Covid : ce que l'on sait du variant indien, le "double mutant" qui inquiète les scientifiques

Par Caroline J. · Publié le 20 avril 2021 à 11h16 · Mis à jour le 21 avril 2021 à 15h34
Alors que de nombreux scientifiques surveillent de près le variant brésilien, d’autres ont les yeux rivés vers le variant indien. Surnommée « double mutant », cette souche est soupçonnée d’être à l’origine d’une recrudescence de l’épidémie de Covid-19 en Inde. Alors, faut-il redouter ce variant indien ? Que sait-on exactement à son sujet ? Éléments de réponse.

Après les variants britannique, sud-africain ou encore brésilien, le variant indien commence lui aussi à inquiéter certains experts. Il faut dire que le variant B.1.617, nom scientifique donné à cette souche, serait responsable d’une recrudescence de l’épidémie de Covid-19 en Inde.

Ces derniers jours, les chiffres sont éloquents. Le lundi 19 avril 2021, l’Inde a enregistré un record de nouvelles contaminations avec 273.810 cas recensés en seulement 24 heures. À New Delhi, la situation est alarmante, à tel point que les autorités ont décidé de confiner pour une semaine les 20 millions d’habitants de cette ville la plus touchée du pays. Mais alors, comment expliquer cette flambée épidémique en Inde ? D’après certains scientifiques, le fameux variant indien, surnommé « double mutant », pourrait en être le responsable.

Selon Ouest-France, le variant B.1.617 aurait été détecté pour la première fois le 5 octobre 2020, dans la région de Nagpur, en plein cœur de l’Inde. Mais, comme le souligne Rakesh Mishra, généticien et directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire indien, dans les colonnes du Monde, « il a fallu du temps pour comprendre que l’on était en présence d’un véritable variant. On en a eu la confirmation en décembre ». Depuis, les scientifiques se penchent sur ce variant, caractérisé de « double mutant » car il présente des mutations observées sur le variant californien (la mutation L452R), mais aussi jugées non éloignées des variants brésilien et sud-africain (la mutation E484Q). Toutefois, comme le précise Anurag Agrawal, directeur de l’Institut de génomique et de biologie intégrative de New Delhi, à nos confrères du Monde, « le variant indien résulte de quinze mutations spécifiques », avant de préciser « On n’est pas en présence d’une recombinaison des variants californien et sud-africain ».

Quid de sa contagiosité ? Selon les experts, le « double mutant » serait plus transmissible et recontaminant que les autres. « Il a l’air d’être particulièrement contagieux, mais les études ne disent pas si sa forme est plus grave que les autres », a expliqué l'épidémiologiste et biostatisticienne Catherine Hill à 20 Minutes. Aussi, la question reste entière quant à sa létalité.

Concernant l’efficacité des vaccins, là aussi, plusieurs questions restent à ce jour sans réponse. Mais plusieurs caractéristiques du variant indien laissent penser qu’il résisterait mieux aux anticorps, et donc aux vaccins déjà administrés. « Il se trouve que beaucoup de personnes en Inde qui avaient eu le Covid, l’ont attrapé à nouveau. L’une des mutations du virus a donc l’air de résister et peut laisser craindre un risque d’échappement immunitaire », a indiqué Benjamin Davido, Infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches dans les Hauts-de-Seine, à nos confrères de 20 Minutes.

Toutefois, le variant indien peut-il justifier à lui seul la recrudescence de l’épidémie de Covid-19 en Inde ? Si Santé publique France note que l’émergence de ce variant indien coïncide « avec une situation épidémique très défavorable », la prudence reste de mise. Ainsi, « il est vraisemblable que cette dégradation de la situation sanitaire soit au moins en grande partie due aux nombreux grands rassemblements qui ont eu lieu récemment partout dans le pays et à une faible adoption des mesures de prévention par la population générale », indique l’agence sanitaire. Dernièrement, plusieurs événements donnant lieu à des rassemblements se sont en effet déroulés dans le pays, comme les élections nationales et locales ou encore la fête hindoue du Kumbh Mela.

Autre inquiétude pointée du doigt par Santé publique France ? La présence de ce « double mutant » ailleurs dans le monde. Le variant indien a ainsi déjà été « détecté sporadiquement en Angleterre, Allemagne, au Canada et à Singapour ». Deux cas ont également été identifiés en Guadeloupe.

Face aux inquiétudes, les autorités britanniques ont d'ailleurs décidé d’interdire, depuis le 19 avril, l’entrée au Royaume-Uni des voyageurs en provenance d’Inde, à l’exception des résidents anglais qui doivent respecter une quarantaine. Ce 21 avril, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a annoncé que l'Inde rejoignait la liste de pays dont les voyageurs sont déjà soumis à une quarantaine obligatoire, à savoir le Brésil, le Chili, l’Argentine et l’Afrique du Sud.

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