Sida : un traitement contre le VIH, par piqûre tous les deux mois, bientôt disponible en France

Par Graziella L., Laurent P. · Mis à jour le 2 décembre 2021 à 11h36 · Publié le 2 décembre 2021 à 11h35
C'est une avancée dans la lutte contre le Sida ! Une combinaison de deux antirétroviraux (cabotégravir, et rilpivirine), qui a reçu une autorisation de mise sur le marché au printemps, sera bientôt disponible en France et permettra d'être traité pour le VIH une fois tous les deux mois au lieu du cachet quotidien. Un traitement qui pourrait même se voir espacé tous les six mois, si l'essai en cours sur la question est concluant. On fait le point !

Déjà disponible aux États-Unis et au Canada, la combinaison de deux antirétroviraux contre le Sida (le Cabotégravir et le Rilpivirine) a reçu au printemps l'autorisation de mise sur le marché européen. Une bonne nouvelle pour tous les patients atteints du VIHLa Haute autorité de santé estime que le traitement sera disponible à la fin de l'année ou début 2022, le temps que l'Assurance maladie règle la question du remboursement. Le traitement permet d'abandonner le cachet quotidien, pour une piqûre tous les deux mois, une dans chaque fesse, les deux traitements ne devant pas être mélangés.

Mais il faut d'abord suivre un protocole défini. Durant un mois, le patient doit suivre une bithérapie par voie orale. Et si tout se déroule comme prévu, il pourra passer à une forme injectable, à l'hôpital pour les trois premiers mois puis par une infirmière tous les deux mois. "Le traitement ne s'adresse qu'aux patients qui sont bien contrôlés et depuis un certain temps, avec un traitement par voie orale, qui n'ont pas de mutation de résistance à ces médicaments, pas de co-infection par le virus de l'hépatite B, et ça s'adresse aussi à certains sous-types de virus, donc il faut bien sélectionner les patients éligibles pour ne pas se retrouver en échec", explique ainsi le professeur Jean-Michel Molina, chef du service d'infectiologie de l'hôpital Saint Louis à Paris, à nos confrères de France Inter.

Et de poursuivre : "ça va concerner beaucoup de malades, car plus de 90% des patients VIH qui prennent bien leurs médicaments aujourd'hui sont bien contrôlés, c'est-à-dire avec une charge virale indétectable dans le plasma". Il conclut : "Après, tous les patients n'ont voudront peut-être pas, mais on sait par exemple que des patients qui voyagent beaucoup par exemple vont être demandeurs, car ça va grandement leur faciliter la vie, c'est une option en plus".

La France négocie actuellement le prix de ce traitement avec les laboratoires, qui coûte près de 43 560 dollars la première année aux États-Unis. Les autorités françaises souhaitent le rendre le plus accessible possible pour les patients qui vivent avec le VIH, et remboursable par la Sécurité sociale.

68% des personnes avec le VIH souhaitent tenter un traitement injectable, d'après une étude de 2020 à l'échelle européenne. L'arrivée du Cabotégravir faciliterait donc la vie des patients. Le Lénacapavir, un traitement injectable tous les six mois, est toujours à l'étude ainsi que des implants sous-cutanés. 

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