Convention citoyenne pour le climat : Macron justifie les retards par la crise sanitaire

Par Alexandre G. · Publié le 9 octobre 2020 à 13h33 · Mis à jour le 9 octobre 2020 à 13h35
Le président Emmanuel Macron envisage de reporter certaines mesures entérinées avec les 150 citoyens ce la Convention citoyenne pour le climat, organisée en juin dernier. En cause, les conséquences de la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19.

Emmanuel Macron essaierait-il de "détricoter" les mesures de la Convention citoyenne pour le climat ? C'est en tout cas ce que le président de la République a laissé entendre, mercredi 7 octobre 2020, lors d'une interview donnée au JT de 20 heures de TF1 et France 2. À peine trois mois après la livraison du rapport final. 

En effet, le chef de l'État a avoué qu'il faudrait d'après lui "peut-être prendre un peu plus de temps" pour la mise en application des 146 mesures votées lors de la Convention citoyenne pour le climat. Une initiative inédite, organisée d'octobre 2019 à juin 2020, et qui a réuni 150 citoyens pour proposer des mesures efficaces afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, "dans une logique de justice sociale". C'est après la crise des "gilets jaunes" que le président Macron avait souhaité convoquer cette convention. 

Sauf qu'entre temps, la Covid-19 est passée par là. Si le président nie pour l'instant tout "renoncement", la sauvegarde de certains secteurs clés de l'économie française comme l'aéronautique ou le tourisme reste la véritable priorité à ses yeux. Avant de se jeter dans la transition écologique promise depuis plusieurs mois par l'exécutif, le président estime que cette dernière "ne peut être menée que si on arrive à réconcilier nos concitoyens, c'est-à-dire à rassurer les gens à qui on demande des changements profonds, à accompagner les secteurs à qui on demande des changements rapides". Autrement dit : l'accompagnement passe par le temps long. Et l'économie passe avant l'écologie. Du moins, l'une ne saurait se passer de l'autre.

D'ailleurs, la ministre de Transition écologique ne saurait dire mieux : "on va essayer de repousser les propositions un tout petit peu dans le temps, pour les appliquer au moment où le secteur aura un petit peu repris son souffle", avance Barbara Pompili au micro de France Info. Avant de rassurer sur le fait que "les arbitrages ne sont finis en rien". Pourtant, les petites phrases distillées par l'exécutif depuis plusieurs jours laissent présager un vrai sursis pour les entreprises des secteurs les plus polluants. Difficile d'imaginer de nouvelles contraintes dans des secteurs lourdement touchés par l'épidémie.  

Néanmoins, les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC), représentés aujourd'hui par l'association "Les 150", ne se laissent pas prendre au dépourvu et s'attendent à voir d'autres "jokers" dégainés par l'exécutif. "On a entendu les difficultés, on n'est pas naïfs, on comprend les enjeux", précise Grégoire Fraty, co-président de l'association à l'AFP. "La seule chose qu'on demande, c'est la transparence et la clarté", affirme-t-il. Côté opposition, le président de Greenpeace France, Jean-François Julliard, accuse "une manoeuvre de plus de la part du gouvernement pour ne pas mettre en oeuvre les propositions" de la convention soutient-il dans un post Twitter. Pour l'heure, aucune décision n'a été actée concernant les 146 mesures de la CCC. 

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