Depuis 2018, l'Atelier des Lumières (une ancienne fonderie du 11e arrondissement) est devenu l'un des lieux culturels les plus visités de Paris, captivant plus d'un million de visiteurs par an. Rencontre avec son chef d’orchestre, Grégoire Monnier, directeur de Culturespaces Studio (maison de production des expositions immersives du groupe). Pour Sortir à Paris, il revient sur la philosophie du lieu, ses choix artistiques, et les secrets de cette expérience hors du commun.
Grégoire Monnier : Je suis le directeur de Culturespaces Studio, la structure qui conçoit toutes les expositions immersives des sites Culturespaces. J’ai rejoint l’aventure il y a quatre ans, venant d’un parcours plutôt financier, mais passionné d’image, de son, de technologies et d’arts visuels. Aujourd’hui, notre studio est passé de 4 à 18 personnes, et nous pilotons des projets à Paris, mais aussi à Amsterdam, New York, Dortmund, Séoul… C’est une belle aventure humaine, très créative.
Grégoire Monnier :Parce que notre approche est très différente. Un musée expose des œuvres physiques, tandis que nous proposons une expérience immersive, ludique et sensorielle, pensée pour être à la fois accessible et émotive. L’objectif reste le même : faire découvrir un artiste ou une période, mais avec des codes très différents.
Grégoire Monnier : Il y a trois clés : d’abord, le lieu, une ancienne fonderie industrielle avec une forte identité. Ensuite, la technologie, très performante mais discrète, qui transforme l’espace. Enfin, la qualité des expositions, qui visent à toucher tout le monde, des passionnés d’art aux curieux.
Grégoire Monnier : Oui, clairement. Nous voulons que tout le monde, des spécialistes aux enfants, puisse ressentir quelque chose. C’est une autre façon d’entrer dans une œuvre. Le son joue un rôle majeur dans l’immersion — la bande-son est la colonne vertébrale de nos expositions. Elle traduit l’émotion de l’artiste et amplifie l’expérience.
Grégoire Monnier : Nous avons été parmi les pionniers de l’art immersif à Paris. Depuis 2018, le secteur s’est fortement développé, et nous sommes fiers d’avoir contribué à cet engouement. Nous ne remplaçons pas les musées, nous offrons une porte d’entrée originale dans l’art.
Grégoire Monnier : Tout part d’une thématique forte, souvent définie avec les ayants droit ou des conseillers scientifiques. Puis on crée un scénario d’exposition en chapitres. Chaque chapitre est associé à une émotion et une bande-son, souvent surprenante. Ensuite, nous décortiquons les images pour les animer et les mettre en scène de manière fluide dans l’espace. Il y a un vrai côté artisanal dans ce travail minutieux, les équipes travaillent pendant des mois. Ça reste magique, même pour nous.
Grégoire Monnier : C’est un travail collaboratif intense, avec nos équipes et notre studio son. On cherche la surprise, le contraste, parfois le contre-pied. Si un visiteur est surpris, c’est qu’on a réussi notre pari. Il y a parfois de longues discussions, mais on garde toujours à l’esprit l’expérience émotionnelle du visiteur. L’idéal, c’est quand une chanson fait écho à une œuvre, même de façon inattendue.
Grégoire Monnier : La qualité des projecteurs a beaucoup progressé. Mais surtout, nous avons ouvert une salle interactive pour enfants : ils peuvent colorier un animal inspiré d’un tableau, le scanner et le voir apparaître animé dans une jungle immersive autour d’eux. Les murs sont tactiles, réactifs : c’est une révolution dans notre approche. Les parents nous disent qu’ils n’ont jamais vu leurs enfants aussi engagés dans une exposition.
Grégoire Monnier : On y réfléchit. Mais tout dépend de l’espace, du volume et du flux de visiteurs. Dans une salle aussi vaste, difficile d’intégrer certains effets comme le son directionnel ou l’odorat. Mais on avance pas à pas.
Grégoire Monnier : Nous restons grand public, donc la notoriété est importante. Mais il reste de nombreux thèmes à explorer, y compris des figures moins connues ou de l’art contemporain. L’essentiel, c’est de toucher les visiteurs.
Grégoire Monnier : Parce qu’ils sont les adultes de demain ! Enfant, mon père nous emmenait constamment voir des musées lors de nos voyages. C’est important pour nous de donner aux jeunes le goût de l’art, avec des dispositifs ludiques, des visites spéciales, des tarifs familiaux. Aujourd’hui, 25 % à 30 % de notre public vient en famille, et 30 % a moins de 30 ans. Et moi, en tant que père, je le vois : l’art peut être un jeu, une émotion, une ouverture. On veut être leur premier coup de cœur artistique.
Grégoire Monnier : On veut garder l’effet waouh. Il y a de plus en plus d’offres immersives. Donc on cherche à aller encore plus loin dans l’émotion et la création. De nouveaux dispositifs sont en cours de développement.
Grégoire Monnier : Je vais voir des expos immersives – bien sûr ! – et j’emmène mes enfants dans des musées pour observer leurs réactions. Et sinon, je profite de Paris à vélo... et de quelques bons restos gérés par des amis comme Entier (43 rue d’Amsterdam) et Bonhomme (58 rue du Faubourg Poissonnière) !
Grégoire Monnier : Venez ! C’est une expérience à vivre au moins une fois. Et pour ceux qui sont déjà venus, sachez que tout évolue constamment. 30 à 40 % de nos visiteurs reviennent. On espère vous émerveiller encore.































