de porte, sanitaires, interrupteurs, rampes d'escalier, surface des bureaux...), il est demandé une désinfection à raison de plusieurs fois par jour.

Pas de prise de température obligatoire et campagnes de dépistage du Covid-19 interdites

En revanche, la prise de température des employés à l’entrée de leur lieu de travail est exclue. Par conséquent, l’entreprise ne peut pas forcer un employé à se soumettre à ce contrôle de température.

Enfin, le plan de déconfinement du ministère du Travail pour les entreprises du privé interdit les campagnes de dépistage du Covid-19. En cas de symptômes du coronavirus, seuls les médecins du travail et les médecins traitants seront en mesure de prescrire un test. En cas de non respect, l'employeur engagerait sa responsabilité pénale.

Les recommandations de Muriel Pénicaud 

On rappelle que, le 22 avril, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, avait déjà évoqué quelques recommandations en vue du déconfinement, rappelant l’importance des gestes barrières. « On ne peut pas reprendre une activité sans mettre en place de gestes barrières » a-t-elle confié. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle plusieurs fiches conseils, éditées par le ministère du Travail, sont disponibles en ligne afin d’aider les salariés et les employeurs à se protéger contre le Covid-19 sur leur lieu de travail.

Outre les consignes sanitaires, Muriel Pénicaud a indiqué qu’“il faudra beaucoup travailler sur les questions d’organisation en termes d’horaires de travail” expliquant que “l’accès aux transports en commun va être une question clé du rythme de la reprise.”.

Comme l’a déjà évoqué Valérie Pécresse, Présidente de la Région île-de-France, Muriel Pénicaud préconise un prolongement du télétravail pour celles et ceux qui le peuvent. “Il ne faut pas qu’ils reviennent tous en travail physique à temps plein immédiatement. Un salarié peut très bien être en télétravail et venir un ou deux jours par semaine, par rotation, pas le même jour que d’autres”, a-t-elle indiqué.

Autre recommandation de la ministre ? La mise en place d’horaires décalés pour les salariés qui se rendent physiquement sur leur lieu de travail.

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