Coronavirus : le Professeur Didier Raoult visé par une plainte auprès de l'Ordre des médecins

Par Cécile D. · Publié le 3 septembre 2020 à 10h54 · Mis à jour le 3 septembre 2020 à 10h54
Pour avoir fait la promotion de l’hydroxychloroquine et enfreint le code de déontologie médicale, une centaine de médecins ont déposé une plainte à l'encontre du Professeur Didier Raoult auprès de l'Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône.

Les médecins la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf) ont déposé une plainte auprès de l'Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône pour dénoncer le Professeur Didier Raoult. Ces médecins accusent le professeur d'avoir enfreint neuf articles du code de déontologie médicale.

Il lui est notamment reproché d'avoir recommandé l'hydroxychloroquine contre le Coronavirus, alors que plusieurs études ont démontré l'inefficacité de cette molécule sur les patients atteints du Covid-19. Les médecins du Spilf accusent également le professeur d'avoir diffusé de fausses informations auprès du public, de graves manquements au devoir de confraternité, d'avoir réaliser des essais cliniques dont la légalité reste à démontrer... 

Suite à cette plainte, Didier Raoult risque différentes sanctions : elles vont du simple avertissement à la radiation définitive. Dans un premier temps, à une proposition de conciliation tente de régler les problèmes entre les deux parties. Si cette tentative de conciliation n’aboutit pas, le dossier sera instruit par la chambre disciplinaire régionale, présidée par un magistrat. Cette procédure s’étale en moyenne sur 10 mois. Dans 58 % des cas, les plaintes n’aboutissent à aucune sanction.

Le journal Le Figaro a pu se procurer une copie de l'argumentaire de la Spilf, écrit à l'encontre de Didier Raoult : « Le professeur Didier Raoult a délibérément prescrit de l'hydroxychloroquine souvent associée à de l'azithromycine à des patients atteints de Covid-19 sans qu'aucune donnée acquise de la science ne soit clairement établie à ce sujet, et en infraction avec les recommandations des autorités de santé. »

Les médecins à l'origine de cette plainte s'interroge sur les répercussions des coups d'éclats médiatiques du Professeur Raoult. « On peut se demander si ses prises de position très tranchées (…) n’ont pas contribué à nuire au message de prévention et de santé publique et donc à la protection de la population, en décrédibilisant ces mesures de prévention sur des bases scientifiques infondées », expliquent-ils.

Dans les motifs de colère des infectiologues du Spilf, on retrouve également cette accusation de Didier Raoult, qui a traité de « fous » ceux qui ne prescrivaient pas son traitement, avant d’insinuer que certains avaient délibérément laissé mourir des patients. De plus, le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Marseille est accusé de ne pas avoir réalisé ses essais cliniques dans le cadre légal (inclusion d’enfants, absence d’autorisation d’un comité d’éthique). Une enquête de l’Agence de sécurité du médicament est en cours.

Le Professeur Raoult doit désormais choisir : va t-il reconnaître ses torts, nuancer ses propos ou présenter des excuses pour éviter les sanctions et trouver un terrain d'entente avec ses accusateurs ? Affaire à suivre...

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