À l’occasion du centenaire de la mort de Claude Monet, le musée de l’Orangerie consacre une grande exposition à la manière dont le peintre impressionniste a interrogé le temps tout au long de son œuvre, de ses premières toiles en plein air jusqu’au cycle monumental des Nymphéas, du 30 septembre 2026 au 29 mars 2027. Intitulée Monet et le temps, celle-ci rassemble près de quarante peintures issues principalement des collections du musée d’Orsay et du musée Marmottan Monet, complétées par des prêts français et internationaux, pour proposer une lecture transversale et renouvelée de l’œuvre de Monet à travers la notion de temporalité.
Considéré dès les années 1870 comme l’un des représentants majeurs de l’impressionnisme, Monet développe très tôt une peinture fondée sur la captation de l’instant, portée par une touche rapide, des harmonies claires et un travail en plein air. Son œuvre accompagne les bouleversements du XIXᵉ siècle, marqué par l’accélération du temps, la multiplication des horloges dans l’espace public, la synchronisation des rythmes sociaux et l’essor des transports. Dans ce contexte, la peinture de Monet apparaît comme une tentative de saisir le présent, de traduire la fugacité de la lumière et les transformations rapides du paysage urbain et naturel.
Après la période des expositions impressionnistes, Claude Monet approfondit sa réflexion en explorant un même motif à différents moments de la journée et selon des conditions atmosphériques changeantes. C’est ainsi qu’il développe en Normandie ses célèbres séries, parmi lesquelles Les Meules, Les Peupliers, Les Matinées sur la Seine ou encore La Cathédrale de Rouen. À travers ces ensembles, peints entre la fin des années 1880 et la fin des années 1890, Monet pousse la logique de l’instantanéité jusqu’à une véritable fragmentation du temps, cherchant à en saisir l’essence par la répétition du motif.
La présentation des Cathédrales de Rouen chez Durand-Ruel en 1895 marque un tournant, perçu par Georges Clemenceau comme "une révolution sans coup de fusil". Cette approche sérielle, proche d’une observation quasi scientifique du réel, témoigne de la fascination de l’époque pour l’analyse minutieuse des phénomènes visibles. L’exposition met en lumière cette période charnière, où Monet dissèque le temps pour mieux le rendre perceptible, tout en annonçant les recherches ultérieures qui aboutiront aux Nymphéas.
Dans les années 1890, Monet entame ce qui deviendra le dernier grand cycle de sa vie : celui des Nymphéas. Plus de deux cent cinquante toiles sont consacrées à ce motif, jusqu’à la création des grandes décorations offertes à la France après l’armistice de 1918 et installées au musée de l’Orangerie. Ces panneaux monumentaux, inaugurés en 1927, un an après la mort du peintre, constituent l’aboutissement de sa réflexion sur le temps, en dépassant la logique de la série pour se fondre dans un continuum pictural.
L’exposition trouve naturellement sa place à l’Orangerie, qui conserve cet ensemble unique, parfois qualifié de "Sixtine de l’impressionnisme". Le parcours invite à réfléchir à la notion de durée, au sens bergsonien du terme, en proposant une immersion progressive dans l’œuvre du dernier Monet. Le spectateur n’est plus face à une succession de moments fragmentés, mais plongé dans une expérience enveloppante où le temps semble suspendu.
En complément du parcours, le musée propose une expérience en réalité virtuelle intitulée Monet – au fil de l’eau. D’une durée d’environ vingt minutes, cette création immersive s’appuie sur le projet L’Obsession des Nymphéas, déjà présenté à l’Orangerie en 2018 et en 2024. Équipé d’un casque autonome, le visiteur est invité à voyager d’Argenteuil à Giverny, de la Seine au bassin des nymphéas, pour explorer la manière dont Monet a tenté de saisir le passage du temps à travers les variations de lumière, les saisons et les paysages d’eau.
Cette expérience évoque également des aspects plus personnels de la vie du peintre, comme la création de son jardin à Giverny, son obsession pour les reflets et son combat contre la cécité, qui l’amène progressivement vers une peinture aux frontières de l’abstraction. Disponible en français et en anglais, elle constitue une porte d’entrée complémentaire pour appréhender l’œuvre de Monet sous un angle sensoriel.
Avec Monet et le temps, le musée de l’Orangerie propose une relecture approfondie de l’œuvre de Claude Monet, en mettant en lumière la manière dont le peintre a accompagné et interrogé les bouleversements de son époque à travers la représentation de l’instant, la série et la durée. En réunissant peintures emblématiques et grandes décorations des Nymphéas dans leur lieu d’origine, l’exposition offre un cadre particulièrement cohérent pour comprendre l’évolution de sa démarche artistique. Rendez-vous fin 2026 pour une plongée dans le temps... et l'art !
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Dates et Horaires
Du 30 septembre 2026 au 28 mars 2027
Lieu
Musée national de l'Orangerie
Jardin Tuileries
75001 Paris 1
Accès
Métro 1, 8 et 12, station Concorde
Tarifs
Tarif réduit : 10€
Plein tarif : 12,5€
Site officiel
www.musee-orangerie.fr
Plus d'informations
Ouvert du mercredi au lundi de 9h à 18h. Nocturne le vendredi jusqu'à 21h.























