Paris : la Mairie va tester le "revenu universel"

Par Alexandre G. · Publié le 18 janvier 2021 à 16h37 · Mis à jour le 18 janvier 2021 à 16h37
En pleine crise sanitaire et économique dû à la pandémie du Covid-19, la mairie de Paris annonce le lancement d'une conférence citoyenne "au 2e semestre 2021", dont l'objectif sera de réfléchir à la mise en place d'un revenu minimum garanti pour les Parisiens. Une promesse de campagne d'Anne Hidalgo, qui reste tout de même suspendue aux "conditions sanitaires" liées à l'épidémie.

Le revenu universel, bientôt une réalité à Paris ? C'est en tout cas ce qu'indique la maire adjointe Léa Filoche à CNEWS, ce dimanche 17 janvier 2021. D'après l'adjointe chargée de la solidarité à la mairie de Paris, le projet de mettre en place un revenu minimum garanti (ou "revenu universel") doit démarrer "au 2e semestre 2021", avec la création d'une conférence citoyenne qui devra trancher à ce sujet.

Ainsi, la promesse de campagne d'Anne Hidalgo pourrait voir le jour "en 2022" confie l'adjointe au journal web. Pour l'heure, rien n'est écrit concernant ce projet. Justement, la conférence citoyenne aura la lourde tâche de réfléchir au meilleur moyen de pérenniser cette première expérience. À la différence de la proposition peu ou prou similaire, formulée par Benoît Hamon lors de la précédente campagne présidentielle, l'instauration du revenu minimum garanti devrait cette fois se limiter à une zone géographique limitée : Paris. Ou à certaines catégories de population, rien n'est encore définitif. 

D'ailleurs, ce n'est pas la seule contrainte à prendre en compte pour les élus et citoyens en charge de la concrétisation du projet. Selon la maire adjointe, le revenu universel pourrait soit remplacer intégralement les aides déjà existantes, soit venir s'ajouter aux différentes allocations, soit concerner seulement une catégorie de personnes. Comme pour les "18-25 ans", non-bénéficiaires du RSA à l'heure actuelle, ou pour les habitants d'un même quartier. "Par exemple au profit d'un ensemble de logement social", propose l'élue. Pour appuyer ses propos, Léa Filoche donne les autres exemples locaux où la mesure a été testée : Londres, avec 3000 livres données à des sans-abri, ou encore Grande-Synthe, ou la mesure est expérimentée depuis mai 2019.

Si le calendrier est fixé, les données concrètes sont encore évolutives. Pour le moment, aucun des derniers budgets prévisionnels ne prend en compte l'expérimentation de la mesure. "Nous prendrons l'année pour observer ce qui a été mis en place ailleurs et réfléchir à ce qui est le plus pertinent à faire. C'est un sujet très intéressant pour beaucoup de gens, mais utopique pour beaucoup d'autres", confie-t-elle. En ce sens, elle promet que son équipe va "travailler à le rendre concret".

Au fond, Léa Filoche, le groupe Génération.s et les alliés écologistes entendent surtout tenter de "changer la relation au travail, et de modifier le rapport de force entre le salarié et son employeur". Conséquences directes de la mise en place d'une telle mesure selon elle ? "Alléger les angoisses liées à la perte d'un emploi ou à la recherche", imagine l'élue. Forcément, on imagine que d'ici 2022, la promesse de campagne municipale pourrait se transposer dans un éventuel programme politique porté par Anne Hidalgo lors de la prochaine présidentielle. Quelques indices, mais rien de concret pour l'heure. 

Informations pratiques

Lieu

Paris
75 Paris

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