Vaccins : Amnesty International accuse les laboratoires de délaisser les pays pauvres

Par Manon C. · Publié le 22 septembre 2021 à 11h38
L'ONG Amnesty International dénonce, dans un rapport publié ce jour, l'injustice dans l'attribution des vaccins contre le Covid et accuse les laboratoires pharmaceutiques de favoriser les pays riches au détriment des pays pauvres.

L'ONG Amnesty International vient de publier, ce mercredi 22 septembre, un rapport intitulé "Une double dose d'inégalité: les compagnies pharmaceutiques et la crise des vaccins contre le Covid-19" dans laquelle elle accuse les laboratoires pharmaceutiques de favoriser "une crise des droits humains sans précédent" en délaissant les pays pauvres dans l'attribution des vaccins contre le Covid. 

"Vacciner le monde est notre seule voie pour sortir de cette crise. Il devrait être temps de saluer ces entreprises, qui ont créé ces vaccins si rapidement, comme des héros. Au lieu de ça, à leur grande honte et notre chagrin collectif, le blocage intentionnel du transfert de connaissances par Big Pharma et leurs manœuvres en faveur des États riches ont engendré une pénurie de vaccins tout à fait prévisible et tout à fait dévastatrice pour tant d'autres." déclare Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, dans un communiqué. 

"A divers degrés, les six développeurs de vaccins n'ont pas respecté leurs responsabilités en matière de droits humains" précise l'ONG. Pour en venir à cette conclusion, Amnesty a passé au crible les conditions d'AstraZeneca, de Pfizer, de BioNTech, de Moderna, de Johnson & Johnson et de Novavax concernant les droits humains, la fixation des prix, la propriété intellectuelle, le partage de connaissances et de technologie et l'allocation de doses et transparence de leurs vaccins. 

Dans les chiffres, sur les 5,76 milliards de doses administrées, seules 0,3% l'ont été dans des pays à "faibles" revenus, 79% étant destinés aux pays aux revenus "moyens supérieurs" et "élevés". Le rapport souligne, par ailleurs, que Pfizer, BioNTech et Moderna prévoient de dégager 130 milliards de dollars de profits d'ici la fin 2022, alors même que ces grands groupes pharmaceutiques ont reçu "des milliards de dollars de financements gouvernementaux, les développeurs de vaccins ont monopolisé la propriété intellectuelle, bloqué les transferts de technologie et limité de manière agressive les mesures qui permettraient d'étendre la fabrication dans le monde de ces vaccins." "Les bénéfices ne devraient jamais passer avant les vies" persiste et signe l'ONG. 

Aussi, Amnesty International réclame-t'elle un changement de cap des entreprises et des gouvernements à travers l'attribution de deux milliards de doses aux pays pauvres. 

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