Présidentielle 2022 : Jean-Luc Mélenchon veut rétablir le service militaire obligatoire

Par Cécile D. · Publié le 30 novembre 2020 à 15h08 · Mis à jour le 30 novembre 2020 à 15h08
Déjà déclaré candidat à l'élection présidentielle 2022, Jean-Luc Mélenchon a présenté une première promesse de campagne : le chef du parti La France Insoumise veut rétablir le service militaire obligatoire pour tous.

Jean-Luc Mélenchon, leader du groupe La France Insoumise et candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2022, a accordé une interview au quotidien L'Opinion. Le député y présente son programme pour la défense nationale du pays. Parmi ses idées phares, le rétablissement d'un service militaire obligatoire.

« Je suis partisan de la conscription et je me suis opposé au fait qu'elle soit suspendue [en 1996] », rappelle Jean-Luc Mélenchon. Le leader de la France Insoumise estime que « la défense populaire passive et armée reste une nécessité ». Pour lui, le pays doit disposer d'une main d'œuvre mobilisable rapidement et formée. « Nous faisons face désormais à d’autres menaces et dangers. Notamment venant du dérèglement climatique », prédit le candidat.

Jean-Luc Mélenchon prend l'exemple de la tempête Alex et des dégâts qu'elle a causé pour soutenir son propos : « si nous avions plusieurs événements de ce type en même temps, il y aurait besoin d'un effort collectif. On ne peut pas se payer la réparation de la France au prix du marché. Donc, on sera obligé de demander la contribution des jeunes Français », juge le député insoumi.

Le service militaire obligatoire pourrait même aider à réconcilier la police et la population, selon Mélenchon. Si ce projet n'est pour le moment pas encore bien formé, il envisage d'envoyer les conscrits en mission dans la police : « Cela changerait le regard de la population sur sa police et changerait les pratiques internes de celle-ci. Le racisme et la violence y reculeraient. Quand les enfants du peuple sont quelque part tout change », assure-t-il.

Le candidat à la présidentielle de 2022 reconnaît cependant que son idée ne séduit pas tout le monde, même au sein de son parti politique : « je ne suis pas certain que tous les Insoumis soient d'accord avec [ce projet] ». Jean-Luc Mélenchon ne précise pas non plus ce qu'il adviendrait du Service national universel, mis en place par Edouard Philippe en 2019.

Un plan de défense plus nationaliste

Le député s'est également positionné sur les alliances militaires mondiales et l'armement nucléaire. Concernant ce dernier, la dissuasion nucléaire reste, pour Jean-Luc Mélenchon, « un outil irremplaçable aussi longtemps qu’il n’y a pas d’alternatives militaires. Pour autant, je suis favorable au Traité d’interdiction des armes nucléaires approuvé par l’Assemblée générale des Nations Unies. Mais il ne peut pas être question de demander aux Français de désarmer les premiers. Il faut que ce soient ceux qui ont le plus d’armes nucléaires qui commencent, c’est-à-dire les Etats-Unis et la Russie. »

Le candidat n'est d'ailleurs pas tendre avec les Etats-Unis, qu'il peine à reconnaître comme des alliés : « cessons de nous rabâcher que nous avons des valeurs en commun avec les Nord-Américains ! Ce n'est pas vrai que nous défendons les mêmes principes. » Il souhaiterait même quitter l'Otan, qu'il juge être « une alliance incertaine » où l'on trouve « des gens qui peuvent être des adversaires ou des ennemis. »

Jean-Luc Mélenchon veut aussi exercer plus de contrôle sur l'industrie de défense : « La France doit être indépendante ! » Pour être capables de nous défendre par nous-mêmes, nous devons « produire nous-même les armements nécessaires ». « Quant aux ventes d'armes, elles devraient être soumises à l'autorisation du Parlement », insiste-t-il.

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