Coronavirus : vers un dépistage de masse des populations ?

Par Laurent P. · Publié le 11 octobre 2020 à 20h12 · Mis à jour le 12 octobre 2020 à 14h30
Pour lutter contre le coronavirus, et si on allait vers un dépistage de masse ? C'est ce que préconise l'épidémiologiste Catherine Hill au micro de nos confrères de LCI, qui dénonce un cafouillage sur les tests et le fait qu'on laisse le virus circuler dans le pays.

Un politique sanitaire contre le coronavirus qu'il va falloir revoir rapidement... Pour enrayer l'épidémie définitivement, et si on dépistait en masse les populations ? C'est ce que recommandait fortement l'épidémiologiste Catherine Hill chez nos confrères de LCI dimanche 11 octobre 2020, dénonçant un nouveau cafouillage du gouvernement sur les tests Covid. "On a laissé depuis le début le virus circuler dans le pays et on a accepté sa circulation, sans jamais vraiment chercher à contrôler l'épidémie", explique ainsi l'épidémiologiste, citant d'autres pays qui ont mis en place ce dépistage de masse avec succès comme la Chine, la Nouvelle-Zélande ou encore la Corée du Sud.

Catherine Hill poursuit : "On a laissé le virus circuler, on a confiné sans tester ou en testant très peu, donc quand on a arrêté de confiner, le virus s'est remis à circuler, et le virus circule", souligne-t-elle, tout en ajoutant que "ce que l’on connait de la circulation du virus n'est qu'une petite partie de la vraie circulation du virus, puisqu'on n'a jamais fait un sondage sur un échantillon représentatif avec des tests PCR pour savoir combien de gens sont positifs à l'instant T". Et de prendre l'exemple de l'Angleterre qui vient de mettre ce système en place : "les Anglais viennent de faire leur cinquième sondage et ils ont trouvé que 5,5 personnes sur 1000 étaient positives. Si c'est la même chose en France, ça fait beaucoup plus que 27 000 cas qui seraient positifs si on testait tout le monde".

En cause, les indicateurs qui ne sont pas représentatifs de la circulation du virus : "on a des mauvais indicateurs, on a des bagarres de chiffres, on n'a même pas les bonnes données. Les meilleures données que l'on ait, ce sont celles des admissions à l'hôpital, des admissions en réanimation et du nombre de mort", évoque l'épidémiologiste, tout en indiquant que "tous ces indicateurs augmentent un peu moins vite cette semaine qu'il y a 15 jours, mais quand même augmentent tous les jours. Il y a toujours plus de gens qui arrivent en réanimation".

La solution donc, le dépistage de masse : "ce qu'il faut faire, c'est d'essayer d'arrêter cette circulation du virus, et pour cela, il faut tester et isoler très rapidement les cas positifs dont beaucoup sont complètement asymptomatiques, donc il faut organiser un dépistage de masse de la population. Tant que l'on ne fait pas ça, le virus circule, et voilà pourquoi le cafouillage continue", explique-t-elle. Et de conclure : "Il y a énormément de façon de faire des tests : maintenant on a les tests antigéniques, on peut faire des tests groupés, on peut chercher le virus dans les eaux usées... On pourrait essayer de trouver rapidement les gens qui sont positifs pour les isoler".

Au gouvernement dorénavant de choisir cette option.

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