Les énergéticiens se mobilisent ce mardi 2 septembre dans toute la France. La Fédération nationale des mines et de l'énergie CGT (FNME-CGT) a lancé une grève reconductible qui touche les 140 000 salariés de la branche, répartis dans 157 entreprises dont EDF et Engie. Un mouvement d'ampleur pour cette rentrée sociale qui s'annonce mouvementée.
Lundi soir, Mathieu Pineau, secrétaire fédéral de la FNME-CGT, confirmait l'organisation de 220 piquets de grève sur l'ensemble du territoire. Le syndicat majoritaire du secteur entend faire pression sur les employeurs autour de revendications qu'il juge essentielles pour les salariés comme pour les usagers.
Au cœur des revendications, on retrouve l'abrogation de la réforme des retraites portée par le gouvernement. Les salariés du secteur énergétique contestent également la récente hausse de la TVA sur l'énergie, passée de 5,5% à 20% sur les abonnements depuis le 1er août 2025. Cette mesure, imposée par la réglementation européenne, pèse particulièrement sur les ménages les plus précaires selon la CGT.
Sur le volet salarial, le syndicat demande l'alignement du premier échelon de la grille des salaires sur le Smic. Actuellement, ce minimum se situe 9% en dessous du salaire minimum légal. Les grévistes réclament aussi une revalorisation des indemnités d'astreintes et des mesures à la hauteur de l'inflation.
Fabrice Coudour, secrétaire général de la FNME-CGT, précise que les négociations salariales traînent depuis avril 2024. Il assure néanmoins que "notre volonté n'est pas de toucher les usagers" par des coupures d'électricité ou de gaz.
Ce matin, les assemblées générales sur les sites ont défini les modalités concrètes du mouvement. Dans certaines centrales nucléaires, des baisses de production sont envisagées pour faire pression sur la direction. Anthony Lavrador, responsable CGT à la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-Cher, explique la stratégie : "le but, c'est de toucher nos employeurs par la grève en produisant moins, pas d'impacter les usagers.", déclare-t-il à l'AFP.
Cette approche mesurée vise à maintenir l'approvisionnement énergétique tout en créant un rapport de force avec les entreprises du secteur. Les sites stratégiques comme les centrales ou les centres de distribution pourraient connaître des ralentissements sans pour autant provoquer de coupures généralisées.
La CGT reste pour l'instant seule à appeler à la grève. La CFDT, troisième organisation syndicale du secteur, préfère privilégier le dialogue avec les employeurs avant d'envisager d'autres actions. Cette position divise les représentants du personnel sur la stratégie à adopter.
Le mouvement pourrait toutefois prendre une autre dimension. Fabrice Coudour n'exclut pas de faire le lien avec l'appel citoyen "Bloquons tout" prévu le 10 septembre. "Notre préavis reconductible et l'appel à tout bloquer le 10 ne s'opposent pas, bien au contraire", indique-t-il. Une convergence qui pourrait s'inscrire "dans la reconductibilité du mouvement" si celui-ci se prolonge.
La suite sera décidée jeudi 4 septembre matin lors d'un point sur les éventuelles avancées obtenues. Cette grève dans l'énergie ouvre en tout cas une rentrée sociale qui s'annonce particulièrement agitée. D'autres secteurs pourraient suivre le mouvement dans les prochains jours, notamment en vue des mobilisations prévues les 10 et 18 septembre contre la politique du gouvernement Bayrou.
Les usagers peuvent suivre l'évolution de la situation sur les sites d'EDF et d'Engie, ainsi que sur le portail de la CGT pour connaître les dernières informations sur ce mouvement social d'ampleur.
Âge recommandé
Tout public















