La manifestation du 31 octobre 2026 à Paris prend forme, et son parcours fait déjà l'objet d'un bras de fer. La coordination des Gilets jaunes appelle à un « acte III » ce samedi, jour d'Halloween, avec des sit-in prévus à 14h devant l'Assemblée nationale, dans le 7e arrondissement, et devant les mairies, y compris les mairies d'arrondissement parisiennes.
Le mot d'ordre a glissé de la vie chère vers la défense des libertés publiques. En face, Emmanuel Macron a fixé la ligne lundi : les cortèges devront rester hors des centres-villes pour protéger les commerces. Les lycéens, encore en vacances de la Toussaint, sont invités à rejoindre le mouvement, quelques jours avant la grève du 5 novembre 2026.
Deux tracés avaient été déposés auprès de la préfecture de police pour ce samedi : celui de la CGT, révélé par Europe 1, et celui des Gilets jaunes. Les deux partent de la place de la Bastille, mais filent dans des directions opposées. La préfecture de police les a refusés tous les deux.
En début de semaine, la CGT a déclaré un cortège entre la place de la Bastille et la place de la Nation, dans l'est de la capitale. Ce tracé a déjà une histoire. Déposé par l'intersyndicale pour le 24 octobre, il avait été validé par la préfecture de police deux jours avant, puis finalement interdit au profit d'un trajet imposé entre la porte d'Italie et la porte de Vincennes.
Le syndicat espérait cette fois un feu vert. Raté : mercredi 28 octobre, l'intersyndicale a fait savoir que la préfecture de police refusait à nouveau ce parcours, rapporte L'Humanité. Selon certains médias, la préfecture proposerait à la place un itinéraire entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, en lisière de Paris, une information qui reste à confirmer officiellement. On fait le point sur ce parcours refusé et le nouveau tracé proposé dans un article dédié.
Pour mémoire, voici le tracé Bastille-Nation tel qu'il avait été déclaré pour le 24 octobre, à travers le sud du 12e arrondissement, selon France 3 Paris Île-de-France :
Mardi 27 octobre, la coordination des Gilets jaunes a déposé son propre itinéraire, selon Le Parisien. Le cortège traverserait cette fois le centre de Paris jusqu'à la place de la Concorde, avec l'Assemblée nationale en ligne de mire et un départ prévu à 14h, d'après franceinfo. On revient en détail sur ce parcours souhaité par les Gilets jaunes :
Ce tracé longe plusieurs quartiers commerçants très fréquentés, précisément ce que l'exécutif veut éviter. Sans surprise, la préfecture de police l'a refusé, selon BFMTV. La coordination avait prévenu : en cas de refus, elle envisage une plainte pour atteinte à la liberté de manifester ou un référé devant le tribunal administratif, comme le rapporte France 3 Paris Île-de-France.
Les étudiants préparent déjà la suite. Ce mercredi, l'Interfac IDF a déclaré en préfecture une manifestation pour le mardi 3 novembre, entre la place du Panthéon et le siège du Medef, dans le 7e arrondissement. D'ici samedi, les tracés peuvent encore bouger : les arrêtés de la préfecture tombent souvent la veille, parfois le matin même.
Le chef de l'État s'est exprimé lundi 26 octobre lors d'un déplacement à Marseille, l'une des villes les plus touchées par les dégradations du 17 octobre. Il y a annoncé que les manifestations du 31 octobre puis du 5 novembre seraient tracées hors des centres-villes, pour éviter de nouveaux pillages et préserver les commerces.
Il s'appuie sur le précédent du 24 octobre, qui a permis selon lui de maintenir l'ordre sans priver quiconque du droit de manifester. Il a aussi rappelé l'existence d'un fonds de soutien pour les commerçants et artisans touchés.
À Paris, cette consigne tient à distance des secteurs comme Châtelet-Les Halles, République ou Opéra. Elle fait débat, car elle éloigne aussi les revendications des regards. Et elle se heurte de front au tracé des Gilets jaunes, qui vise justement le cœur politique de la capitale.
