Découvrez Mandorla, l’exposition collective présentée à l’Abbaye de Maubuisson à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise, jusqu’au 8 mars 2026. Ce premier volet du cycle Les Métamorphoses du sacré propose une expérience artistique et spirituelle unique, mêlant art contemporain et sculptures médiévales. À travers un dialogue entre les époques et les cultures, l’exposition interroge les liens entre le corps, l’esprit et le sacré dans un cadre patrimonial d’exception.
Dans les murs empreints de silence de cette ancienne abbaye cistercienne, l’art sacré se réinvente, interrogeant la frontière entre le charnel et le spirituel. Mandorla, du nom de cette forme en amande présente dans l’iconographie chrétienne et mettant "en gloire" tout ce qui se trouve en son centre, devient ici un espace de rencontre entre les contraires : masculin et féminin, vivant et inerte, sacré et profane. L’exposition, qui s’étendra jusqu’en mars 2027 à travers deux autres volets, trouve son point de départ dans cette forme symbolique ovale, évoquant l’intersection du ciel et de la terre - qui devient un fil conducteur narratif et esthétique - mais également la matrice des femmes, symbole de vie.
Mandorla se déploie comme un chemin initiatique, une traversée entre les mondes, où le visiteur est invité à se confronter à des œuvres puissantes et parfois troublantes. Vous y croiserez des sculptures médiévales de Saintes martyres venues du Musée Krona d’Uden, aux Pays-Bas, dont la présence imposante dialogue avec des créations contemporaines aux formes et aux matières contrastées. Dessins, installations, vidéos, objets rituels ou photographies composent un parcours visuel dense et immersif, oscillant entre contemplation et confrontation.
L’artiste Charles Fréger y présente plusieurs séries emblématiques, dont les Winner Faces (2002) et un diptyque tiré de la série Yokainoshima (2013-2015), explorant le masque, la performance, et l’identité. Chloé Viton de son côté, ouvre l'exposition avec une immense installation, Hematie, the birth of Oni Baba, dévoilant un yōkai, esprit ou fantôme dans la culture japonaise. Ici, il s'agit d'une femme s’occupant d’une enfant malade et fragile. Une nuit, une vision lui révèle comment sauver la fillette : elle doit prélever le foie d’un fœtus. Déchirée, elle se retrouve face à un dilemme terrible — faut-il prendre deux vies pour en sauver une ? Poussée par l’amour et le désespoir, elle finit par trouver une femme enceinte. Mais après l’avoir tuée, elle découvre avec horreur qu’il s’agissait de sa propre fille. Dévastée par sa faute, elle sombre peu à peu dans la folie et devient un véritable monstre.
Ils sont accompagnés d’une dizaine d’artistes venus d’horizons multiples : Gaylene Barnes, Lara Blanchard, Alexandra Duprez, Balthazar Heisch, Kate MccGwire, Yosra Mojtahedi, pour n’en citer que quelques-uns. Chacun d’eux interroge à sa manière les résonances entre l’intime et l’universel, le visible et l’invisible.
Vous êtes curieux d’art contemporain ? Sensibles aux questions du sacré, du corps, des rites et des représentations du féminin ? Cette exposition devrait vous intéresser. Mais les questions du sacré vont ici au delà du religieux, même si elles en utilisent les supports : l'exposition s'ouvre à tous les curieux amateurs d'art contemporain, sans pour autant plonger dans la religiosité qui n'est ici qu'un instrument pour appuyer les propos des œuvres. Que vous soyez amateur d’art, passionné de symbolique religieuse ou simplement en quête d’une expérience culturelle qui bouscule les repères traditionnels, Mandorla ouvre une parenthèse contemplative, introspective, et parfois dérangeante.
En revanche, si vous recherchez une sortie légère, ludique ou simplement divertissante à faire en famille avec de jeunes enfants, ce parcours, dense et chargé symboliquement, pourrait ne pas convenir. Mandorla se vit dans le calme, la lenteur, et invite à un rapport au temps et à l’espace presque méditatif. De plus, certaines œuvres ne sont pas forcément pour tous les publics. Pour personnes averties, donc.
Et ceux qui s'inquiéteraient du côté un peu "éloigné" de l'Abbaye, sachez que celle-ci est très facile d'accès en transport (Ligne H ou RER C), à cinq grosses minutes à pieds de la gare. Pas d'excuses donc pour vous y rendre, et s'il fait beau, on en profite pour se balader dans le parc de l'Abbaye, pour une parenthèse nature au calme.
L’Abbaye de Maubuisson, classée monument historique, offre un cadre unique à cette exposition. L’écrin de pierre renforce la dimension spirituelle du propos artistique, tout en mettant en lumière la tension entre le passé et le présent. La lumière naturelle, les voûtes gothiques, le silence des salles contribuent à renforcer l’expérience sensorielle et émotionnelle de la visite. Chaque œuvre y trouve un écho, chaque geste artistique semble répondre à l’architecture du lieu.
Accessible facilement depuis Paris, à moins d’une heure en transports, l’exposition Mandorla constitue une escapade culturelle riche et exigeante, idéale pour un week-end ou une après-midi automnale. Laissez-vous porter par cette expérience qui parle à la fois du corps, de la mémoire et de l’invisible, dans une ambiance sereine et contemplative. Vous en ressortirez peut-être transformés, ou du moins, habités de nouvelles questions.
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Dates et Horaires
Du 5 octobre 2025 au 8 mars 2026
Lieu
Abbaye de Maubuisson
Avenue Richard de Tour
95310 Saint Ouen l'Aumone
Tarifs
3€
Site officiel
abbaye-de-maubuisson.fr
Plus d'informations
Le mercredi de 9h30 à 11h45 et de 13h à 17h45. Du jeudi au lundi de 13h à 17h45. Fermé le mardi. Ouvert les jours fériés de 13h à 17h45 sauf le 25 décembre et le 1ᵉʳ janvier.



































