Pénuries en cascade au Liban, une situation catastrophique pour la population

Par Graziella L. · Publié le 15 août 2021 à 16h58
Un an après l'explosion à Beyrouth, la situation économique et politique empire de jour en jour au Liban. Pénuries alimentaires, explosion des prix, électricité manquante, la population libanaise doit faire face à une situation catastrophique.

D'après la Banque mondiale, le Liban traverse l'une des pires crises économiques au monde depuis 1850. La population dépense seulement pour se nourrir jusqu'à cinq fois le salaire minimum libanais. L'effondrement économique du pays était déjà amorcé depuis 2019, après des années de guerre civile, mais l'explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020 n'a fait qu'empirer la situation. Le peuple est en colère face à l'incapacité des autorités à gérer cette crise sans précédent.

La Banque du Liban a annoncé la levée des subventions sur les carburants, le blé, les médicaments et l'électricité et ainsi plongé le pays dans une situation de chaos total. Cette décision fait suite à "l'absence de réformes par les gouvernements successifs" mais aussi "la non-application des plans économiques, approuvés par la Banque Mondiale en 2020", selon Michel Fayad, conseiller du ministre libanais de l'économie et du commerce Raoul Nehmé.

Actuellement, les pénuries sont nombreuses, tant alimentaires qu'en carburants ce qui affecte l'approvisionnement en biens de première nécessité dans tout le pays, maintenant menacé d'un black-out

Cela fait plusieurs jours que l'électricité n'est que partielle dans les foyers, et les hôpitaux vont bientôt manquer de ressources, notamment du fuel qui permet de faire fonctionner les machines qui tiennent en vie des patients en cours de soin. Les boulangeries ont stoppé leurs productions faute de farine, provoquant une pénurie de pain et les restaurants et centres commerciaux ont mis la clé sous la porte.

Les différentes autorités du Liban continuent à rejeter la faute les uns sur les autres, sans trouver de solution viable pour la population, qui ne sait pas de quoi les prochains jours seront faits. Michel Fayad est "confiant dans la capacité du Liban et des Libanais de se relever" mais "il faudra écarter ceux qui l'ont conduit à cette situation". Les perspectives d'avenir du Liban dépendent donc de la volonté du prochain gouvernement. Mais le premier ministre désigné fin juillet, Najib Mikati, faisait partie des opposants au plan Lazard "qui aurait du permettre au pays de sortir de la crise et d'obtenir l'aide du FMI", ajoute Michel Fayad.

Ce dimanche28 personnes ont été tuées par l'explosion d'une citerne d'essence, où des libanais tentaient de s'approvisionner en carburant.

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