Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo annonce "Je prendrai ma part"

Par Alexandre G. · Publié le 21 novembre 2020 à 17h27 · Mis à jour le 21 novembre 2020 à 17h31
La maire de Paris a le vent favorable pour se lancer dans la course à la présidentielle 2022. Ecologiste, féministe, social-démocrate, Anne Hidalgo semble avoir le profil idéal pour rassembler une gauche fracturée par les divisions. Même si pour l'instant elle s'y refuse, un projet en adéquation avec ses valeurs pourrait faire pencher la balance et la convaincre de se lancer à l'assaut de l'Élysée. Ce qui ne ferait même grincer des dents le président Macron.

Anne Hidalgo annonce ce samedi 21 novembre 2020 prendre part à l'élection présidentielle de 2022, sur l'antenne de BFMTV "Je ne veux pas qu'on rentre dans l'élection de 2022 en se disant «il n'y a pas d'autre alternative» et «les 3 candidats en place on les connaît déjà»." déclare la maire socialiste. 

La maire de Paris avait déjà fait sa rentrée politique avec perte et fracas. Dans un entretien accordé au Point ce jeudi 17 septembre 2020, la maire de Paris évoque son avenir à Paris, et ailleurs. La gauche française, en pleine reconstruction, se cherche des leaders avant l'échéance suprême des présidentielles, en 2022. Et il s'avère qu'Anne Hidalgo semble parfaitement correspondre au profil recherché par ses amis socialistes et écologistes.

Avant d'être élue pour son second mandat à la tête de la municipalité parisienne, Madame la Maire de Paris est parvenue à signer un accord avec Europe-Écologie les Verts. Ce qui lui a permis d'être élue avec une large majorité, faisant taire ses détracteurs. De quoi assoir sa domination sur l'Hôtel de Ville. Et pourquoi pas, partir favorite avant le grand rendez-vous de la présidentielle en 2022 ? En tout cas, Anne Hidalgo ne souhaite pas fuir ses responsabilités si son camp a besoin d'elle. 

D'ailleurs, elle l'avoue à demi-mot lors de l'entretien. "Je prendrai toute ma part dans la bataille qui s'annonce", affirme-t-elle. Forcément, la maire de Paris tient surtout à rappeler que "les Parisiens ont besoin de leur maire", et qu'après tout, elle "a été élue pour ça". Il s'agit aussi de "ne pas brûler les étapes", souligne l'élue socialiste. L'objectif prioritaire avant 2022 selon elle ? Définir "le projet que les sociaux-démocrates et les écologistes doivent bâtir", avant tout. Pour elle, "les divisions, ce n'est pas ce qui fera gagner la gauche". C'est pourquoi elle insiste sur le fait qu'elle ne "participera pas à un combat de coqs". Sans doute une référence discrète à l'omniprésence des candidats masculins favoris pour partir à la conquête de l'Élysée

Effectivement, quand on liste les candidats de la gauche branche socialiste, aucune femme ne sort du lot. Laurent Berger, Nicolas Hulot, Benoit Hamon, Yannick Jadot, Mélenchon ou Cazeneuve... Autant d'hommes qui pourraient reprendre le flambeau, mais qui ne caracolent pas en tête des sondages. D'après une récente étude d'opinion Ipsos réalisée pour Le Point, c'est bien la maire de Paris et le président des Insoumis qui arrivent en tête des intentions de vote. L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve vient compléter le tableau. Chez les sympathisants LFI et communiste, Anne Hidalgo obtient 38% d'avis favorables, 37% pour les électeurs EELV et socialistes

Reste que ces bons scores dans les sondages d'opinion déclenchent les craintes. Même au plus haut sommet de l'État. Quelques jours après l'interview du Point, France Info révèle qu'Emmanuel Macron en personne ainsi que certains des cadres de La République en Marche s'inquiètent de l'éventuelle présence d'Anne Hidalgo aux prochains présidentielles. Aussi, les proches du président glissent aux oreilles des journalistes qu'il "ne l'aime pas",  et que "à force de lui mettre des coups, Emmanuel Macron va finir par en faire une candidate" affirment-ils. L'un des dirigeants du parti de la majorité souligne même qu'Anne Hidalgo "représente un risque réel". 

Pour l'heure, rien ne sert de courir : il faut partir à point. Avant de se déclarer officiellement dans la course à la prochaine présidentielle, l'hypothétique candidate souhaite "bâtir une démocratie vivante", qui permettrait "d'associer les citoyens à la décision politique". Concrètement, elle se prépare à lancer "bientôt une initiative avec les maires sociaux-démocrates européens" pour construire un projet unissant les "sociaux-démocrates et les écologistes". Un atout européen de plus dans sa manche. Pour une ambition seulement parisienne ? Rien n'est moins sûr.

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