Parti des rues de Gotham, Matt Hagen est devenu une star hollywoodienne avant qu’un baron du crime ne le défigure et ne brise sa carrière. Abandonné par son entourage, il place ses espoirs dans un traitement expérimental qui lui rend son apparence, mais altère sa perception de la réalité. Ce retour espéré à sa vie d’avant se transforme en une spirale de vengeance : c’est la trajectoire que suit James Watkins dans Clayface, entre horreur corporelle et drame.
Au cinéma depuis le 21 octobre 2026, le film doit beaucoup au charme de Tom Rhys Harries. Son sourire et sa présence rendent Matt immédiatement attachant. On comprend son désir de retrouver son visage pour reprendre son métier et sa vie. Pourtant, lorsque tout s’écroule, son impassibilité nous tient parfois à distance. La perte de son confort et le retour à un logement délabré semblent peu l’ébranler : on voit sa situation se dégrader sans toujours ressentir son désarroi.
Le passé du personnage aurait pu donner davantage de poids à cette chute. Son enfance pauvre et ses parents sont évoqués, mais restent trop peu développés pour mesurer le chemin parcouru. Sans avoir besoin de tout expliquer, le film aurait gagné à rendre plus sensible ce que cette réussite représentait pour Matt. Son désir de retrouver sa place est clair ; la profondeur de sa détresse l’est moins.
Le scénario laisse également apparaître un peu trop nettement certains de ses ressorts. On devine des directions avant que le récit ne les emprunte, ce qui affaiblit la tension. Le rapprochement entre Matt et la scientifique convainc moins sur le plan sentimental, notamment parce que le compagnon de celle-ci apparaît comme un homme intègre et plutôt sympathique. Le film peine à nous faire partager l’élan de cette relation. Plus largement, les motivations de Matt deviennent parfois difficiles à saisir : son ambiguïté ne suffit pas toujours à donner une cohérence à son comportement.
L’horreur corporelle est plus efficace. Les coups de scalpel sur le visage, la reconstruction du nez et plusieurs passages gores provoquent un dégoût très physique. Ce registre nous séduit peu, mais Clayface remplit bien son contrat et devrait trouver un public chez les amateurs de transformations sanglantes. Pour les spectateurs sensibles aux images chirurgicales, certaines séquences seront nettement moins plaisantes.
Le film réserve heureusement une autre utilisation des métamorphoses. Une scène de danse en boîte de nuit, particulièrement drôle, joue avec les changements d’apparence de Matt pour lui permettre de narguer ceux qui le poursuivent. Son numéro aux accents bollywoodiens apporte une respiration bienvenue et exploite ses pouvoirs avec une malice que l’on aurait aimé retrouver davantage.
Notre avis reste mitigé. Tom Rhys Harries donne envie de suivre Matt, et le film sait aussi bien provoquer le dégoût que ménager quelques moments comiques. Mais les ficelles du récit et une émotion trop souvent tenue à distance limitent notre adhésion. Clayface nous convainc davantage lorsqu’il s’amuse avec les possibilités de son monstre que lorsqu’il cherche à nous toucher à travers l’homme.
Aux côtés de Tom Rhys Harries, le casting réunit Naomi Ackie, Max Minghella, Eddie Marsan, David Dencik, Nancy Carroll et Joshua James. James Watkins, réalisateur d’Eden Lake et de Speak No Evil, met en scène un scénario de Mike Flanagan et Hossein Amini, d’après une histoire de Flanagan. Matt Reeves, Lynn Harris, James Gunn et Peter Safran comptent parmi les producteurs.
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