Le concours Miss France attaqué en justice par une association féministe

Par Cécile D. · Publié le 19 octobre 2021 à 17h57
"Sexiste" et "discriminatoire" : voilà les mots utilisés pour décrire le concours Miss France par l'association Osez le féminisme. Alexia Laroche-Joubert, présidente de la société Miss France, défend son institution, assurant que le concours est tout à fait féministe.

Le concours Miss France, féministe ou sexiste ? Cela dépend à qui vous demandez... L'association Osez le féminisme a attaqué le célèbre concours de beauté féminin en justice. Elle a saisi les Prud'hommes, arguant que cette émission est « sexiste » et que les conditions de participations sont « discriminatoires ». 

L'association, et trois femmes qui n'ont pas pu participer au spectacle en raison des conditions physiques requises (les candidates doivent mesurer au moins 1,70m, être célibataires et n'avoir jamais été mariée, et être « représentatives de la beauté »), ont annoncé, lundi 18 octobre 2021, que la justice avait été saisie.

Selon les propos des requérantes - repris dans le Parisien, la société de production télévisuelle Endemol « utilise des femmes pour fabriquer un programme audiovisuel extrêmement lucratif tout en bafouant le droit du travail. » Bien que les candidates au titre de Miss France ne signent pas de contrat de travail avec les organisateurs du concours, une jurisprudence de 2013, liée au concours Mister France, permet de comparer leur relation à celle d'un patron avec ses employés. Puisque le concours impose des critères à l'embauche et refuse des candidats en se basant sur leur physique, il s'agit d'une violation du droit du travail, argumente l'association Osez le féminisme.

Me Violaine De Filippis-Abate, l’avocate de l'association, rappelle que le code du travail interdit d'imposer des critères liés « aux mœurs, à l’âge, à la situation de famille ou à l’apparence physique » lorsqu'un recrutement est mené en entreprise.

Osez le féminisme espère donc forcer les organisateurs du concours à supprimer toutes les clauses qui peuvent motiver l'exclusion injuste d'une candidate, comme l'interdiction d'avoir des tatouages visibles ou des piercings.

La société Miss France n'a pas souhaité réagir à cette action en justice pour le moment. La présidente de la société, Alexia Laroche-Joubert, affirme qu'il s'agit au contraire d'un programme féministe : « Miss France peut transformer les participantes en cheffes d’entreprise, en influenceuses, des personnes qui comptent dans la société civile et véhiculent l’image de femmes modernes qui s’assument, gagnent leur vie », affirmait-elle dans une interview accordée au Parisien le 17 octobre.

Un avis qui n'est pas partagé par les associations féministes, qui estiment que le concours a « un impact négatif et rétrograde sur l’ensemble de la société ». En 2019, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes jugeait lui aussi que ce concours est une « caricature archaïque ». 

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