Environnement : ce que l’élection de Joe Biden va changer

Par Caroline J. · Publié le 20 novembre 2020 à 16h42 · Mis à jour le 20 novembre 2020 à 16h43
Joe Biden l’avait promis. Récemment élu à la tête des États-Unis, il devrait rejoindre les accords de Paris sur le climat une fois investi le 20 janvier 2021. Et le démocrate compte bien faire appliquer son programme écologique. Parmi ses propositions de campagne ? Développer les énergies renouvelables, atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2035 ou encore garantir de façon permanente la protection d'une zone de l'Arctique… Mais le 46e président des États-Unis arrivera-t-il à tenir ses promesses face à un Sénat où la majorité pourrait bien être républicaine ?

« Aujourd’hui, l’administration Trump a officiellement quitté l’Accord de Paris. Et dans exactement 77 jours, l’administration Biden le rejoindra » avait déclaré Joe Biden sur son compte Twitter le 4 novembre dernier avant d’être finalement déclaré vainqueur de l’élection américaine le 7 novembre 2020.

Une annonce qui avait soulagé de nombreuses associations de protection de l’environnement outre-Atlantique, ailleurs dans le monde. Mais les promesses de campagne de Joe Biden ne s’arrêtent pas à cet accord de Paris. Le 46e président des États-Unis a en effet placé la protection de l’environnement et le changement climatique au cœur de son programme.

Parmi ses priorités de chantier ? La transition écologique pour laquelle Joe Biden compte investir 2.000 milliards de dollars au cours des quatre prochaines années. « Je me détournerai progressivement de l’industrie pétrolière, oui. J’arrêterai parce que l’industrie pétrolière pollue considérablement » avait ainsi déclaré Joe Biden le 22 octobre, lors du dernier débat qui l’opposait à Donald Trump.

Le plan du démocrate vise notamment à investir « dans les infrastructures intelligentes pour reconstruire la nation et pour garantir que nos bâtiments, nos infrastructures d’eau, de transport et d’énergie puissent résister aux impacts du changement climatique ». Outre un programme de construction de logements basse consommation, le nouveau président des États-Unis compte également encourager les Américains à acheter des véhicules propres, par exemple en déployant plus de 500 000 nouvelles bornes de recharge publiques pour les véhicules électriques d'ici fin 2030. Un défi qui s’annonce difficile si l’on regarde les ventes de véhicules électriques et hybrides en baisse de 6,8% entre 2018 et 2019 aux Etats-Unis .

Autre chantier important : la réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Joe Biden se fixe pour objectif d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. Comment ? En développant notamment les biocarburants et en doublant l'éolien offshore d'ici 2030.

Derrière ces propositions pour une transition écologique, Joe Biden espère la création de dix millions d’emplois dans ce secteur. À l’heure actuelle, trois millions d’Américains travaillent dans le domaine des énergies renouvelables.

Enfin, Joe Biden s’est aussi engagé à préserver des zones protégées de l’Arctique, dont l'Arctic National Wildlife Refuge en Alaska, en y interdisant les prospections et les forages. Il compte aussi créer des parcs nationaux ou encore interdire les nouveaux permis de pétrole et de gaz sur les terres et les eaux publiques.

On rappelle que les États-Unis sont le deuxième plus gros pollueur au monde. Ils émettent environ 15 % du CO2 de la planète. Il s’agit aussi du premier producteur de pétrole et de gaz au monde.

Des ambitions écologiques freinées par Donald Trump ?

Ces derniers jours, Donald Trump, officiellement encore président des États-Unis jusqu’à l'investiture de Joe Biden, fixée le 20 janvier 2021, multiplie les procédures pour freiner le programme écologique de son adversaire. Le républicain a notamment lancé la procédure de vente de concessions pétrolières et gazières dans une zone de l’Arctique où vivent en autres des ours polaires. Si le Sénat s’avérait être majoritairement républicain, cela ne faciliterait pas non plus la tâche à Biden.

On rappelle que Donald Trump détient un bilan écologique proche de zéro… Le 1er juin 2017, le président sortant avait provoqué la colère de beaucoup en annonçant le retrait unilatéral et isolé des États-Unis des Accords de Paris sur le climat. Il avait aussi demandé au Congrès de réduire de 72% le financement des énergies renouvelables pour le budget 2018.

Face à un président, climatosceptique et totalement désintéressé de l’urgence climatique, de nombreuses ONG environnementalistes avaient d’ailleurs pour habitude d’attaquer les décisions prises par l’administration Trump ; qu’il s’agisse de la fin des restrictions sur le rejet de déchets industriels à l’annulation de limites d’émissions de polluants par les véhicules.

Ces dernières années, on rappelle que les catastrophes naturelles, liées au dérèglement climatique, se sont multipliées aux États-Unis : sécheresse, incendies en Californie, cyclones, tempêtes, inondations… depuis le début de l’année, 16 catastrophes liées au réchauffement climatique ont été recensées. 

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