L'appel a été lu le 24 octobre sur les marches de l'Opéra Bastille, puis présenté à la presse par Benjamin Ball et Azelma Sigaux, deux membres de la coordination, selon Brut avec l'AFP. Le mouvement mise surtout sur des rassemblements fixes. Voici le calendrier publié sur le site de la coordination, qui reste un appel :
Pour la soirée de vendredi, on a fait le point sur les casserolades des Gilets jaunes du 30 octobre. Dans la capitale, la carte participative des mobilisations signale aussi des sit-in envisagés devant les mairies de Paris Centre et des 10e, 11e, 12e, 13e, 14e et 15e arrondissements. Alimentée par les participants eux-mêmes, elle donne une tendance plutôt qu'un programme arrêté.
En deux semaines, le discours a changé. Le 17 octobre, la colère portait d'abord sur le prix des carburants et la vie chère. Pour l'acte III, les Gilets jaunes dénoncent une « dérive autoritaire » après les interdictions de cortèges et les couvre-feux instaurés dans plusieurs villes. Leur idée tient en peu de mots : manifester pour garder le droit de manifester.
Leur texte réclame la levée des couvre-feux, l'amnistie des manifestants interpellés, des enquêtes sur les violences attribuées aux forces de l'ordre et des états généraux réunissant tous les secteurs mobilisés. Sur le terrain juridique, l'association Adelico et le Syndicat de la magistrature ont saisi le Conseil d'État d'un référé-liberté le 22 octobre, contre les annonces présidentielles visant à restreindre certaines manifestations.
Pour revivre la journée précédente, notre article sur l'acte II du 24 octobre reste en ligne, tout comme notre point sur les secteurs qui pourraient être concernés par l'acte III.
Parti mi-septembre d'un lycée de Créteil, dans le Val-de-Marne, le mouvement lycéen s'est étendu à toute la France. À Paris, les jeunes ont déjà défilé lors de la manifestation du 6 octobre, puis du cortège du 13 octobre et du 24 octobre.
Reçues à Matignon lundi 26 octobre, les organisations lycéennes et étudiantes ont obtenu l'annonce de la fin de Parcoursup, remplacé par un nouveau système en 2028. La campagne 2027 passera par une version remaniée, avec des critères de sélection plus transparents, et 15 000 places supplémentaires sont promises dans le supérieur. Calendrier et élèves concernés : tout est détaillé dans notre article sur la fin de Parcoursup en 2027 et 2028.
Ces annonces n'ont pas éteint la colère. Plusieurs représentants lycéens les jugent trop floues et appellent à poursuivre la mobilisation ce samedi, selon franceinfo. Le syndicat SUD éducation invite aussi les personnels à soutenir leurs initiatives. Combien seront-ils samedi ? Difficile à dire en pleines vacances. Le vrai test viendra plutôt avec la rentrée du lundi 2 novembre et le temps fort du mardi 3.
Le dispositif de sécurité s'annonce aussi massif que le week-end dernier. Dès lundi, Laurent Nuñez a promis un dispositif « extrêmement robuste » pour ce samedi, en reconnaissant sur BFMTV-RMC s'attendre à une journée de nouveau compliquée. Le ministère de l'Intérieur n'a pas encore communiqué d'effectifs, mais 70 000 policiers et gendarmes étaient déployés en France le 24 octobre.
Le contexte pèse lourd. La journée coïncide avec la soirée d'Halloween, traditionnellement agitée, et la menace terroriste reste élevée depuis l'attentat raciste de Trappes, dans les Yvelines. Le 23 octobre, un homme y a ouvert le feu sur des passants depuis sa voiture, tuant une personne et en blessant cinq autres. Le Parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête.
Dans un télégramme envoyé ce mercredi, le directeur général de la police nationale demande de porter à 75 % le taux de présence des effectifs, selon BFMTV et RMC. Les services peuvent faire appel à la réserve opérationnelle, et la direction des CRS doit engager le plus grand nombre d'unités possible. Comme le 24 octobre, le Raid protégera les bâtiments publics les plus exposés.
