L'ancien Premier ministre Édouard Balladur est mort ce lundi 31 août 2026 à Paris, à l'âge de 97 ans, a annoncé sa famille. Longtemps député de Paris, celui qui fut l'un des derniers survivants de la génération Pompidou laisse derrière lui un parcours politique complet, de Bercy à Matignon, en passant par une candidature malheureuse à la présidentielle de 1995.
Né en Turquie en 1929, passé par Sciences-Po et l'ENA, le jeune homme se fait d'abord remarquer comme directeur de cabinet de l'ORTF, avant d'entrer au cabinet de Georges Pompidou en 1964. Après la victoire de ce dernier à la présidentielle, il le suit à l'Élysée comme secrétaire général adjoint.
Il assiste alors, aux premières loges, à l'industrialisation française : la création du TGV, le lancement du premier Airbus, mais aussi le choc pétrolier de 1973 et ses premières vagues de chômage. Après la mort de Pompidou, ce grand amateur de ski rejoint le privé, dans le secteur des télécommunications.
Proche de Jacques Chirac, Édouard Balladur devient député de Paris en 1986, puis ministre de l'Économie. Influencé par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, il lance une vague de privatisations et cède notamment TF1 et la Société générale.
En 1993, il entre à Matignon en pleine cohabitation avec François Mitterrand. Il y installe plusieurs visages qui marqueront la droite, de Nicolas Sarkozy à François Fillon, et fait revenir Charles Pasqua et Simone Veil. Son style ne passe pas inaperçu : vocabulaire choisi, élégance très british et fameuses chaussettes rouges.
Fort d'une popularité au zénith, le Premier ministre se présente à la présidentielle de 1995 contre son ami Jacques Chirac, qui n'avait rien vu venir. Éliminé dès le premier tour avec 18,5 % des voix, il appelle finalement à voter pour le maire de Paris, vainqueur quelques jours plus tard.
Cette rivalité fratricide abîme durablement la droite. Édouard Balladur ne retrouvera jamais le premier plan : il échoue à conquérir la présidence de la Région Île-de-France en 1998, puis quitte son mandat de député de Paris en 2007, après trois mandats.
Après l'élection de Nicolas Sarkozy, il planche sur la modernisation des institutions (dont la limitation à deux quinquennats consécutifs) et défend la création du Grand Paris. En 2009, il refuse la proposition de devenir membre du Conseil constitutionnel.
Resté écouté dans sa famille politique, il soutient Nicolas Sarkozy puis François Fillon lors de la primaire de la droite en 2016. En 2022, son appui à Valérie Pécresse constitue sa dernière prise de parole publique.
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