Les policiers ont pour consigne de se montrer sur la voie publique pour dissuader, et d'intervenir vite pour protéger les institutions, les bâtiments publics et les commerces, tout en encadrant la liberté de manifester. Des drones filmeront les parcours, et des engins lanceurs d'eau seront déployés de façon systématique.
Des contrôles d'identité et de véhicules renforcés sont prévus dans les zones sensibles, notamment les gares et les axes structurants. Objectif affiché par la direction générale de la police nationale : repérer en amont les personnes susceptibles de commettre des infractions. Les couvre-feux locaux encore en vigueur continueront aussi d'être contrôlés.
Les préfets gardent la consigne de ne pas autoriser de cortèges en centre-ville, en lien avec les municipalités. À Paris, cette ligne s'est traduite par le refus des deux parcours déclarés, Bastille-Concorde pour les Gilets jaunes et Bastille-Nation pour la CGT, d'après BFMTV. Si vous passez samedi par une grande gare parisienne, mieux vaut garder une pièce d'identité sur vous et prévoir un peu de marge. Effectifs, Raid, drones, contrôles : on détaille toutes les mesures dans notre article sur le dispositif de sécurité de la manifestation du 31 octobre.
Le contexte reste tendu. Le 24 octobre, la mobilisation a réuni 410 000 manifestants en France selon le ministère de l'Intérieur, dont 110 000 à Paris, contre près de 800 000, dont 250 000 dans la capitale, selon la CGT, rapporte ICI. La préfecture de police a recensé 142 interpellations à Paris ce jour-là, loin des 855 du 17 octobre. Depuis, des couvre-feux nocturnes s'appliquent autour de la place de la République et des Halles. Le couvre-feu imposé aux mineurs non accompagnés de 21h à 6h dans plusieurs secteurs de la capitale a en revanche été suspendu par le tribunal administratif mercredi 28 octobre, faute d'éléments précis justifiant de tels risques.
Côté transports, aucune fermeture n'est encore annoncée. Le 24 octobre, plus de 30 stations de métro avaient été fermées dès 9h, autour des Champs-Élysées, de l'Assemblée nationale et des ministères, et la ligne 1 avait été coupée sur une partie de son tracé. Si les sit-in se confirment devant le Palais Bourbon, des stations comme Assemblée nationale, Solférino, Invalides ou Concorde pourraient de nouveau fermer. Un cortège repoussé en lisière de Paris toucherait plutôt les portes de l'est et le tramway T3.
Des restrictions de circulation sont aussi à prévoir, avec des bus déviés et un possible périmètre fermé aux voitures autour du quai d'Orsay et du pont de la Concorde. Avant de sortir, surveillez les arrêtés de la préfecture de police et l'info trafic RATP. Nos conseils pour se déplacer malgré les manifestations peuvent aussi servir.
La date tombe le soir d'Halloween. Si vous avez prévu de sortir, jetez un œil aux événements d'Halloween qui pourraient être perturbés, puis à notre sélection des soirées d'Halloween 2026 à Paris pour garder un plan B loin des rassemblements.
Pour ses organisateurs, l'acte III sert de rampe de lancement vers le jeudi 5 novembre. Ce jour-là, l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU) appelle à une grève interprofessionnelle pour les salaires, les pensions et les services publics. Là encore, Emmanuel Macron veut des parcours hors des centres-villes.
Les principaux syndicats de la SNCF et le Snes-FSU appellent aussi à cesser le travail, et les Gilets jaunes comptent s'y greffer avant leur acte IV du 7 novembre. Contrairement à un samedi de sit-in, cette journée risque de peser bien plus lourd sur le quotidien des Franciliens. Transports, écoles, parcours : on fait le point dans notre article sur la manifestation et grève du 5 novembre 2026.
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Dates et Horaires
Le 31 octobre 2026
Lieu
Assemblée Nationale - Palais Bourbon
35 Quai d'Orsay
75007 Paris 7
Calcul d'itinéraire
Site officiel
17octobregiletjaune.net